• A partir d'une généalogie de la révolte, en 1951, en écrivant L'Homme révolté, Camus s'interrogeait sur le nihilisme révolutionnaire qui au début de la guerre froide amenait l'humanité dans une impasse. Opposant les révoltes aux révolutions, il montrait que le révolté, contrairement au révolutionnaire mettait toujours la vie au-dessus de tout principe au coeur de la révolte. Depuis la mort de Camus, de nombreuses révoltes et des révolutions sont passées : les indépendances africaines, la lutte pour les droits civiques, Solidarnosc, mai 68, l'Iran, la lutte contre l'apartheid, l'intifada et bien sûr les printemps arabes. L'alter mondialisme se développe. Le compte à rebours climatique a commencé. Dans le contexte de la fin de l'Histoire annoncée dans un vaste marché mondialisé, à partir d'un inventaire choisi des révoltes collectives depuis soixante ans, Christophe Courtin reprend pas à pas la lecture de L'Homme révolté, chausse les espadrilles de Camus et s'interroge sur sa pertinence aux temps présents.

  • Asservissement technologique et consumériste de l'homme dans une écologie dévastée, creusement des inégalités, constructions demurs et de fossés politiques,militaires, économiques et culturels : il y a cinquante ans Heidegger avait déjà posé ce diagnostic sur l'humanité qui aujourd'hui se révèle hélas juste. Ses questions radicales sur la nature et le sens de l'existence rendent difficile la pensée de ce philosophe controversé qui ne demande pas à être compris, mais éprouvé, expérimenté. Cette pensée exigeante ne s'adresse pas nécessairement à des philosophes professionnels, des exégètes pointus, des universitaires de haut vol, elle peut être lue par chacun, pour peu qu'on accepte de la suivre pas à pas, avec constance et effort, sans la surestimer, lucidement. C'est ce que nous propose l'auteur de cette course en montagne, avec Heidegger comme guide. Les formules alambiquées de ce dernier, ses jeux demot abscons ne doivent pas nous intimider. L'auteur, à partir de ce qu'il est, de ce qui le structure, de ce qui l'a construit, de son expérience, de son éducation, de ses connaissances, de sa culture, à partir de son identité, en un mot, se sent suffisamment équipé pour gravir ce sommet de la pensée occidentale. Son éducation catholique, la symboliquemaçonnique qu'il côtoie, la poésie qu'il aime, et l'humour qu'il pratique, l'aident à suivre ce guide exigeant. En fin de course, arrivé au sommet, de questionnements en interrogations, d'étonnements en doutes, s'il n'obtiendra pas beaucoup de réponses, il comprendra, après Hölderlin, que ce qui sauvera du danger de l'antihumanisme qui est déjà là, ne peut se trouver que là où croît le péril : dans la pensée humaine. Il y a urgence.

  • « Acteur : De son propre développement, de la démocratie. Doit bien jouer son rôle. Doit bien jouer son rôle.écrit par un autre. » Avec ses 350 entrées ce dictionnaire du développement, à lamanière ironique de celui des idées reçues de Gustave Flaubert, propose de parcourir lesmots et lieux communs des politiques de développement en Afrique. L'auteur, praticien des projets de développement, publie régulièrement dans les revues spécialisées en montrant la pauvreté de la pensée pratique du développement. Avec ce dictionnaire étymologique grand public, il va plus loin. Dans un style parfois pamphlétaire, il reprend à son compte la formule de Gustave Flaubert, « l'ironie n'enlève rien au pathétique, elle l'outre au contraire ». L'auteur démontre que le retard dans le développement humain qui caractérise toujours le continent africain, contre l'afro optimisme béat, est d'abord la conséquence de la bêtise de la pensée sur le développement.

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  • Le marabout en Afrique de l'ouest est une figure essentielle de l'Islam noir des confréries soufies... Pour beaucoup d'Européens, il est un objet de dérision. A l'occasion d'une visite chez un grand marabout du Niger, personnage central du livre, les deux protagonistes de ces lettres engageront un débat sur leurs propres valeurs éthiques, culturelles et spirituelles. Le premier est musulman, adepte soufi, hydraulicien formé à l'anthropologie. Observateur sans concession du second, il est l'auteur des douze lettres, toutes destinées à son maître soufi. Le second, sujet de l'observation, est un coopérant français au Niger pour la Banque Mondiale.

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