• Ce recueil, qui mêle poèmes en vers et poèmes en prose, introduit le lecteur dans un monde singulier à la fois ancien et nouveau, légendaire et intime. Un monde situé à l'Est, entre Poméranie et Russie, avec des princesses, des vierges et des saintes, mais aussi des brutes et des héros sans nom.
    Dominique Pagnier, qui a l'art de transformer l'anecdote en légende, fait vibrer l'âme de faits et gestes évanouis. Un détail lui suffit pour extraire d'une scène banale (une noce à la campagne, un jour de classe) tout son mystère. C'est un beau recueil étrange et distingué, porté par une langue de haute tenue.

  • Plongée en eaux profondes dans l'Europe de la guerre froide, errance dans les rues désertes de Vienne, Berlin, Potsdam, Le Cénotaphe de Newton est d'abord un extraordinaire voyage à la recherche d'un monde perdu, celui qui a disparu avec la chute du Mur.

    Mais le livre de Dominique Pagnier est aussi, en même temps, le roman d'une quête du père énigmatique, d'un apprentissage amoureux où l'aventure individuelle croise en permanence la grande scène historique des passions totalitaires. L'homme sans qualités de Musil a un successeur.

    Pour la première fois, à l'égal d'un Sebald, d'un Bolaño, un écrivain français investit l'immense champ de l'histoire européenne du XXe siècle, de ses utopies, de son désastre. Du XVIIIe siècle des Lumières au règne sinistre de la Stasi, Le Cénotaphe de Newton offre une métaphore vertigineuse du XXe siècle.

  • On ne trouverait guère plus opposées qu'Autriche et Russie qui offrent leurs décors aux récits composant ce livre. La première est exiguë, son paysage s'inscrit dans la verticalité; elle est le lieu d'une rêverie nostalgique dans un hôtel d'opérette sur les bords d'un lac alpin, et sa capitale est le théâtre baroque d'une singulière expérience. La Russie offre au contraire d'éprouver l'horizontalité, que ce soit à travers les avenues de Moscou ou la vastitude céleste au-dessus d'une datcha perdue au nord de la Volga. Ainsi la vieille république d'Europe centrale confite dans le passé et la Russie ouverte aux révélations, deviennent les deux extrémités d'un itinéraire initiatique dont, avec ce mélange de gravité et d'humour qui lui est propre, Dominique Pagnier livre ici le récit.Dominique PAGNIER est professeur de Lettres. Il a fait de nombreux séjours en Autriche et en Allemagne où il a été libraire et bibliothécaire. Il a publié des romans (Les soeurs clair de lune, Gallimard; La Diane prussienne, Champ Vallon; La Montre de l'amiral, Alma); des récits (Les filles de l'air, Le Dilettante; La Vraie, Gallimard); des poèmes (Le Général hiver, Champ Vallon) ou des rêveries sur un musicien (Mon album Schubert, Gallimard (coll. L'un et l'autre), Prix Pelléas 2007).

  • Le quadrille français Nouv.

    An 1976 à Vienne. Dans une Autriche en pleine métamorphose, à un moment clé de son histoire, un jeune Français désireux de trouver sa place dans le monde est accueilli dans une famille de scientifiques et d'inventeurs, les Rollett. Lui qui pense n'être personne est fasciné par l'homo austriacus ; son seul désir sera désormais de devenir un « homme autrichien ». Entre des études théâtrales, la découverte des sentiments amoureux, l'écriture et la rencontre de figures étonnantes - écrivains, musiciens, scientifiques et psychanalystes -, le narrateur pénètre à l'intérieur d'un monde où les destins se croisent, où valsent des personnages dignes de Thomas Mann ou de Robert Musil.
    Entre la valse et le quadrille, qui prennent l'allure d'une nouvelle mythologie, l'auteur offre à voir le théâtre d'une initiation. Ce roman total aux pages ensorcelantes confirme que seul Dominique Pagnier, avec une subtilité schubertienne, est l'écrivain français capable de mener cette introspection européenne.

  • Dominique Pagnier est touché d'un mal étrange : l'austropathie galopante. Ce mal revient à aimer l'Autriche et à n'avoir de cesse d'y déambuler ; l'oeil est un aimant qui capte tout (couleurs, femmes et bruits) de la fourmillante limaille de détails épars dans l'air ; derrière le paravent du regard, Pagnier entrepose toute une brocante intime : des décors de théâtre jésuite, des plaquettes en piles de poésie tranchante et névrosée, des chutes d'eau, des nymphes en socquettes de dentelles, des épaisseurs de crème, des bruits de tramway, des rendez-vous manqués et des réveils nocturnes.

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