• « Portraits de femmes, il pourrait s'agir de cela. De trois générations et de trois femmes, aussi différentes que possible les unes des autres, portant chacune en elle un moment de l'histoire, et qui, loin de s'entraider, se firent longtemps souffrir. » La grand-mère, une beauté de son temps, aimait l'amour et collectionna les amants. La mère, gâtée, trop belle, héroïque, se méfiait des hommes. Entre elles, le héros revenu des combats. Deux femmes se déclarant une guerre infernale, luttant chacune avec ses armes : désir amoureux inassouvi pour la première, sévérité implacable pour l'autre, sa fille. Au coeur de ce champ de bataille, dominé par les pesantes valeurs bourgeoises de l'époque, qui suscitent la frustration et la haine, une petite fille tente de survivre, s'inventant indéfiniment, se créant ses propres paradis.

  • « Je me représente très bien l'époque où les riches répugneront à faire fortune au détriment des pauvres et où ces derniers cesseront d'envier les riches. Même dans le meilleur des mondes, nous ne réussirons pas à supprimer toutes les inégalités, mais nous pouvons et nous devons éviter que les hommes se battent et se détestent. »
    Rabindranath Tagore lui avait donné le nom de Mahatma, la « Grande Âme », sous lequel le monde entier le connut, l'admira ou le détesta. De son enfance choyée au Goujarati, dans une caste de commerçants, à la découverte de Londres à la fin du XIXe siècle, des premières grandes batailles menées en Afrique du Sud contre le racisme, pour défendre les droits des minorités indiennes, jusqu'au retour en Inde et à la conquête de ses foules immenses, l'histoire de Gandhi (1869-1948), palpitante comme un roman, retrace l'une des grandes aventures du XXe siècle.

  • Prudence et passion

    Christine Jordis

    Dans Raison et Sentiments, Jane Austen opposait deux soeurs qui proposaient deux regards sur la vie. Elinor, défendant la modération et la sagesse; Marianne, personnifiant les dangers de l'audace. Au terme de leur affrontement, la première se construisait une vie heureuse; la seconde se résignait à s'ajuster au monde tel qu'il est.
    Christine Jordis, transpose cette matière anglo-saxonne dans la France d'aujourd'hui, dominé, selon elle, par la tyrannie nouvel ordre moral. Elinor, toujours aussi prudente, qui s'appelle désormais Elena, retrouve Marianne, toujours aussi exaltée, lesquelles, lors de discussions enflammées débattent des questions qui les hantent : dans le tumulte ambiant, face aux pressions exercées, quel comportement adopter ? Faut-il s'engager, se replier sur soi, fuir ? Le lecteur fasciné, suit avec beaucoup de tendresse et d'intérêt, des personnages qui, comme tout à chacun, nourrissent des espoirs, font face à des désillusions, aiment, résistent, vivent.

    Janes Austen nous prodiguait une leçon de vie, Christine Jordis, en romancière subtile, la reprend à son compte et nous pose une question: « Veux-tu la vérité ou plaire à un monde qui ment ? »

  • Christine Jordis est habitée par « une faim d'Asie ». Après avoir arpenté de nombreuses terres et cultures asiatiques, de la Birmanie à la Corée en passant par Bali, elle part découvrir le Japon au printemps 2018, un pays dont elle rêvait depuis longtemps. Elle décrit ici l'émerveillement de cette première fois autour de Kyoto, la découverte des jardins secs ou fleuris, des temples, des rues, d'une montagne...
    Comme guide d'ouverture, elle a choisi l'une des figures les plus vénérées du Japon, dont on ne sait presque rien en France : le moine Kukai (Kobo Daishi) 774-835, fondateur de l'école du bouddhisme Shingon. Sa vie est un roman : celui d'un homme de haute spiritualité, mais aussi d'un grand voyageur, d'un bâtisseur, d'un philosophe aux textes vibrants qui fut un ami de l'empereur.
    L'auteur suit Kukai à Koya-san, un site exceptionnel qui garde vivante la présence de son fondateur, puis nous fait pénétrer dans les temples du Daitoku-ji ou du To-ji.
    D'autres présences inspirent et accompagnent le voyage, Claudel, Barthes et Nicolas Bouvier, ou ce musicien qui entend le message de pierres...
    Un pas vers le moins, autrement dit : un pas pour mieux comprendre l'énigmatique Japon.

