• Ce premier volume des OEuvres complètes rassemble plus de cent-quinze textes publiés par Étienne Gilson entre 1908 et 1943, afin de présenter l'ensemble des prises de parole du philosophe sur son actualité.
    Il comprend le volume Pour un ordre catholique (1934), les articles politiques que Gilson rédige dans la presse nationale et confessionnelle, les entretiens, les conférences pédagogiques, les interventions publiques sur les intellectuels, les professeurs d'Université ou les hommes de lettres contemporains. On trouvera également le cours où Gilson examine avec acuité le phénomène totalitaire (automne 1933), ouvrant la voie au volume sur Les métamorphoses de la Cité de Dieu de 1952. Ce n'est qu'en filigrane que l'on percevra dans ce volume l'érudition du professeur de philosophie médiévale. Ces opera minora ne sont pas secondaires cependant : nombreuses, précises et riches, comme des miniatures, elles dessinent un portrait neuf et révèlent un itinéraire intellectuel singulier et méconnu.

  • « J'ai souvent été prié, parfois sommé, quelque fois même mis au défi de donner des preuves de l'existence de Dieu. Je n'ai jamais pu me passionner pour la question. Je me sens si certain qu'une réalité transcendante au monde et à moi-même répond au mot Dieu, que la perspective de chercher des preuves de ce dont je suis si sûr me semble dénuée d'intérêt. Non seulement ces preuves ne m'apprendraient rien que je ne sache, mais j'aurais le sentiment de raisonner au profit d'une de ces certitudes acquises d'avance qui causent leurs démonstrations plutôt qu'elles n'en résultent. Ceux qui prennent plaisir à gagner au jeu en trichant sont compréhensibles, car ils gagnent quelque chose, mais puisqu'une démonstration faussée ne prouve rien, son auteur n'a rien à gagner. En revanche, justement parce que l'existence de Dieu me paraît spontanément certaine, je suis curieux des raisons que d'autres peuvent avoir de dire que Dieu n'existe pas. Pour moi, c'est la non-existence de Dieu qui fait question. Je désire donc connaître et mettre à l'épreuve quelques-unes des raisons invoquées en faveur de l'athéisme. » (Gilson)

  • C'est avec la publication de l'être et de l'essence (1948) que gilson fit véritablement irruption dans le débat philosophique contemporain, contraignant beaucoup de ceux qui n'avaient jamais entendu parler de l'être autrement qu'à travers l'etre et le néant ou le premier chapitre de la wissenschaft der logik, à admettre que ce petit mot " être ", qu'une certaine tradition idéaliste avait vainement tenté de bannir du vocabulaire philosophique, abritait, sinon peut-être " le destin de l'occident ", du moins le lieu d'une de ses plus anciennes et plus constantes querelles.
    Beaucoup se convainquirent alors, en lisant gilson, que saint thomas occupait dans ce débat, une place à tout le moins originale et importante, qu'il n'était plus permis d'ignorer, même et surtout si l'on voulait prendre parti dans la polémique que menait alors l'existentialisme contre l'essentialisme supposé de toute la tradition. bref, indépendamment de ses vertus propres, ce livre, cette fois immédiatement reconnu comme un livre de philosophie alors qu'il était aussi un livre d'historien, eut à la fois le mérite et la chance de venir à son heure, de répondre à l'attente diffuse d'un public philosophique qui venait de " découvrir ", à travers sartre et surtout heidegger, l'importance et, pourrait-on dire, l'actualité persistante de la question : qu'est ce que l'être ?.

