• Une étude de la perception des Tziganes par les habitants du royaume de France à la fin du Moyen Âge. Dotés d'une apparence exotique et pratiquant des métiers jusqu'alors inconnus, les Gitans exercent une puissante fascination sur les autochtones, qui leur prêtent des pouvoirs surnaturels. De cette façon, ces nomades représentent par excellence la figure de l'altérité au XVe siècle.

  • Qui n'a pas entendu parler des célèbres «médailles» de plomb que Louis XI portait sur son chapeau ? Ces petits objets qui ont façonné l'image d'un roi pingre et superstitieux sont en fait des enseignes. Louis XI était loin d'être le seul à épingler des enseignes sur l'habit. Du XIIe au XVIe siècle, l'homme médiéval - de l'humble artisan au plus illustre prince - se couvrait de telles chosettes.
    L'enseigne n'est ni un accessoire servant à fermer des parties distinctes d'un habit, ni une broche décorative ordinaire. Portée avec fierté, elle est signe d'identité et désigne le pèlerin, le membre d'une maison princière, le partisan d'une faction politique. Elle est aussi un objet de mémoire puisqu'elle est un témoin d'un pèlerinage, d'une fête saisonnière ou d'une participation à un événement patriotique. Outre son rôle de souvenir, l'enseigne - qu'elle soit religieuse ou profane - est surtout réceptacle et diffuseur de merveilleux. Parce qu'elle portait l'image des reliques ou qu'elle avait touché les reliquaires, l'enseigne de pèlerinage assumait les fonctions originellement dévolues aux restes saints : elle pouvait guérir, ramener à la vie, protéger aussi bien le pèlerin que son entourage. Les enseignes montrant des diables, des sorcières, des créatures hybrides, des légions de phallus et de vulves anthropomorphes pouvaient également être sources de bienfaits. On reconnaissait à ces étonnantes figures le pouvoir de repousser toutes sortes de maléfices.

    Ce livre est la première étude générale sur les enseignes de plomb au Moyen Âge. Outre les origines, la fabrication, le commerce et la diffusion des enseignes, l'auteur s'attarde à retrouver les fonctions de ces objets longtemps méprisés mais pourtant présents dans tous les groupes de la société médiévale.

  • Denis Bruna présente ici une enquête inédite sur le " piercing " au coeur d'images peintes et de textes du XIVe, XVe et XVIe siècles.
    Sur les visages et sur les corps, des anneaux, des pendeloques et des chaînes fixés à travers la chair évoquent une étonnante ancienneté occidentale du piercing contemporain... Longtemps passés sous silence, ces ornements sont réservés à des individus singuliers de l'iconographie chrétienne. Des personnes, qui par leurs actes, leur croyance ou leur origine, étaient désignées comme les ennemis de la foi chrétienne : bourreaux, juges, Noirs, juifs, Sarrasins...
    Semblant apparaître quelques siècles plus tôt, le malaise contemporain à l'égard du piercing suit les flots lents des mentalités. Si aujourd'hui l'idée de l'exclusion persiste, le code social est inversé. Imposé autrefois comme une marque d'infamie, le piercing s'impose aujourd'hui comme un acte volontaire et revendicatif. La marque est devenue une démarque.

  • Saints et diables au chapeau

    Denis Bruna

    • Seuil
    • 4 October 2007

    Les femmes et les hommes du Moyen Age avaient coutume de fixer sur leurs vêtements d'étonnants bijoux pour la plupart façonnés dans le plomb. Si ces broches jouaient un rôle décoratif non négligeable, elles étaient plus encore arborées pour le pouvoir apotropaïque (de protection) des figures qu'elles portaient. En effet, saints, sirènes, sorcières, diables et autres curieux motifs sexuels cousus au chapeau étaient destinés à éloigner le mal. Saisis dans la totalité de leur cycle de vie, depuis leur fabrication jusqu'à leur abandon dans l'eau vive des rivières, ces bijoux, aussi modestes que négligés, sont abordés comme de véritables objets de civilisation, des documents d'histoire. Leur approche révèle des pans entiers de la vie des hommes qui les ont portés, serrés dans leurs mains et parfois couverts de baisers. Aussi, l'univers des pèlerinages, de la prière intime, celui de l'amour courtois ou encore celui des rites visant à garantir la fécondité sont-ils abordés au fil des pages. Située dans les marges de l'histoire et de l'histoire de l'art, cette étude du détail s'efforce de montrer un "autre" Moyen Age, quotidien, plus intime, où la création artistique, déjà riche des ors des reliquaires et des couleurs chatoyantes des vitraux, se voit complétée par la grisaille du plomb qui vient révéler les pratiques et les croyances des humbles.

  • Cet ouvrage propose d'explorer les divers moyens utilisés pour façonner la silhouette, aussi bien par les femmes que par les hommes, du XIVe siècle jusqu'à aujourd'hui. Selon les époques, et en suivant les exigences que la mode établit, ces dessous prennent la forme de corps à baleines, de panier, de corset, de crinoline, de faux cul, de pouf ou encore de ceinture d'estomac. Tous ces échafaudages vestimentaires modèlent le corps, parfois à l'extrême : le « vêtement mécanique » permet à chacun d'atteindre l'idéal de beauté de son temps.
    L'univers masculin et sa quête de virilité sont évoqués par les pourpoints étonnamment matelassés de la fin du Moyen Âge et les braguettes proéminentes de la Renaissance, mais aussi, au XIXe siècle, par des amplificateurs de mollet ou, tout récemment, des slips-gaines.
    Les femmes, quant à elles, rivalisent d'imagination et d'artifices, des premiers corsages baleinés aux vertugadins, des paniers aux crinolines, des corsets aux gaines, des Wonderbra aux soutiens-gorge push-up d'aujourd'hui. Pendant des siècles, jusqu'aux combats du XXe siècle pour son émancipation, le corps, considéré comme le reflet de l'âme, a été maintenu ou comprimé pour en exprimer la rectitude. Fanons de baleines, cerceaux en métal parfois pourvus de ressorts, coussins en crin, matériaux synthétiques sont dissimulés sous le vêtement pour mieux structurer la silhouette. La mode contemporaine, de Jean Paul Gaultier à Comme des garçons, s'est naturellement emparée de ces codes, entre hommage et détournement.
    Riche en surprises, ce livre dessine la longue histoire des coulisses du vêtement et de la mode en révélant une insoupçonnable diversité de mécanismes. Des pièces rares y sont montrées, accompagnées de reproductions de peintures ou de gravures qui les situent dans leur contexte historique. Une commande photographique spéciale a été passée à Patricia Canino, dont le travail sur la lumière magnifie de façon extraordinaire les formes et les textures des vêtements.

  • La mode comme on ne vous l'a jamais racontée, ou plutôt les modes. Le pluriel est important dans le titre de cet ouvrage ambitieux qui repose sur une démarche radicalement neuve, ouverte et transversale. 500 pages, 400 images, une cinquantaine de focus aux angles originaux et surprenants rythmant les 7 chapitres chronologiques, ce livre au design somptueux est destiné à un large public : étudiants, enseignants, professionnels ou passionnés de la mode.

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