• Les manifestations de rue occupent aujourd'hui le devant de la scène politique et les écrans de télévision. Les liens étroits qui unissaient, au siècle dernier, les manifestations aux fièvres révolutionnaires ont, à cet égard, modelé la mémoire collective.
    Voilà longtemps, cependant, que manifestation ne rime plus avec sédition. En décryptant les formes et les mutations de la manifestation au XIXe et au XXe siècle, Danielle Tartakowsky montre que seules deux vagues de contestations, celle de février 1934 et celle de mai-juin 1968, ont contribué, en définitive, à déstabiliser les régimes en place.
    Malgré son cortège d'incidents et de désordres, la « manif » ne serait-elle ainsi qu'une expression de la vie démocratique, un signe de bonne santé ?

  • Les 32 premiers mois du mandat d'Emmanuel Macron ont compté pas moins de 22 mois de mobilisations sociales de grande ampleur. Celles-ci ont pu prendre des formes inédites d'occupation de l'espace public tout en s'inscrivant (ou pas) dans des évolutions à l'oeuvre depuis 1995.
    En 1995, des manifestations massives ont fait reculer Alain Juppé et sa réforme de la Sécurité sociale. Mais qu'est-il depuis ? Si cette forme d'action politique semblait en repli en France dans les années 2000, elle se réinvente dans la lutte contre le néolibéralisme avec des modalités nouvelles d'occupation de l'espace public, des ZAD aux places, jusqu'au gilets jaunes.
    Depuis 1995, les manifestations à l'appel des syndicats ne semblent plus aussi efficaces. D'autres rassemblements sont devenus des manières de se compter (comme la manifestation monstre en soutien du candidat à la présidentielle François Fillon ou La manif pour tous), d'autres sont organisées par le pouvoir (comme la manifestation d'hommage aux victimes de Charlie), d'autres encore explorent de nouvelles formes, comme Nuit Debout, comme l'occupation des ZAD ou des ronds-points, en écho lointain aux places occupées du Maghreb. Le dégagisme, et l'altermondialisme sont passés par là, créant de nouveaux répertoires d'action, en fragilisant d'autres. Et voilà aujourd'hui l'urgence sanitaire qui vient encore bouleverser ce paysage déjà mouvant.
    Ce livre étudie les mutations de la manifestation dans les 25 dernières années. Il permet de comprendre ce qui se joue dans des séquences de plus en plus longues en prenant en compte des échelles de temps et d'espace (national ou international) qui replacent ces mouvements dans la lutte contre le néolibéralisme, lui-même en crise chronique.

  • Le cimetière du Père-Lachaise, conçu en 1804 par Quatremère de Quincy, le maître d'oeuvre du Panthéon, fut doté, comme celui-ci, de fonctions civiques. Les régimes qui se succèdent de 1804 à aujourd'hui n'en ont guère usé. Il en va différemment des oppositions muselées, puis, dès la Restauration et surtout après l'écrasement de la Commune, de certaines forces partisanes. <> ou anonymes, les morts et martyrs de la Commune, du parti communiste, de la Résistance et de la déportation inhumés dans cette nécropole l'ont dotée d'une sacralité particulière : le Père-Lachaise s'est ainsi progressivement imposé comme le foyer de rites alternatifs à ceux dispensés par l'Eglise. Ce sont les relations inédites tissées en ses murs entre la mort, le sacré, l'Histoire, devenue viatique, et la politique, qui ont retenu l'auteur de ce livre. Comment, en ce lieu si singulier, la politique a-t-elle été amenée à renouveler son regard sur la mort ?