  • Voici un livre de réflexions bardé de souvenirs, un livre de souvenirs entrelardé de réflexions.
    Tout se tient étroitement dans cette " autobiographie de la pensée gilsonnienne " et cela fait un ensemble étonnant. d'innombrables figures passent au fond de ces pages, celles que l'auteur a rencontrées sur sa route, celles qu'il a aimées, celles auxquelles il s'est heurté : bergson, durkheim, laberthonnière, sertillanges, maurras, maritain, et combien d'autres. portraits étincelants de verve. l' " université des maîtres " est ici campée dans les premières années du xxe siècle, avec la diversité de son enseignement, et une situation particulière pour la philosophie oú le programme consistait " à apprendre à philosopher sans métaphysique ".

  • Dans ce livre de 1960 qui n'avait jamais été traduit en français, Étienne Gilson présente, en suivant fidèlement le magistère de saint Thomas d'Aquin, les fondements de la philosophie chrétienne. L'auteur a modestement intitulé ce livre Éléments. Mais en réalité, il s'agit là d'une véritable somme de philosophie chrétienne, qui couvre pratiquement tout le champ des questions que l'esprit humain est amené à se poser dans sa recherche du sens des choses : Dieu, l'être, l'homme lui-même. Cette somme a été écrite par un Gilson arrivé à la plénitude de sa pensée. L'auteur y allie la sûreté de son information historique à l'acuité de son jugement intellectuel, ce qui lui permet de discerner les ressorts profonds de la pensée humaine, et les points cruciaux où se joue le destin de celle-ci. Le principe directeur qui commande toutes ses analyses, c'est le primat de l'acte d'être (l'esse), c'est-à-dire de l'acte qui fait exister les choses. Tout l'ouvrage est baigné par l'optimisme philosophique et théologique propre à saint Thomas.

  • " rien n'est plus légitime, du point de vue de l'histoire générale de la philosophie, que de se demander ce que sont devenus les problèmes philosophiques posés par les grecs au cours des quatorze premiers siècles de l'ère chrétienne.

    Pourtant, si l'on veut étudier et comprendre la philosophie de cette époque, il faut la chercher oú elle se trouve, c'est-à-dire dans les écrits d'hommes qui se donnaient ouvertement pour théologiens, ou qui aspiraient à le devenir.
    L'histoire de la philosophie du moyen age est une abstraction prélevée sur cette réalité plus vaste et plus compréhensive que fut la théologie catholique au moyen age.
    " un ouvrage magistral, indispensable à la compréhension de la pensée du moyen age et des tout débuts des temps modernes.


  • ce livre de 1960 n'avait pas été réimprimé.
    on découvre un essai étincelant du gilson de la maturité, une dissertation automnale sur les idées chères du grand médiéviste. celles-ci se présentent sur trois niveaux : la philosophie chrétienne en général, la métaphysique de thomas d'aquin et la façon dont gilson interprète celle-ci. gilson qui n'hésite plus à se dire thomiste expose les raisons philosophiques qu'il a de trouver en saint thomas un maître.
    dérangeant autant que lumineux, son texte pose une nouvelle fois les questions de l'être et de l'essence, des fins et des causes, du rapport du dieu de la philosophie au dieu de la révélation, de ce dieu qui s'est nommé lui-même "celui qui est", et de la façon novatrice que thomas a eue d'assumer un dossier traditionnel. c'est assez dire à quel point cette introduction est une porte d'entrée à thomas d'aquin, à gilson présentant thomas et à gilson lui-même.


  • Dans ce livre qui n'avait jamais été traduit en français, Etienne Gilson utilise l'histoire de la philosophie comme un outil pour tenter de dégager certaines lois générales de l'esprit humain : L'histoire de la philosophie est au philosophe ce que le laboratoire est au scientifique ; elle montre en particulier comment les philosophes ne pensent pas comme ils le veulent, mais comme ils le peuvent, car les relations mutuelles des idées philosophiques sont tout aussi indépendantes de nous que le sont les lois du monde physique.

