• Certains ont eu des lieux de méditation, des rituels, des mythes, comme formes et espaces de recueillement. Nous pouvons peut-être avoir des lieux de théâtre. Des lieux où même si les quêtes aujourd'hui paraissent absurdes, vides, parce qu'on a perdu l'origine des mondes, on entend toujours un appel, sans savoir d'où.

    Ce volume rassemble l'ensemble des textes de Claude Régy publiés entre 1991 et 2011 : « Espaces perdus », « L'Ordre des morts », « L'Etat d'incertitude », « Au-delà des larmes » et « La Brûlure du monde ».

    Dans le cadre du Festival d'Automne de Paris 2016, Claude Régy met en scène Rêve et folie de Georg Trakl au théâtre Nanterre-Amandiers, du 15 septembre au 21 octobre.

  • La lumière et le silence sont aussi des matériaux dont on ne se lasse pas. Enfin, moi, je ne m'en lasse pas. Je ne me lasse pas d'écouter le silence et je ne me lasse pas des jeux de lumières.
    Je pense que travailler c'est quelquefois ne rien faire.
    C'est quelquefois regarder la lumière du jour ou regarder la lumière quand le jour baisse ou au moment du lever du jour ou, au contraire, dans un moment très étale de la matinée ou de l'après-midi.
    Se laisser faire par toutes ces choses qui s'impriment en nous.
    On croit qu'on ne travaille pas mais « ça » travaille pendant tout ce temps, ça travaille en nous.

    Inclus dans ce volume un film d'Alexandre Barry, Du régal pour les vautours, qui nous entraîne dans une dérive au coeur du travail, de la vie de Claude Régy. Les yeux ouverts dans la nuit, des visions surgissent. Lieux, visages, souvenirs et réminiscences remontent à la surface comme des fragments de miroirs superposés. À Paris, au Japon, en Corée, en Norvège, Claude Régy partage les lueurs entrevues lors de son long voyage. Une aventure en zones inexplorées commencée il y a plus de soixante ans.
    Du régal pour les vautours, un film d'Alexandre Barry produit par Michel David.
    Durée : 67 min. - 16/9 stéréo - version française / sous-titres anglais © Zeugma Films 2016 En bonus : Ne vous inquiétez pas il va faire nuit, un film d'Alexandre Barry.
    Durée 8 min. - 16/9 stéréo - versions française / sous-titres anglais © Simer / JKL 2016 Du Régal pour les vautours sera projeté en avant-première au Forum des Images le 03 octobre 2016 et au théâtre Nanterre-Amandiers le 08 octobre 2016, dans le cadre du Festival d'Automne de Paris 2016, avant une rencontre avec le réalisateur Alexandre Barry et Claude Régy.

  • L'Etat devrait faire très attention au budget culturel et très attention à ne pas dévoyer la culture, parce que, finalement, depuis les premiers dessins sur des parois de rochers, l'humanité demeure par certaines traces que l'invention de certains artistes a laissées, et ces traces s'opposent à la bêtise massive, au mensonge, à la falsification des faits que représente le monde politique. Il faut que l'Etat comprenne qu'il doit subventionner l'art justement parce qu'il est un élément de contestation, parce qu'il est le contraire de l'Etat, la subversion même, le renversement des valeurs, et c'est à ce titre que l'art est indispensable et non pour servir à répandre une fausse culture dans une masse qu'on prive justement de sa pensée créatrice et de sa liberté de jugement.

  • J'ai toujours travaillé avec cette idée qu'on atteignait des gens au-delà des gens qui sont matériellement là‚ et cela par l'intermédiaire justement des gens qui sont là.
    C'est peut-être une folie mais en même temps je sens que c'est vrai. Je sens que ça existe.
    De toute façon la circulation de l'esprit est plus durable que la circulation du sang.

    Inclus un DVD avec le film d'Alexandre Barry

  • Je crois que le théâtre doit dire ce qu'il y a de plus obscur dans l'être humain. Mais aussi ce qui touche au plus secret des actions qui se font dans le monde, et cela sans ignorer - pour autant qu'on le sache - ce qui a lieu dans l'univers.

  • Espaces perdus

    Claude Régy

    • Plon
    • 1 February 1991
  • S i on n'arrive plus à séparer le rêve (ou diverses formes d'imagination) de la réalité, alors, parce qu'on a rêvé de lieux de rendez-vous, on s'y rend, levé dès six heures du matin.
    A la recherche de l'amour. C'est déjà presque une quête. Et ce qu'on croit réalité est en réalité délire. Amour inventé. Même si le corps fait mal. " Va te faire foutre Dieu parce que tu me fais aimer quelqu'un qui n'existe pas. " Amour pour un amour dont l'amour est absent.

  • Propos provoqués et recueillis par Stéphane Lambert.
    «Metteur en scène, je n'avais rien pour l'être, aucune préparation, aucun ancêtre, rien, le désert.
    Ce désert sans doute a été mon meilleur allié.» Claude Régy, né en 1923 à Nîmes, après une formation d'acteur auprès de grands maîtres de la scène (Dullin, Balachova, Vitold), s'est consacré à la mise en scène d'auteurs contemporains depuis les années 1950, créant pour la première fois en France certains textes de Pirandello, Kleist, Duras, Pinter, Saunders, Stoppard, Arrabal, Bond, Sarraute, Handke, Botho Strauss, Jon Fosse. ouvrant considérablement le répertoire des oeuvres contemporaines. Il a aussi fait découvrir des acteurs, comme Gérard Depardieu en 1971, Martial Di Fonzo Bo, Laurent Cazanave, entre autres. Il laisse résonner ici les échos de ses lectures, de ses rencontres et de ses nombreuses mises en scène.

empty