• Les Sept Samouraïs d'Akira Kurosawa est d'abord un film d'action. Mais derrière les questions de pouvoir et de survie se joue avant tout un art de la mise en scène des corps : corps souffrants, fébriles, humiliés, mais aussi corps qui s'éduquent et s'articulent avec un groupe. Brisant la bidimensionnalité de l'écran cinématographique, Kurosawa inscrit la tension des muscles, le surplus de la chair et du physiologique au coeur de l'image et donne à voir l'engendrement du corps social à partir de la diversité des corps physiques. Avec une grande économie de mots, il construit une allégorie de l'institution sociale et politique qui fait varier très subtilement les relations interindividuelles uniquement par le traitement de l'espace et des corps. Les Sept samouraïs est un film chorégraphique.

  • Que peut montrer la caméra que l'oeil ne voit pas ? Entre la perception ordinaire floue et la netteté de l'objectif, comment comprendre la dualité entre le sujet et l'objet, la dualité de la perception? Fruit d'un processus mécanique et optique, l'image cinématographique ne semble pas mentir à l'oeil du spectateur.
    A travers de nombreuses références philosophiques (Merleau-Ponty, Bergson) et cinématographiques (Ozu, Godard, la Nouvelle Vague, Kurosawa), Clélia Zernik s'intéresse au cinéma comme paradigme pour penser la perception du monde contemporain. Ce paradigme, très développé par la psychologie de la perception dans les années 1920-1930 (Münsterberg, Rudolf Arnheim), permet de penser clairement les rapports entre l'oeil et l'objectif. Le paradigme cinématographique propose un double enjeu : celui de savoir comment la psychologie de la perception comprend la perception ordinaire, et d'autre part, expliquer les réalisations artistiques du cinéma.

  • À la faveur d'expositions réalisées au cours de ces vingt dernières années, Philippe Cognée s'est imposé comme l'un des peintres majeurs du début du XXIe siècle. C'est à la suite de son séjour à la Villa Médicis, en 1991, que l'artiste invente une technique qui devient son processus de travail exclusif sur toile, à partir de photographies et de peinture à l'encaustique. Le rendu objectif de la photographie fait place à un effet de flouté, de liquéfaction, voire de disparition partielle du motif, de sorte qu'une certaine abstraction travaille en profondeur la figure représentée. En distordant les figures, dont les motifs sont pourtant ceux du réel le plus banal, le plus quotidien, Philippe Cognée interroge la matière du pictural, il questionne la représentation. Le spectateur perçoit dans le tableau final comme le symptôme d'une perte : toujours quelque chose vacille, quelque chose est en train de fondre, de disparaître, que l'artiste saisit au moment de sa « tombée », dans le mouvement d'une défaite qu'il parvient à fixer in extremis.

  • Présentation de l'exposition construite autour du concept de l'invisible et issue d'une résidence à Chambord, ayant réuni les oeuvres de seize jeunes artistes étudiants des Beaux-Arts de Paris et de la Tokyo University of the Arts.

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