    [...] Un homme est toujours libre de choisir ses principes ; mais une fois qu'il les a choisis, il lui faut faire face à leurs conséquences jusqu'au bout. ? (p. 117) L'auteur examine une série de tentatives philosophiques, depuis le Moyen-Age jusqu'au XXe siècle, et il constate dans l'histoire de la pensée la récurrence de certains enchainements de phénomènes. A chaque fois qu'un penseur veut philosopher à l'aide d'une science autre que la métaphysique, par exemple la logique pour Abélard, la théologie pour Al Ashari et Malebranche, les mathématiques pour Descartes, la physique pour Kant, la sociologie. Pour Comte, son système aboutit à des impasses, qui elles-mêmes fraient la voie au scepticisme. ? Nous ne pouvons vivre sans assigner un certain sens à notre existence, ni agir sans assigner un certain but à notre activité. Lorsque la philosophie ne fournit plus aux hommes de réponses satisfaisantes à ces questions, les seuls moyens pour ceux-ci d'échapper au scepticisme et au désespoir sont le moralisme, ou le mysticisme, ou une certaine combinaison des deux. ? (p. 98) L'auteur dégage de ces tentatives une expérience philosophique : seule la métaphysique, science de l'être et de ses propriétés, est à même de mener l'homme à une réelle connaissance philosophique, qui lui permet de tirer de la réalité une authentique connaissance du monde, de lui-même et de Dieu. ? Car notre commun juge, le voici : c'est la raison, qui est elle-même soumise au jugement de la réalité ; et tous, nous sommes égaux et libres au plus haut point lorsque nous nous plaçons également sous son gouvernement. ? (p. 44) Renoncer à la métaphysique, à cet usage de la raison qui consent à s'ouvrir au mystère de l'être, c'est en fin de compte mutiler la raison elle-même, et de ce fait la science ? La condamnation initiale de la métaphysique au nom de la science, que de telles philosophies postulent être le seul type de connaissance rationnelle, atteint invariablement son point culminant dans la capitulation de la science elle-même devant un certain élément irrationnel. C'est là une loi nécessaire, que l'on peut déduire de l'expérience philosophique. ? (p. 259)

  • Pour ses contemporains, Bernard était « l'homme qui conduisait vers Dieu ». Du pape aux étudiants parisiens, tout le monde recourait à lui avec la certitude d'être compris, avec l'assurance d'être aidé.

    Pour nous, chrétiens du XXIe siècle, qui souvent croyons Dieu lointain parce que nous sommes surtout loin de nous-mêmes, saint Bernard demeure un guide fraternel et clairvoyant, un guide qui nous apprend à vivre avec ce qu'il y a de meilleur en nous. Tout en sachant très bien la place que tient le péché dans la vie de l'homme, ce livre témoigne de l'optimisme le plus chrétien. Cinq siècles avant Pascal, saint Bernard a écrit : « Personne ne peut vous chercher, qu'il ne vous ait déjà trouvé. »

  • Paru initialement en 1934, cet ouvrage questionne la situation des catholiques en politique. E. Gilson évoque la laïcité, le relativisme doctrinal, la situation inconfortable des chrétiens dans leur propre culture, la mission d'évangélisation, la place des humanités, le problème scolaire, etc.

  • Le présent livre repose sur la conviction profonde et invétérée chez son auteur, que l'art n'est pas une façon de connaissance, mais qu'il relève au contraire d'un ordre distinct de celui du connaître, qui est l'ordre du faire ou, s'il est permis de s'exprimer ainsi, de la factivité. Il s'agit donc ici uniquement de philosophie, en commençant par le commencement, qui consiste à chercher, au moins brièvement, quel genre de question de philosophie doit se poser au sujet de l'art. A partir de là, réfléchissant en métaphysicien à la lumière des premiers principes, on s'est efforcé d'éclaircir successivement les notions principales à mesure qu'elles s'offraient à l'esprit.