  • Bali, Java, en rêvant

    Christine Jordis

    «Au XIXe siècle, on évoquait volontiers "le mirage de l'Orient", crainte et fascination mêlées, fastes inouïs et cruauté sans pareil, et la jungle où rôdaient des forces incontrôlables, celles de l'instinct à l'état pur.
    Je ne sais si cette idée de l'Orient s'est inscrite dans ma mémoire au fil de mes lectures, mais le seul mot de Java, ou celui de Bali, agit sur une zone de mon esprit, qu'on pourrait appeler goût de l'évasion ou besoin de l'ailleurs, à la façon d'un puissant stimulus. Java, Bali, c'est bien plus qu'un voyage ou un pays à découvrir : un départ dans l'imaginaire, une incursion en terre de poésie.» Fuyant les parcours balisés, Christine Jordis, en écrivain à la fois précis et lyrique, nous entraîne de découverte en découverte au coeur des îles indonésiennes.

  • Du coeur de la forêt de Sherwood à l'Angleterre victorienne de Trollope, en relisant Emily Brontë et Virginia Woolf, l'auteur nous convie à un voyage fascinant et inédit. Dans les pas de cette voyageuse passionnée, nous parcourons les chemins et les mythes anglais, de Londres à Manchester, de Margaret Thatcher à Lady Di, à la découverte d'une île singulière et éternelle.

  • « La vieillesse », dit-on, comme s'il n'y en avait qu'une ! En réalité, il y en a plusieurs. À chacun de trouver la sienne. Mais la société a posé un chiffre sur vous, comme un dossard sur le dos d'un coureur. Le chiffre fait loi.
    Vous l'atteignez : vous voilà dans une case ou dans une cage...
    Rassurez-vous, tout n'est pas perdu. Vous constituez un marché rentable.
    On va s'occuper de vous. Vous choyer. Vous solliciter. Les profiteurs sont maintenant lancés à vos trousses, prêts à tout pour vous convaincre et vous vendre leur camelote. Vous voilà prisonniers de l'idéologie ambiante, fin prêts pour la consommation.
    Mais le droit à la désobéissance existe. Alors, laissez-là les pièges et les mensonges de la société. Prenez la clé des champs. Vivez votre âge comme vous l'entendez. Non comme une course après la jeunesse qui s'enfuit, mais comme l'apprentissage d'une nouvelle aventure et la poursuite de votre voyage intérieur. En lisant, en rêvant, en vous promenant dans la compagnie des sages.

  • Ce livre, composé à partir d'articles, de portraits et entretiens, de rencontres avec des écrivains, vise à dessiner une histoire du roman anglais de ce siècle tel qu'il apparaît à travers vingt ans de traductions.
    Chemin faisant, des questions ont surgi : quelles oeuvres classiques sont encore publiées en France ? Quels ouvrages délaissés redécouverts ? Et quels auteurs récents sont-ils traduits et appréciés, tandis que d'autres, portés aux nues dans leur pays d'origine, sont négligés dans le nôtre ? Dans ce livre, écrit avec l'aisance que donnent des affinités et des passions longuement cultivées, tous les horizons se rejoignent : des grands modernes du début du siècle, quand l'Angleterre occupait encore une position centrale, à V.
    S. Naipaul ou Salman Rushdie aujourd'hui.

  • C'est une histoire vraie. Celle d'un homme en quête de vérité. Guerrier dans le désert du Djebel Druze en Syrie, héros de la bataille du mont Cassin, homme d'affaires ou encore journaliste, il a expérimenté des vies multiples avant de tout quitter pour aller vivre au pôle Nord avec les Eskimos inuits.

    Le portrait d'un des derniers aventuriers, l'histoire d'un destin mêlé de près aux grandes heures du XXe siècle.

