• Publié il y a quatorze ans, cet essai avait révélé l'émergence, alors diffuse, d'une culture « néo-réactionnaire » dans le paysage intellectuel français. Cette réédition montre à quel point Daniel Lindenberg avait vu juste. Depuis, la parole s'est libérée, les analyses se sont décomplexées. Et ceux-là mêmes qui avaient protesté contre leur assimilation à un qualificatif jugé péjoratif se réjouissent aujourd'hui publiquement du « grand retournement » qu'ils ont provoqué dans le monde des idées.

    Le Rappel à l'ordre est un livre prémonitoire, nécessaire à notre compréhension du présent. Une postface inédite de l'auteur souligne les nouveaux contours de la galaxie des personnalités et des oeuvres qui, au-delà de leurs différences, orchestrent une révolution conservatrice au coeur de la vie intellectuelle et politique. Toute notre démocratie s'en trouve ébranlée.

  • Loin de tout esprit de célébration ou de repentance, Daniel Lindenberg revient sur le climat intellectuel des années 1960 qui a présidé aux événements de Mai. Il livre son expérience personnelle et rappelle quel était le pouvoir des idées et des engagements à cette époque marquée par un désir de révolution. II nous invite à revisiter les lieux qui ont compté : la Sorbonne, les librairies, les cafés... A ses yeux, il n'y a jamais eu véritablement de "génération 68". Plusieurs générations y ont pris part et le mouvement dit "de Mai" rassemble des acteurs d'autres périodes : survivants de la grande époque pacifiste et utopiste de 1918, révolutionnaires du Front populaire, résistants, porteurs de valises de la Guerre d'Algérie, "minos" de l'Unef et rebelles de l'UEC, au tournant des années 1960...
    II décrit les courants, les clubs, les mouvements qui ont participé à l'effervescence culturelle de ce moment, qui n'est pas sans rappeler le contexte politique de 1848 avec une toile de fond révolutionnaire. En ces années, Rousseau, Marx, Rimbaud, Leary, Lucien Goldmann, Althusser, Étiemble, Vaneigem, Debord et tant d'autres suscitent de nombreux débats.
    Les souvenirs personnels abondent. L'auteur du Rappel à l'ordre rend notamment hommage à son ami Christian Bachmann, compagnon de ces années d'éveil politique.

  • Au lendemain de l'expulsion des juifs d'Espagne, ceux-ci sont condamnés à la conversion forcée. Mais beaucoup d'entre eux restent secrètement fidèles au judaïsme : ce sont les marranes.
    Daniel Lindenberg montre dans cet essai, initialement paru sous le titre Figures d'Israël, que le marranisme a fourni la matrice des principales figures de l'émancipation juive, mais aussi européenne : l'universalisme, le messianisme et le rationalisme. Trois voies mises en place dans la seconde moitié du xviie siècle par trois hommes issus du milieu marrane. Menassé Ben Israël pense l'émancipation au sein des nations ; Sabbataï Tsvi inaugure en 1648 le grand mouvement de sécularisation du messianisme, qui va conduire au sionisme politique et à la création, en 1897, du mouvement ouvrier de langue yiddish, le Bund ; Baruch Spinoza, enfin, invente la figure de l'intellectuel juif sans attaches et héros de la Raison.
    L'auteur réfléchit sur les principes et les enjeux de ces voies d'émancipation, indispensables à l'intelligence de la question juive, comme à celle du statut de l'Etat d'Israël. Dans une postface inédite, il fait le point sur la nécessité de retrouver dans le marranisme une des sources de l'histoire européenne.

  • Sept ans après son " enquête sur les nouveaux réactionnaires " qui avait déchaîné les controverses (Le Rappel à l'ordre, 2002), l'histoire semble avoir donné raison à Daniel Lindenberg.
    Le grand retournement idéologique qu'il avait identifié au seuil des années 2000 en France s'inscrit désormais dans une mondialisation des idées caractérisée par la montée des " révolutions conservatrices " un peu partout dans le monde. Retournant les Lumières contre elles-mêmes, à l'instar de leurs illustres devanciers des années 1930, les champions de ce nouveau backlash oeuvrent au recul de la rationalité et flattent des conceptions autoritaires et parfois racistes de la vie collective.
    Sous les apparences du mouvement, voire de la " rupture ", c'est toujours une haine sourde de la modernité et de la démocratie qui les unit et constitue le fond de leur programme.