  • Quelle est donc la leçon des faits? Qu'Abélard fut le premier homme moderne? Qu'Héloïse fut la première femme moderne?
    Nous nous contenterions de bien moins : qu'au moment d'enfermer le Moyen Age ou la Renaissance dans une de ces définitions brillantes qui leur sont chères, les historiens de la littérature se souviennent de cette folle petite Française, hantée par l'idéal de la grandeur romaine comme par celle de la grandeur chrétienne, qui ne sut jamais au juste si elle était l'Eustochium d'un nouveau Saint Jérôme ou la Cornélie d'un nouveau Pompée, et qui, prenant le voile à Argenteuil pour l'amour d'un homme, se consacra pour toujours à Dieu en récitant des vers de la Pharsale. Car enfin, ce drame passionnel est bien une histoire du XIIe siècle. On peut le lire comme une histoire chrétienne et c'en est véritablement une.

  • Cet ouvrage d'Étienne Gilson offre au lecteur la réunion des leçons données à l'Université de Louvain en 1952, lesquelles prennent toute leur ampleur par cette série qu'elles forment, s'attachant à accorder une dimension toute historique et philosophique à la notion de Chrétienté.
    L'auteur ne se propose pas d'élucider les rapports entre temporel et spirituel, mais d'éclairer la notion de peuple chrétien. Pour cette raison il ne s'agit pas d'enréférer aux Pères de l'Église, mais de préférer une interrogation «laïque» qui nous permette de discriminer entre illusion et réalité de l'idée de Chrétienté.
    En d'autres termes, Étienne Gilson s'efforce de criconscrire chacune des fausses notions de Chrétienté, chacune des parodies de la cité de Dieu, de sorte à esquisser ce que peut être une véritable et commune appartenance à la Respublica fidelium.

  • « On ne comprend pas vraiment le thomisme tant qu'on n'y sent pas la présence de saint Thomas lui-même, ou plutôt de frère Thomas avant qu'il ne fût devenu un saint fêté au calendrier, bref de l'homme avec son tempérament, son caractère, ses sentiments, ses goûts et jusqu'à ses passions. Car il en eût au moins une. Au niveau de la nature humaine pure et simple, Thomas eut la passion de l'intelligence ».
    Comprendre ensemble le philosophe et le croyant en Thomas, c'est en ces termes qu'Étienne Gilson invite le lecteur à entrer dans la pensée complexe, mais incontournable, du Docteur angélique. Tel est aussi l'esprit qui anime cette étude systématique, visant au coeur même du thomisme et guidée par le souci constant de manifester l'unité de la doctrine à travers le déploiement de cette « passion de l'intelligence » - cette puissance contemplative, qui embrasse dans un même élan rationnel les grandes questions théologiques, ontologiques et anthropologiques : l'existence de Dieu, l'être et l'essence, la nature et la causalité physique, la connaissance, la vie humaine.
    Dans l'oeuvre immense d'Étienne Gilson, cet ouvrage occupe une place centrale : non seulement parce que Le Thomisme aura accompagné son auteur durant toute sa carrière, à travers les remaniements et amplifications de six éditions successives; mais encore, parce que cette magistrale introduction à la philosophie de saint Thomas aura contribué de manière décisive à définir une méthode historiographique : celle d'une histoire doctrinale unitaire et cohérente, par delà tous les clivages philosophiques et théologiques.

  • Peinture et réalité

    Etienne Gilson

    • Vrin
    • 7 October 2002

    Ce livre ne veut pas être une introduction philosophique à la peinture mais, au contraire, une introduction picturale à la philosophie. On ne s'y est pas proposé d'enseigner aux peintres l'art de peindre; ils sont seuls à le connaître. Simplement on a tenté de philosopher à partir d'un certain ordre de faits, qui sont les tableaux, pour en inférer des conclusions d'ordre philosophique et ainsi nommer sans inexactitude « ontologie de la peinture » l'ordre de recherches où nous nous proposons d'entrer.