  • Un lien étroit

    Christine Jordis

    "je ne me suis pas dit: c'est l'homme de ma vie, mais simplement: voici quelqu'un avec qui j'aimerais vivre.
    " a londres, dans les années 1970, la narratrice rencontre paul, qui deviendra son premier mari. cet homme entier se révèle extraordinairement possessif. étouffée, elle s'interroge: comment préserver sa liberté intérieure quand le conjoint vit sa passion dans une volonté de fusion?.

  • La chambre blanche

    Christine Jordis

    Camille meurt dans un accident. Elle vivait seule et heureuse, porteuse d'un secret : une passion traversée vingt ans plus tôt, dont elle a consigné les élans et les heurts dans un manuscrit. Encore brûlantes, ces pages dévoilent le théâtre des sentiments, la « chambre blanche », où les corps se rencontraient, se célébraient et se consumaient.

  • « Je me suis longtemps demandé pourquoi certaines personnalités exerçaient sur nous une fascination sans fin. Emily Brontë, Rimbaud, T.E. Lawrence, Charles de Foucauld. pour citer pêle-mêle quelques-uns de ces personnages en apparence les plus opposés. Puis je compris qu'ils se ressemblaient. Les liait une expérience intérieure si profonde qu'une vie entière ils y restèrent fixés.
    Foucauld, Lawrence, deux hommes que rapprochent une époque, l'aventure, la guerre, le désert, le renoncement. Tous deux partis vers des terres inconnues et des royaumes sans roi : Charles de Foucauld se rendit dans le désert et y rencontra Dieu ; T.E. Lawrence, s'il n'arriva pas à la même conclusion, ressentit lui aussi l'appel de cette terre sans bornes. Le désert, où trouver l'extrême, l'héroïsme, une autre existence où entendre dans la solitude "le verbe vivant" que l'on porte avec soi.
    Saints et héros, selon certains, espions de haut vol selon d'autres, une démarche essentielle relie ces chercheurs d'absolu, si différents soient-ils. Le goût de l'excès, peut-être, et la volonté de fuir la société ? Certain désir de s'écarter de la vie ordinaire, de "vivre à hauteur de mort" ? » Christine Jordis.

  • Son domaine, c'était l'écriture, il en inventa d'ailleurs une : à la fois peinture et poésie. Mais il fut aussi ministre du roi, inspecteur royal secret, directeur de la grande université confucéenne, jusqu'à ce jour de 1840 où il est envoyé en exil sur l'île de Jeju.
    Tout fascine dans la vie de Kim Jeong-hui : sa pensée, son art, la façon dont il sait lier action et contemplation, sa sérénité absolue atteinte au travers d'une vie déchirée. « C'est tout cela, écrit Christine Jordis, qui m'a décidée à entamer ce voyage intérieur et à enquêter sur l'art et la sagesse de celui qui est considéré comme le plus grand calligraphe de son époque. Qu'il ait vécu en un temps si lointain, en une partie du monde si éloignée de la nôtre, ne me fut pas un obstacle. Bien au contraire. Les valeurs auxquelles il adhérait dans la Corée confucéenne - écoute de l'autre, sens des responsabilités -, pourraient bien s'imposer comme un contrepoids nécessaire à la brutalité d'une époque, la nôtre, qui a perdu ses repères. »

  • Depuis de nombreuses années, Christine Jordis se rend en Asie.
    Après un livre consacré à l'Indonésie, elle décrit ici un pays déchiré par des luttes intestines et dévasté par la dictature, mais qui, mieux que la plupart de ses voisins d'Asie du Sud-Est, a su conserver sa culture et ses traditions. Une force que les Birmans doivent au bouddhisme, selon Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la paix. Face à la dignité de ce peuple, l'auteur s'interroge sur notre société et ses failles, sur certaine arrogance occidentale qui juge l'Autre selon ses valeurs propres.
    Au rythme lent de la descente du fleuve Irrawady, sur des routes sinueuses de montagne ou dans les mines de rubis de Mogok, elle se familiarise avec les beautés de ce pays, tout en restant attentive aux témoignages qui dénoncent la souffrance et l'oppression; ce livre a aussi pour but de les transmettre. Dans la paix des temples, elle tente d'approcher et de saisir " ce quelque chose de merveilleux que nous n'avons même pas encore commencé de comprendre...
    ". La traversée difficile des siècle se recompose sous nos yeux, nous éclairant sur les méfiats de la colonisation et sur les événements récents de notre propre histoire. Des cartes et des croquis pris sur le vif et retravaillés par Sacha Jordis permettent au lecteur-voyageur d'accompagner cette réflexion esthétique et politique.