  • Ce livre est une contribution à l'histoire du rêve en politique. Avant l'invention du 1er mai, seul le calendrier religieux scandait la vie des croyants à travers le monde ; avec le 1er mai, la classe ouvrière célèbre une fête laïque le même jour partout dans le monde !
    En s'appuyant sur de nombreuses archives, images et témoignages, Danielle Tartakowsky nous introduit dans l'imaginaire politique construit depuis la fin du XIXe siècle. C'est en effet lors du centenaire de la Révolution française que les organisations ouvrières de vingt-deux pays se réunissent en congrès à Paris pendant l'Exposition universelle. Elles décident d'organiser une grande manifestation internationale, à date fixe et dans tous les pays pour s'affirmer ensemble contre les pouvoirs et obtenir la diminution du temps de travail.
    Danielle Tartakowsky nous livre l'histoire de ce jour de congé, de ses significations changeantes et imbriquées. Elle montre, par un retour à la chronologie, que le 1er mai a d'abord été un mythe avant d'être une date disputée par les pouvoirs politiques dans l'Europe des années 1930 : les régimes autoritaires s'en emparent et en modifient le sens ; après 1945, c'est une des rares dates à être célébrée à l'Est comme à l'Ouest de l'Europe et devient le symbole d'une adhésion commune à une forme d'État-providence. Plus récemment, ses valeurs ont de nouveau été disputées entre les manifestations des extrêmes droites européennes et des altermondialistes, tous deux contestant le libéralisme.
    Les cortèges se succèdent, le 1er mai demeure, tout en se transformant profondément. À travers l'analyse de cette journée de mobilisation, c'est toute une histoire politique de la France et de différents États dans le monde qui nous est donnée à comprendre.

  • Cet ouvrage, à la croisée de l'histoire politique et de l'histoire urbaine, analyse les liens tissés durant plus d'un siècle entre Paris et les manifestations déployées dans ses murs. Jusqu'au dernier tiers du XXe siècle, la géographie manifestante, qui ne correspond qu'imparfaitement avec nombre d'idées reçues, fluctue sans se modifier radicalement. Mais la mise à mal de la ville haussmannienne et des conceptions progressistes de l'histoire vient saper les fondements d'un système manifestant, ses codes et ses repères. Certaines orientations présidentielles récentes contribuent à l'émergence d'une nouvelle géographie manifestante. Les manifestations, en croissance exponentielle, sont désormais susceptibles d'investir tout Paris. Les recensions quotidiennes de la Préfecture de police permettent de prendre la mesure de ces recompositions.

  • 13 mai 1958 à Alger, 30 mai 1968 à Paris, ou manifestations pour la défense de l'École libre en juin 1984, récentes manifestations contre le mariage, sans parler du 6 février 1934, il y a 80 ans tout juste, ce livre original s'essaie à cerner la place et le poids des manifestations de droite dans les systèmes politiques depuis quelque cent trente ans - leurs spécificités, leurs logiques d'action et leur autonomie relative .

  • Ce livre est le récit vivant de la présidence d'une grande université française dans un moment très particulier : celui de la mise en place des lois qui organisent l'autonomie des établissements d'enseignement supérieur - mais aussi le regroupement de ceux-ci et des tensions qui en découlent. Portrait de l'Université depuis 1968, il est également un plaidoyer passionné pour la démocratie universitaire et une réflexion très documentée sur le présent et l'avenir de notre système d'enseignement supérieur, essentiel pour la formation des citoyens mais aussi comme outil de développement territorial et économique. 

  • Au lendemain du 14 juillet 1935, la gauche française rassemblée contre le fascisme s'unit " pour le pain, la paix, la liberté ".
    En mai 1936, sa victoire électorale s'accompagne d'une explosion sociale sans précédent. le gouvernement blum prend des mesures qui modifient irréversiblement le monde du travail : les quarante heures, les congés payés... par-delà ces acquis, le front populaire, c'est aussi et surtout un souffle neuf : la dignité reconquise, la vie qui change, l'espoir d'un avenir meilleur enfin réalisé. malgré les contradictions qui emporteront le gouvernement, un mythe est né.
    Danielle tartakowsky évoque l'esprit de 1936 qui catalysa les forces de gauche et infléchit le cours de leur histoire.

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  • En s'attaquant aux liens qui unissent les manifestations de rue aux crises politiques depuis l'instauration progressive de la Troisième République (la décennie 1870) jusqu'en 1968, l'auteur montre que, tout au long de l'histoire de la République, les différents gouvernements se sont davantage appuyés sur la rue qu'ils n'ont été mis en cause par elle.