    Étienne Gilson (1884-1978) enseigne d'abord l'histoire de la philosophie à Lille et à Strasbourg avant d'arriver à la Sorbonne en 1921 pour y enseigner l'histoire de la philosophie médiévale. En 1923, il devient professeur au Collège de France occupant la chaire d'Histoire de la philosophie jusqu'à sa retraite en 1951.

  • Si l'histoire de la pensée médiévale inclut celle de ses influences, comme l'histoire de la pensée moderne celle de ses sources, il est alors doublement légitime de se demander ce que peut nous apprendre sur la pensée cartésienne sa confrontation historique avec la pensée médiévale, au contact de laquelle elle s'est formée, et à l'encontre de laquelle elle s'est développée.
    Prenant la suite de travaux antérieurs, cet ouvrage d'Étienne Gilson envisage tout d'abord la confrontation dans une perspective génétique (en cherchant dans certaines doctrines médiévales les sources de thèses cartésiennes comme l'innéisme, l'étude des météores ou de la circulation sanguine), avant de considérer plus précisément le rapport de la métaphysique cartésienne et de la métaphysique médiévale à travers l'examen de certains points de doctrine particulièrement délicats. C'est ici notamment que sont rencontrés et éclaircis les problèmes de la critique cartésienne des formes substantielles, du « dialogue » de Descartes avec saint Augustin à l'occasion du cogito, avec saint Thomas dans la preuve de l'existence de Dieu par la causalité de l'idée, et avec saint Anselme dans la preuve dite « ontologique ». Le caractère novateur de la pensée cartésienne se trouve ainsi établi avec une acuité inédite.

  • La publication des lettres qu'Etienne Gilson a envoyées au philosophe piémontais Augusto Del Noce entre 1964 et 1969 est un document de première importance par la personnalité des auteurs, protagonistes de la pensée du XXe siècle, et par les problématiques abordées. L'interprétation de la philosophie moderne, de sa ligne franco-italienne, est au centre d'une rencontre marquée par des convergences mais aussi par des différences de points de vue. Les lettres font ressortir une vive participation à la vie du catholicisme post-conciliaire, avec des jugements critiques, parfois explosifs. Leur correspondance éclaire, de cette manière, leurs états d'âme et leurs directions de recherche. Grâce à elle, l'estime entre le vieux maître et son collègue italien plus jeune s'approfondit, donnant lieu à des développements significatifs dans la pensée des deux hommes, qui se réaliseront bien au-delà de leur dialogue épistolaire.

  • Dans ce livre, qui n avait jamais été traduit en français, Étienne Gilson, pour étudier le problème métaphysique de Dieu, brosse un panorama des rapports entre la philosophie et l idée que les hommes se sont faite de Dieu. Partant de la philosophie grecque, il aborde successivement la philosophie chrétienne, la philosophie moderne et la pensée scientifique contemporaine. Sa grande culture et sa profonde vision métaphysique lui permettent de synthétiser en quelques pages la pensée philosophique d auteurs aussi divers que Platon, Plotin, saint Augustin, saint Thomas, Descartes ou Spinoza. L auteur montre de façon lumineuse que dans l histoire des idées, la foi chrétienne, bien loin de s opposer à la raison, a aidé celle-ci à surpasser ses propres limites et à atteindre le mystère de l acte d exister : « Les philosophes chrétiens ont dit, en se fondant sur les Grecs, des choses qui n avaient jamais été dites par les Grecs eux-mêmes. » Il conclut que « la véritable métaphysique ne culmine pas dans un concept, que ce soit celui de Pensée, de Bien, d Un ou de Substance. (...) L ultime effort de la vraie métaphysique, c est de poser un Acte par un acte, c est-à-dire de poser par un acte de jugement le suprême Acte d exister, dont l essence même, parce qu elle est d être, surpasse la compréhension humaine. » « Celui qui est le Dieu des philosophes est CELUI QUI EST, le Dieu d Abraham, d Isaac et de Jacob. »

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