  • Quels sont les liens entre le pouvoir politique et les intellectuels? Mêlant réflexion personnelle et analyse historique, l'auteur revient sur des époques charnières de notre histoire où l'engagement intellectuel a marqué l'histoire de la République : affaire Dreyfuss, seconde guerre mondiale, décolonisation. Qu'en reste-t-il aujourd'hui quels sont les liens vivants ? C'est ce que l'auteur étudie à travers son propre parcours d'homme de gauche pourfendeur des "Nouveaux réacs" et pour qui le combat ne fait que commencer...

  • Comment un peuple dispersé et opprimé a-t-il retrouvé la liberté ? C'est la question posée par ce livre, à l'heure du cinquantenaire de la création de l'Etat d'Israël. Daniel Lindenberg montre comment, dans la seconde moitié du XVIIe siècle, trois hommes issus du milieu marrane mettent en place trois voies pour la sortie du ghetto et le retour du peuple juif dans l'Histoire : Menassé Ben Israël pense l'émancipation au sein des nations ; Sabbataï Tsvi inaugure en 1648 le grand mouvement de sécularisation du messianisme , qui va conduire au sionisme politique et à la création, en 1897, élu mouvement ouvrier de langue yiddish (le Bund) ; Barukh Spinoza, enfin, invente la figure de l'intellectuel juif sans attaches et héros de la Raison : figure d'actualité au moment où les mythologies nationalistes alliées à l'intégrisme religieux menacent de transformer en cauchemar les rêves de renaissance...L'auteur réfléchit sur les principes et les enjeux de ces trois voies d'émancipation, indispensables à l'intelligence de la question juive, comme à celle du statut de l'Etat d'Israël. Daniel Lindenberg est professeur à l'université de Paris VIII et membre du comité de la revue esprit. II a publié : Le Marxisme introuvable (Calmann-Lévy, 1975) ; Lucien Herr, le socialisme et son destin (avec P.-A. Meyer, Calmann-Lévy, 1977) ; Les Années souterraines - 1937-1947 (La Decouverte, 1990).

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  • Pressentie par les uns, redoutée par les autres, la guerre éclate en septembre 1939. Un État autoritaire remplace la République et esquisse une modernisation de la France tout en revalorisant le " travail ", la " famille " et la " patrie ". La collaboration avec les nazis se met en place sans difficulté. La résistance s'organise progressivement. La libération s'accompagne d'une épuration des intellectuels et d'une reconstruction, y compris morale.
    Au cours de cette décennie, la France a connu trois régimes politiques fort différents, mais on observe une beaucoup plus grande continuité dans le domaine des idées et des prétentions artistiques. Seuls des arts de propagandes s'accrochent désespérément à l'un ou à l'autre sans plus d 'espoir que de témoigner d'un idéal finalement fugace. Daniel Lindenberg préfère ici s'attacher au travail souterrain des idées qui caractérisent le mieux l'ensemble de cette période.
    Celle de communauté est indéniablement la plus importante : on la trouve chez le père Le Bret ou François Perroux, mais aussi à l'école de cadres d 'Uriage et à la revue Esprit. La construction de l'homme - d'un" être " moral maître de sa situation, libre des choix de son existence, acteur de l'histoire - mobilise Marcel Déat, Alexis Carrel et plus tard Raoul Dautry. Et l'identité culturelle, comme expression active d'une " unité socio-géographique ", est revendiquée aussi bien par Georges Dumézil que par Gaston Roupnel.
    Cet essai bouscule de nombreuses idées reçues tant sur Vichy que sur la Résistance, et remet en cause des points de vue admis comme " vérités historiques " en montrant à quel point ces dix années sont solidaires d'une histoire plus longue qui seule en donne la clé.

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