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  • Que signifie l'accession au pouvoir de LREM ? Un pouvoir concentré entre quelques mains, le refus de l'interventionisme, des députés godillots... Michel Margairaz et Danielle Tartakowsky analysent comment, depuis le Conseil national de la Résistance et son programme, plusieurs visions de l'État s'affrontent, et comment celle d'un État réduit, peu-à-peu, à son minimum s'est progressivement imposée, incarné aujourd'hui par LREM.
    On analyse ici l'évolution des institutions, des acteurs et des pratiques de l'État en France depuis 1944, particulièrement à travers les politiques publiques, en trois périodes. Celle où les grandes réformes issues du programme du CNR de mars 1944 (Plan, nationalisations, Sécurité sociale, service public, système de crédit administré...) placent durablement l'État au coeur du développement de l'économie et de la société. Cette période se poursuit, non sans tension ni opposition, dans les années (1968-1982) qui s'inscrivent dans l'une des postérités de mai 1968, celle de de la régulation collective administrée par l'État, alors hégémonique, des gaulistes au PC, de l'économie et de la société, quels que soit les partis au pouvoir. Une troisième période, de 1982 à nos jours, voit, selon des temporalités différenciées, les fonctions de l'État se déliter, suivant un enchainement complexe dans l'effacement successif de ses prérogatives, jusqu'à LREM, ultime avatar.

  • Le 18 avril 1904, le premier numéro de L'Humanité sort dans les kiosques. Tout au long du XXe siècle, le journal a constitué un fonds iconographique exceptionnel, couvrant les événements historiques les plus marquants comme les histoires les plus anonymes du peuple. Photographes du journal, membres du réseau des correspondants de L'Humanité, pigistes, particuliers : nombreux sont ceux qui ont contribué à la constitution de cet ensemble patrimonial unique, riche de plus de deux millions d'images.
    Danielle Tartakowsky, l'historienne, et Gérard Mordillat, l'écrivain, se sont emparés - chacun dans le style qui leur est propre - d'un morceau de cette histoire, portant leur regard sur ces images à l'esthétisme puissant et à la remarquable force documentaire. À travers leurs choix, ils nous entraînent dans une traversée subjective et inédite du siècle.

  • Ce volumineux ouvrage collectif, qui s'inscrit dans la lignée de l'Histoire des gauches en France publiée par La Découverte en 2004, réunit plus de soixante contributeurs et compte, au total, près de quatre-vingts textes. Il traite aussi bien des « événements » mythiques, dans la mémoire de la gauche française, du XIXe et du XXe siècles (1848, la Commune, les grèves de 1936, les mouvements féministes.), que de mouvements moins connus, mais considérables quant à leurs implications pour notre présent politique et social (la marche pour l'égalité et contre le racisme, les « actions » d'Act Up, les grèves de chômeurs, la constitution de syndicats de prostituées.).

    Le parti pris du livre est de traiter comme un « mouvement social », en privilégiant le point de vue des acteurs mobilisés, toute forme d'intervention collective destinée à modifier les conditions d'existence, les hiérarchies, les relations sociales, et en mesure de générer des identités collectives ou des sentiments d'appartenance. Le livre est divisé en quatre grandes parties chronologiques, qui témoignent de la variété et de l'inventivité des formes de luttes et de mobilisations, depuis les mouvements sociaux précédant la première industrialisation, en passant par les rêves d'autonomie ouvrière, puis la légalisation du fait syndical et la montée en puissance du mouvement ouvrier, jusqu'à l'explosion de mai 1968 et aux « nouveaux nouveaux mouvements sociaux » des années 1980-1990, marquées par la segmentation des mouvements qui entendent défendre le droit des minorités sexuelles ou des victimes du racisme.

    Novateur dans son approche et écrit par les meilleurs spécialistes français de la question, ce livre devrait rapidement s'imposer comme un ouvrage de référence, sans aucun équivalent dans l'édition française.

