• Un homme a fait sauter le Parthénon, symbole honni de l'impossibilité de la Grèce à aller de l'avant, tendue qu'elle est vers la glorification d'un passé antique. Une réflexion aussi profonde qu'iconoclaste sur une certaine schizophrénie non dénuée de souffrance de la Grèce contemporaine.

  • Au fil d'une déambulation composée de plusieurs tableaux, parfois fantasmagoriques mais toujours ancrés dans la réalité, Christos Chryssopoulos enquête et observe les symptômes d'un mal qui nous ronge. Il y pose le constat d'une société de surveillance, qui isole et oppose. Où l'incommunicabilité grandit au point que la colère s'impose (à nous) comme ultime possibilité de sortir de soi et fait de nous sa première victime.
    Nous sommes ainsi tour à tour confrontés aux idéologies racistes, à la violence au travail, aux relations entre hommes et femmes, à la cellule familiale, au milieu scolaire, à travers un subtil jeu de dialogues qui rend compte des difficultés de communication entre ceux qui possèdent la parole et ceux qui ne l'ont pas.
    /> L'auteur-narrateur apporte un commentaire à la manière d'un choeur antique entre chaque tableau et finit, dans le dernier tableau, par prendre corps en tant que personnage, en suivant un autre à son insu et rendant ainsi compte au lecteur de son mode opératoire.

  • Dans une petite ville de la côte ouest des États-Unis, quatorze adolescents se suicident lors de la même nuit, sans que rien n'ait pu laisser présager un drame pareil. Que s'est-il passé ? Le FBI enquête, mais les indices qui sont donnés à lire relèvent davantage de préoccupations métaphysiques que criminelles... Un roman fragmenté, profond et mystérieux comme l'au-delà.

  • La crise modifie en profondeur le visage de la Grèce, et n'épargne pas même le champ de la création. Ayant un soir constaté qu'il n'arrivait plus à écrire de la fiction, Christos Chryssopoulos a abandonné sur son bureau la page blanche autour de laquelle il tournait depuis trop longtemps, et il est descendu marcher dans Athènes. Sa déambulation au fil de plusieurs jours fait l'objet d'un récit entrecoupé de considérations sur la ville, sur les liens qu'elle entretient avec les individus qu'elle abrite ou qu'elle rejette.
    L'auteur a croisé de nombreux sans-abri, il en a photographié certains, a discuté avec d'autres, ne cessant de s'interroger sur leur rapport au monde, s'interdisant de les réduire à ce qu'ils semblent être devenus aujourd'hui dans la rue. Il décrit les boutiques qui ferment, les hôtels et restaurants déserts, les nouveaux bruits nés de la crise comme le grincement aigu des caddies des chiffonniers.
    La construction des livres de Christos Chryssopoulos est le reflet de sa vision du monde : la vérité des choses n'est perceptible que dans la multiplicité des points de vue et des témoignages, au croisement de différentes réalités qui, toutes ensemble, même si elles paraissent contradictoires, composent la réalité. Une lampe entre les dents a été écrit en état d'urgence, et publié rapidement, comme par nécessité de dire sans tarder ce qu'est devenu Athènes.
    C'est après publication que l'auteur s'est rendu compte que ce dernier livre compose, avec Monde clos et La Destruction du Parthénon, une trilogie sur la capitale grecque, entre vécu, fiction et réflexion. La revue L'Impossible a publié au printemps dernier quelques extraits d'Une lampe entre les dents, comme un témoignage sur les effets de la crise grecque. Un témoignage, certes, mais également un texte littéraire qui interroge l'humanité en chacun de nous, avec une distance et une pudeur qui n'excluent nullement l'empathie, en même temps qu'un questionnement sur la capacité d'un écrivain à se consacrer à la fiction quand la réalité est si violemment présente dans son quotidien.


  • il n'est ni médecin ni chimiste, cet homme qui arpente la ville en blouse blanche, une mallette en cuir à la main ; il est manucure.
    ses clients sont très satisfaits de ses services, il est indéniablement le meilleur. car de sa passion il a fait un métier, de son obsession un art de vivre. philippos dostal évolue dans un univers d'effleurements et d'émotions tactiles. il a appris le braille pour lire du bout des doigts, il collectionne et répertorie minutieusement matières et frôlements, il fréquente une femme dont il admire les mains de marbre.
    retranché dans une solitude morbide, il évite tout contact avec le monde extérieur. jusqu'à ce que l'amour se présente sous la forme d'une fascinante paire de mains virevoltantes appartenant à un jeune homme sourd-muet. c'est dans une langue froide et précise comme un scalpel que christos chryssopoulos sonde les abîmes d'un esprit fétichiste et tourmenté, en quête de beauté pure.

  • Monde clos

    Christos Chryssopoulos

    Sur la place carrée de cette cité en périphérie de la ville déambule un homme sans nom hanté par un souvenir des camps qu'il n'a de cesse de raconter. Les frères Giorgios et Giorgios se promènent avec Nadia, qu'ils ont tous deux prise pour femme. Ici, un beau docker a naguère fini poignardé dans le dos. Là, une adolescente a mis le feu à son lit, un usurier à la jambe de bois se débat avec ses cauchemars, un vieux recueille des chats, une femme sans âge habillée de noir vit avec une ombre, des ménagères traquent la poussière...
    Mystérieuses, insolites, parfois terribles, leurs histoires se sédimentent en une mémoire collective composant un étonnant théâtre des passions humaines dont le choeur proclame que toute existence, aussi humble soit-elle, recèle sa part de rêve, de tragique et de sublime.

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