• Il n'est pas question ici d'épidémiologie, ni de virologie, ni de quelque « logie » que ce soit car c'est de philosophie qu'il s'agit. Du reste, Donatella Di Cesare enseigne cette discipline dans la plus ancienne institution universitaire d'Europe, La Sapienza à Rome.
    Que penser d'une démocratie immunitaire où les experts ont acquis des places de gouvernants et où l'état d'exception est permanent ?
    Que dire de la « distanciation sociale » sinon qu'elle est l'élargissement du fossé entre les riches et ceux qui n'ont rien ?
    Comment qualifier un virus capable d'annuler l'idée même de frontière ? Comment qualifier les relations où chacun vit caché derrière son masque et où personne n'ose se toucher ?

  • Écrit dans le sillage de la publication récente des Cahiers noirs, ce livre dit l'urgence et la nécessité de relire aujourd'hui la philosophie de Heidegger.
    Dans sa préface à l'édition française, Donatella Di Cesare écrit : « J'espère que ce livre ne sera jugé qu'après avoir été véritablement lu jusqu'à la fin. Nous sommes dans une période où la complexité est mal supportée [...].
    Ce livre prend en considération ce que Heidegger écrit sur les Juifs et sur le judaïsme dans les Cahiers noirs publiés jusqu'à présent, qui couvrent la période de 1931 à 1948. L'antisémitisme est la grande nouveauté de cette ouvre [.]. Il ne peut en aucune façon être minimisé, pas plus qu'il ne peut être nié [...].Il n'a rien d'un sentiment, d'une haine qui va et vient, et qui peut être circonscrite à une seule période. Il a une provenance théologique et une intention politique. Dans le cas de Heidegger, il revêt également une dimension philosophique. L'adjectif "métaphysique" n'atténue pas l'antisémitisme. Il en indique au contraire la profondeur. Il s'agit d'un antisémitisme plus abstrait et en même temps, pour cette raison, plus dangereux qu'une simple aversion. Mais "métaphysique" renvoie aussi à la tradition de la métaphysique occidentale. Dans son antisémitisme métaphysique, Heidegger n'est pas isolé : il s'inscrit dans le sillage des philosophes, de Kant à Hegel et à Nietzsche. J'ai brièvement reconstruit une sorte d'histoire de l'antisémitisme dans la philosophie allemande qui aide à contextualiser et à comprendre quelques stéréotypes et concepts que Heidegger reprend. »

  • Les bâtisseurs de la tour Babel espéraient s'assurer une gloire éternelle, emporter l'éternité en se faisant un nom. Ils se sont toutefois montrés aussi peu maîtres du temps que du langage. Comment ce défi lancé par leur nom au Nom de Dieu se conclura-t-il ? La diaspora des langues pourra-t-elle trouver dans les temps messianiques la voie de la rédemption ?
    En suivant le fil de l'herméneutique juive, ce livre reconstruit, avec le rythme fascinant du récit, les prophéties sur l'instant messianique qui signera la fin des temps. Dans l'unisson où il sera invoqué, le Nom de Dieu fera irruption dans l'histoire pour la subvertir, en inversant le temps en éternité. Dans le double futur de Dieu - « Je serai celui que je serai » (Exode 3, 14) - affleure le lien entre langage et rédemption. Vocatif absolu, Parole de la rencontre, Nom de l'espérance messianique, le Tétragramme est la possibilité de dépasser le temps dans le temps, de faire de la mémoire le commencement de la rédemption. Le Nom apposera le sceau de la fin.

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  • Donatella di cesare immunodemocracy : capitalist asphyxia /anglais Nouv.

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