    Sur commande
  • De tout temps les femmes en Angleterre ont occupé le devant de la scène littéraire. Cependant, devant le nombre et la qualité des oeuvres produites aujourd'hui, on peut parler d'une prédominance de la littérature "féminine".

    Parmi les traits communs qui ressortent, la méchanceté est une constante. Pourquoi la méchanceté ? A tous les âges, les femmes ont souffert d'une domination qui leur a inspiré l'idée d'une compensation. Dans le roman, se sont déployées ces forces obscures qui jouaient à leur détriment dans la réalité.

    La méchanceté apparaît donc comme l'exutoire aux forces niées ou réprimées dans la vie quotidienne ; elle est liée à la frustration, son caractère varie selon le contexte historique, social et religieux. Exacerbée chez les romancières qu'influence le victoriansime, période de répression intense des instincts, elle n'a pas les mêmes accents chez celles qui ont su pratiquer une brèche dans le mur du réel ou qui vivent en des temps plus émancipés.

    Premier ouvrage à envisager dans une perspective globale une étonnante éclosion de romancières, cette étude, brillante et personnelle, est destinée aux spécialistes, aux étudiants, aux amoureux nombreux de cette littérature. Elle comporte une abondante bibliographie des oeuvres mentionnées et de leurs traductions en français.

    Sur commande
  • Avec pour bagage ses lectures et sa curiosité, Christine Jordis remonte la carte de l'Angleterre et le cours du temps. Elle part à la découverte de l'île, qui, pour être connue, n'en demeure pas moins étrange aux yeux de ceux du continent tant dans ses goûts, ses penchants que dans ses interdits. Du Sud pastoral au Nord industrialisé, la voyageuse est frappée par le contraste si profondément inscrit dans le paysage qu'il constitue à ses yeux le fondement de cette insaisissable "anglicité". Au rythme de sa rêverie, des prairies du Sussex aux collines du Yorkshire, de cottages en châteaux, elle capte l'esprit qui se dégage des lieux et que fixe une couleur : le vert. Une nature idyllique trompeuse lorsqu'elle est confrontée aux villes du Nord, Sheffield, Bradford, Birmingham, où la révolution industrielle a laissé ses cicatrices. Car il y a le Sud et le Nord, deux Angleterre, comme il y a deux nations formées par les riches et les pauvres, à laquelle est venue s'ajouter une troisième : celle des exclus où figurent en bonne place les immigrés de fraîche date. Et bien sûr, en érudite elle évoque les sites anciens, les rites mystérieux de l'Angleterre - Glastonbury et Stonehenge, hauts lieux des mythes celtiques -, s'attarde à Londres auprès de ses "tribus" changeantes, ses marginaux; elle croise, semble -t-il, dans leur cadre propre, Emily Brontë, Wordsworth, Coleridge, Jane Austen, Thomas Hardy, Blake ou Edmund Burke...
    Des compagnons de toujours.

