• "Montarem tan que poirem" Comment se dégager de ceux qui nous ont donné le jour, nous ont imprégné non seulement de leurs valeurs, mais de leur identité profonde ? "Monter" disait le père.
    "Rester à sa place", lui opposait la mère. Dès lors, où la trouver, cette place, une fois l'Ardèche quittée, et la HLM de l'adolescence ? Et comment faire la paix, en elle, avec ceux dont elle est issue, et dès lors avec elle-même ? Après Le Bois du Seigneur, l'auteur poursuit ici, à l'occasion d'un été avec ses parents, sa généalogie intime, et s'efforce de répondre, avec honnêteté, tendresse, au sixième commandement : Ton père et ta mère honoreras.

  • Après que, dans les années vingt, le glas de la révolution européenne a sonné, l'histoire mondiale s'est déroulée, d'un point de vue marxiste classique, selon les voies les plus paradoxales qui soient. L'histoire des cinquante dernières années est jonchée du cadavre de plus d'une révolution dont le triomphe paraissait assuré, mais par contre, on a vu le prolétariat vaincre où personne ne l'attendait. À l'heure actuelle donc, dans ce cours si surprenant des événements politiques, après tant d'années d'espoirs brisés et de trahisons dans le mouvement ouvrier, la confusion idéologique la plus extrême règne parmi les révolutionnaires de la nouvelle génération. C'est à la faveur de cette obscurité que les Figuières, Mavrakis et autres ont pu, dans une période récente, soumettre sans grands risques Trotsky et le trotskisme à la critique cavalière que leur dicte leur optique stalinienne, maoïste ou philistine. Aussi ce texte, volontairement conçu comme un pamphlet, s'attache-t-il dans une optique délibérément partisane - c'est-à-dire militante - non à défendre, excuser ou amnistier Trotsky et les trotskistes, mais à confronter le projet politique du trotskisme à ceux de ses détracteurs. Cette polémique n'est donc en rien une apologie, mais constitue l'illustration d'un combat et le témoignage de la vivacité politique d'un courant que les antitrotskistes de tous horizons expédiaient un peu rapidement au musée de l'histoire.

  • « Résister », aurait gravé Marie Durand dans la pierre de sa prison, en Aygues Mortes. Résister - les paysannes huguenotes ici ressuscitées ne firent pas autre chose, chacune à leur manière. Résister à la quotidienne misère dans les vallons perdus du Haut Vivarais où elles virent le jour, au pullulement des enfants, à la maladie, à la mort. Résister à l'Histoire incompréhensiblement meurtrière, à l'intrusion brutale ou insidieuse de la modernité, à la fracture, à la disparition de leur monde immobile. Résister enfin à l'exil, à la Ville, à l'hôpital... Elles le firent comme avant elles leurs ancêtres du Désert, dignement, fières qu'elles étaient de leur liberté de conscience, de la rigidité de leurs principes, de leur foi en la mansuétude du Tout-Puissant. D'elles l'auteur a cherché la trace, sur des terres à l'abandon où s'effacent même les ruines - trace dans la mémoire des parents, et en elle-même, pour que ne se perde pas tout à fait un univers déjà enseveli. Et par-delà les bribes entrelacées de la vie d'Émilie, de Mélanie ou de leurs filles nous découvrons de façon presque inattendue leur legs le plus intime : sinon sans doute leur stature, sinon leur Dieu, du moins une façon de regarder le monde, d'y faire face.

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