  • Dans le nord-est parisien, entre Canal Saint-Martin et Belleville, « La Grange-aux-Belles », aujourd'hui disparue, était un lieu familier et emblématique pour plusieurs générations de militants syndicaux. Propriété de la Maison des syndicats, société anonyme constituée en 1913 par la CGT pour pallier les insuffisances de la Bourse du travail de Paris, elle abritait une vie syndicale, culturelle et une sociabilité qui se voulaient porteuses de lutte, d'unité, de solidarité et d'avenir.
    Son histoire, à la croisée de l'histoire ouvrière et syndicale et de l'histoire urbaine, plonge le lecteur au coeur de quartiers longtemps industrieux et populaires de Paris et éclaire, à partir d'une histoire sensible, huit décennies d'histoire du syndicalisme de Paris, de la Seine et de l'Île-de-France. Ce livre fait écho à plusieurs ouvrages parus aux éditions Créaphis :
    La Bellevilloise, une page d'histoire de la coopération ouvrière et du mouvement ouvrier, (2001) ; Belleville, Belleville, visages d'une planète, (1994) et le récent Belleville, quartier populaire ? (2011) ; La maison des métallos et le Bas-Belleville, (2003) ; Canal Saint-Martin, (2007) ; Mémoires du travail à Paris, (2008).

  • La manifestation est sans doute, après le vote, la forme la plus commune d'expression politique dans les pays démocratiques. Dans les pays non démocratiques, elle accompagne les tentatives de révolte et de renversement des pouvoirs en place, comme l'ont rappelé avec force les « printemps arabes ».

    Une analyse sociologique et historique de ce mode d'action politique, avec ses normes et ses règles, ses légendes et ses mythes, ses épisodes glorieux et ses heures sombres.

  • Cet ouvrage éclaire la genèse du Programme commun de gouvernement (27 juin 1972), son contenu, son impact tant au plan national, voire international, que dans les dynamiques locales, jusqu'à la rupture de 1978. Au côté des contributions de chercheurs sont publiés des témoignages d'acteurs politiques et syndicaux de ces évènements (Roland Dumas, René Piquet, Pierre Mauroy, Louis Astre, Jean-Louis Moynot et, dans le cadre d'une table ronde, Charles Fiterman, Lionel Jospin et Roger-Gérard Schwartzenberg).

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  • Les auteurs analysent ici les processus complexes et multiples de libéralisation manifestés dans différents domaines lors de la seconde moitié des années soixante ainsi que leur rôle éventuel dans la dérégulation affirmée ouvertement après 1984. Quelle place les événements de 1968 et leurs résultats, tels qu'inscrits dans la loi, dans des décrets ou simplement dans les pratiques, occupent-ils dans ce qui constitue un retournement ? Marquent-ils la fin d'un cycle ouvert par la séquence 1936-1946 et dont les bornes ne coïncideraient pas avec celles des Trente Glorieuses ? Sont-ils annonciateurs d'une séquence nouvelle et, dans cette hypothèse, laquelle ? Ouvrent-ils plus largement à l'appréhension des temporalités autres ? Les réponses apportées ici suggèrent une chronologie inédite, où mai 1968 s'impose comme le moment d'une grande bifurcation.

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  • La manifestation est sans doute la forme la plus commune d'expression politique, tant dans les pays démocratiques, où sa légitimité le dispute avec plus ou moins de bonheur aux formes plus conventionnelles de participation comme le vote, que dans les pays non démocratiques, où elle accompagne les tentatives de révolte et de renversement. Dans cet ouvrage de synthèse, les auteurs proposent une analyse sociologique et historique de ce mode d'action politique, avec ses normes et ses règles, ses légendes et ses mythes, ses épisodes glorieux et ses heures sombres. Mais surtout, au-delà de l'interrogation classique sur la place de la manifestation dans le répertoire d'action contemporain et dans les luttes politiques, c'est aussi à une analyse au plus près des manifestants eux-mêmes et de " ce qui les fait courir " que cet ouvrage nous invite.

  • De A à Z un abécédaire illustré déclinant certains mots qui ont compté dans l'histoire de l'Université de Paris 8 au temps où elle s'appelait Vincennes.

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