La Decouverte

  • Les fondements de la théorie du choix rationnel, dans ses multiples déclinaisons (économie théorique, théorie de la décision, théorie des jeux, théorie de l'action que l'on trouve au coeur de la philosophie analytique, etc.), ne sont plus aussi assurés en cette fin du XXe siècle qu'ils semblaient l'être durant, ou immédiatement après, la Seconde Guerre mondiale, lorsqu'un John von Neumann ou un Leonard Savage en posaient les prolégomènes.
    A la source des difficultés présentes, on trouve l'ambition croissante de la théorie du choix rationnel d'expliquer, et surtout de fonder, des phénomènes très éloignés du champ à l'intérieur duquel elle s'était d'abord confinée. Le défi le plus grand que le choix rationnel s'est fixé à lui-même est de rendre compte de la possibilité du jugement moral dans un monde d'individus isolés, autonomes et intéressés (et notamment de la promesse, de l'engagement, du contrat, de la parole donnée et tenue, de la menace, de la dissuasion crédible et efficace).
    C'est en tentant de relever ces défis que les théoriciens ont rencontré sur leur chemin, comme autant d'obstacles inattendus, des paradoxes redoutables. Ce livre présente les recherches les plus récentes dans le domaine. Il s'en dégage la thèse que le paradigme de la rationalité est radicalement incomplet. L'idéal de transparence qui est au coeur de la théorie du choix rationnel est incapable de venir à bout de l'extériorité et de l'opacité du collectif.
    Si elles ne prenaient appui sur des références extérieures qui les guident en les " poussant ", les interactions entre acteurs rationnels seraient en général incapables de produire à elles seules quoi que ce soit de déterminé. Les recherches ici présentées s'attachent à définir ce que sont ces dispositifs collectifs cognitifs qui encadrent et servent de support aux décisions individuelles. Elles s'inscrivent dans cette synergie entre sciences sociales, sciences cognitives et philosophie qui renouvelle aujourd'hui les sciences de l'homme.

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  • Le mouvement général des sciences est de fournir les moyens théoriques d'une reconstruction des phénomènes, en élaborant des lois explicitant leurs régularités sous-jacentes. Aujourd'hui, l'attitude générale en sciences repose sur l'a priori des déterminismes, quelle que soit leur forme. La pensée humaine, dans ses rapports au monde, est une confrontation permanente aux systèmes complexes qui nous habitent et dans lesquels nous habitons. Chacun des systèmes possède une histoire propre qui le rend singulier et source continue de surprises. On se prend à le penser comme système autonome avec ses lois et ses degrés de liberté interne. Quand il s'agit de penser l'être humain, la tentation est encore plus forte de lui prêter un libre arbitre. La question fondamentale est donc celle de la compatibilité entre la pensée scientifique en quête de déterminismes, et la compréhension des complexités, génératrice d'indéterminismes. Comment obtenir une conciliation quand, de la physique à l'éthique, en passant par la cellule biologique, les êtres multicellulaires et les sociétés, on remonte les niveaux d'organisation ? Peut-on y parvenir quant à l'être humain et la société sans remettre en question certains aspects cruciaux comme la responsabilité et l'éthique ? Ce livre a pour but de revisiter ce débat fondamental, auquel fleuri Atlan a consacré une grande partie de son oeuvre, en s'appuyant, d'une part, sur les approches récentes de la modélisation des systèmes complexes et, d'autre part, sur la tradition philosophique multimillénaire.

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