Langue française

  • Les Sept Samouraïs d'Akira Kurosawa est d'abord un film d'action. Mais derrière les questions de pouvoir et de survie se joue avant tout un art de la mise en scène des corps : corps souffrants, fébriles, humiliés, mais aussi corps qui s'éduquent et s'articulent avec un groupe. Brisant la bidimensionnalité de l'écran cinématographique, Kurosawa inscrit la tension des muscles, le surplus de la chair et du physiologique au coeur de l'image et donne à voir l'engendrement du corps social à partir de la diversité des corps physiques. Avec une grande économie de mots, il construit une allégorie de l'institution sociale et politique qui fait varier très subtilement les relations interindividuelles uniquement par le traitement de l'espace et des corps. Les Sept samouraïs est un film chorégraphique.

  • Que peut montrer la caméra que l'oeil ne voit pas ? Entre la perception ordinaire floue et la netteté de l'objectif, comment comprendre la dualité entre le sujet et l'objet, la dualité de la perception? Fruit d'un processus mécanique et optique, l'image cinématographique ne semble pas mentir à l'oeil du spectateur.
    A travers de nombreuses références philosophiques (Merleau-Ponty, Bergson) et cinématographiques (Ozu, Godard, la Nouvelle Vague, Kurosawa), Clélia Zernik s'intéresse au cinéma comme paradigme pour penser la perception du monde contemporain. Ce paradigme, très développé par la psychologie de la perception dans les années 1920-1930 (Münsterberg, Rudolf Arnheim), permet de penser clairement les rapports entre l'oeil et l'objectif. Le paradigme cinématographique propose un double enjeu : celui de savoir comment la psychologie de la perception comprend la perception ordinaire, et d'autre part, expliquer les réalisations artistiques du cinéma.

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