• Des bourgades juives de la Pologne d'avant-guerre au Londres des années 1940 terrifié par le Blitz, Esther Kreitman a vécu plusieurs vies. Dans ces nouvelles, elle dépeint avec une tendre ironie le quotidien de juifs polonais : un monde aujourd'hui disparu, où l'on croise la coquette Madame Tsesho, dont le sac est chargé des fortunes léguées par feu ses trois maris, ou encore l'intrépide Bella, dont le destin est suspendu à de mystérieuses horloges... Des personnages confrontés à l'exil et à la guerre, qui sont tout à la fois chaleureux, drôles et émouvants.

    1 autre édition :

  • Dans ce roman autobiographique écrit à Londres et publié en yiddish à Varsovie en 1936, Esther Kreitman pose sur la micro société du « Shtetl » un regard à la fois candide et dénué d'illusions.
    À la veille de la Première Guerre mondiale, en Pologne, la jeune Dvoïrele observe sans complaisance cette société où l'Étude est réservée aux hommes, et au sein de laquelle règnent le mépris traditionnel des milieux hassidiques pour les femmes, le système du mariage arrangé et de la dot. De n'être pas traités comme les figures, rendues silencieuses, d'un mythe, les personnages d'Esther Kreitman conservent ce que l'écriture a le plus de mal à garder : leurs voix.

    « Que dites-vous des nouvelles ? On dit qu'on va déclarer la guerre. [...]. Vous savez, on dit que si la guerre éclate toutes les communications vont être coupées, on ne pourra plus rentrer. De toute façon, j'ai renvoyé mes parents dans leur bourg. Qui sait ce qui va se passer à Varsovie ? » E.K.

  • Le diamantaire

    Esther Kreitman

    Il s'agit de la première traduction en français du Diamantaire d'Esther Kreitman, ouvrage publié en 1944 par W & G Foyle à Londres en yiddish. Le récit se déroule entre Anvers et Londres, au moment de la Première Guerre mondiale. Le Diamantaire raconte l'histoire d'un riche marchand de diamants, Guedalia Berman, et de sa famille, dont le monde est en train de s'effondrer. Le roman s'ouvre sur leur vie à Anvers dans les années qui ont précédé la guerre. Mais très vite, le déclenchement du conflit les pousse à embarquer dans un vol à destination de Londres, auprès d'autres réfugiés juifs, pour démarrer une nouvelle vie. Enfin, Esther Kreitman décrit brillamment le retour à Anvers de Guedalia et ses deux fils, une fois le conflit terminé. L'atmosphère du Diamantaire est poignante. Le roman capture avec brio le contexte de l'imminence de la guerre dans les deux villes, il offre un aperçu fascinant du milieu du commerce de diamants, et décrit avec une intensité passionnée les pressions qui pèsent sur une famille juive traditionnelle, déracinée, dans le monde moderne industrialisé. Pour ce roman, Esther Kreitman s'est largement inspirée de sa propre expérience malheureuse : mariée à un travailleur du diamant imposé par sa famille, installée à Anvers, puis de leur fuite à Londres au début de la Grande Guerre. Elle pose un regard bienveillant et souvent satirique sur les différentes personnalités juives engagées dans le milieu qu'elle côtoie, l'agitation du carnaval d'Anvers, et sur les particularités de la vie londonienne : le snobisme et l'esprit de compétition - même parmi les réfugiés dans les hôtels misérables où ils sont temporairement logés -, le tumulte des orateurs à Hyde Park Corner, le restaurant juif de Whitechapel, la vie juive animée de l'East End, et les banlieues chics du nord de Londres.

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