    Sur commande
  • Jean rhys, née ella gwendoline rees williams, est pour bien des lecteurs, en france et dans le monde, un écrivain-culte. sa sincérité conquiert, sa ténacité étonne. tenue pour morte pendant près de trente ans, redécouverte avec la parution de son dernier livre, un chef-d'oeuvre (la prisonnière des sargasses, 1966), elle eut une vie de misère et d'errance.
    En 1939, après avoir publié cinq ouvrages, jean rhys disparaissait de la scène littéraire. elle n'écrira plus que quelques nouvelles et un roman, retour hanté aux lieux de son enfance (dans les antilles anglaises), sur lequel elle s'acharna pendant dix ans. a soixante-dix ans passés, elle connut enfin une gloire dont elle fit peu de cas.
    De rive gauche (1927), bonjour, minuit (1939), jean rhys poursuit une longue confession tout entière rassemblée autour d'un sentiment de vide et de solitude. anna, sasha, mariaà sont autant de versions d'elle-même. nulle part la situation d'échec où elles vivent n'est aussi fortement ressentie que dans le rapport homme-femme qui est le thème le plus constant de cette oeuvre. le secret de la vie ne serait-il pas, comme jean rhys a la tentation de conclure, "de ne jamais s'engager trop loin, ni trop profondément" ?
    Christine jordis revient sur ce destin unique dont elle analyse très subtilement les contradictions et l'itinéraire secret. elle insiste sur les échos qu'éveille en elle, comme en chaque lecteur, cette oeuvre lucide qui décrit avec intensité la difficulté d'être, les faiblesses de la passion et l'obstination de l'amour. en arrière-fond, la nostalgie pour un éden perdu, les îles lointaines des west indies.

  • Un soir de novembre 1757, au-dessus d'une échoppe de bonnetier, naît à Londres, William Blake. D'aucuns pensent que l'Humanité est alors à la fin d'une époque et qu'il lui faut entamer un nouveau cycle. Cette renaissance, Blake en sera le prophète. Pour retrouver la joie que nous portons en nous, dit-il, il suffit de nettoyer les fenêtres de la perception. Ayant vu Dieu à huit ans, puis un arbre « rempli d'anges », on le croit fou. Il dessine, peint, grave, écrit de longs poèmes prophétiques. C'est à l'intensité de sa vision qu'on doit ses gravures hallucinées, ses teintes d'un autre monde, ses apocalypses décrivant la détresse et la terreur de son temps. Blake était un révolutionnaire qui voulait bannir l'injustice et promouvoir l'égalité. Mais sa vision s'étend bien au-delà d'un horizon politique borné par des politiciens qu'il méprise. Il est un des premiers à dénoncer un système : celui mis en place par la soif de profit. A l'argent-roi, devenu le but unique de l'existence, il oppose l'esprit, c'est-à-dire la poésie et l'art. Bien entendu, il eut toute son époque contre lui : critiques en colère, public absent, échecs répétés, accusations virulentes, insultes. Condamné à la solitude et à la pauvreté, il n'en continua pas moins de poursuivre son chemin. Christine Jordis le suit pas à pas, jusqu'à nous, et en fait notre contemporain.

  • Le paysage et l'amour, envisagés comme « le moyen par lequel un sujet pensant peut croire s'unir matériellement au monde », ont des pouvoirs qui se rejoignent : l'homme par leur entremise est « replongé dans ses eaux profondes, réaccordé magiquement aux forces de la terre ».De ce pouvoir, toute la littérature anglaise témoigne, qui, plus qu'une autre, inscrit le destin de l'homme dans le paysage. Une faille la parcourt, délimitant l'espace civilisé et l'espace sauvage. Ainsi se dessine l'opposition entre l'enfermement et la liberté, entre la contrainte exercée sur les instincts et l'affirmation du désir, entre une existence de surface et la vie essentielle, irréductible. Il suffit de penser, dans Les Hauts de Hurlevent, à la lande sauvage où Catherine Earnshaw vit sa passion puis sa mort, et au manoir de la Grive où habite Edgar Linton parmi les raffinements et les séductions de la richesse ; à Edgon Heath, dans Le Retour au pays natal de Thomas Hardy, la lande balayée par les pluies et les vents où vient mourir Eustacia, qui, telle Madame Bovary, rêvait du luxe et de la ville...Voici que resurgit, dans l'espace où se lit l'intégration ou au contraire le malaise des hommes, l'éternelle question posée par la société qui est celle de l'expression, ou de la répression, d'une violence première. Cette énergie fondamentale - qui règne dans l'enfance et que tout, par la suite, concourt à réduire et à discipliner -, il s'agira, au contact de la nature, comme dans l'union amoureuse, de la préserver, de la retrouver.

    Sur commande
empty