• La femme qui raconte habite les hautes collines marseillaises, entre les étangs et la mer. Elle part un matin d'une branche du Rhône et traverse l'Eurasie. Elle part avant que les Grecs n'arrivent ; leurs références et celles des textes d'Orient lui sont étrangères : son monde est celtique. Elle surgit de la mémoire orale, utilise des références vécues et nomme les choses à sa manière. Elle dit « je » et nous propulse dans l'épaisseur d'un temps disparu, entre préhistoire et histoire. Deux mille sept cent soixante cinq années seulement nous séparent d'elle.

  • Parce qu'ici s'achève le cycle des Récits d'hospitalité, histoire de Marseille vue du nord. Reste à raconter les douze marches mensuelles incorporées à l'année Capitale européenne de la culture Marseille-Provence 2013, passage secret trouvé pour remonter au présent, pour transmettre l'hospitalité reçue et les savoirs accumulés. Faire un livre comme on marche dans un quartier, voici l'enjeu de ce dernier. Parce que vous avez parfois été choqués de m'entendre dire «petits fronts de guerre sociale» pour condenser l'injustice que traversent ainsi marches et hospitalité. Parce qu'un jour de 1940, dans la tradition des opprimés, le philosophe Walter Benjamin est revenu sur la rue de Lyon pour taguer : «Il n'est aucun document de culture qui ne soit aussi document de barbarie». Ce jour-là, tous les réservoirs de documents, tous les musées, sont d'un coup devenus muets.

  • Fiction documentée sur la signification du geste de voter, appliquée au cas marseillais lors des élections municipales 2020.

  • Ce 8e numéro de la collection exos poursuit la réflexion amorcée dans le n° 3 : il est, comme lui, consacré aux enjeux européens, économiques et sociaux qui bousculent l'héritage muséal.
    Notre association considérait déjà que la survie du patrimoine ne pouvait être assurée sans y associer étroitement toutes les couches de la société. aujourd'hui, la convention-cadre du conseil de l'europe consacrée à " la valeur du patrimoine culturel pour la société ", apporte les textes de "droit au patrimoine" dont nous avons besoin. cette convention publiée en octobre 2005 à faro n'est toujours pas ratifiée par l'état français.
    Nous nous proposons d'en assurer une ratification citoyenne en l'appliquant et en la diffusant largement. la thématique proposée en titre se situe là ; elle apporte une contribution, ciblée sur la notion de valeur, dans le débat associatif et démocratique.

  • Le livre de Christine Breton et Sylvain Maestraggi retrace le séjour des philosophes allemands Walter Benjamin, Ernst Bloch et Siegfried Kracauer à Marseille en septembre 1926, à l'occasion de la publication d'un article d'Ernst Bloch dans la revue "Les Cahiers du Sud". Il est conçu en deux parties : d'un côté, un conte urbain, récit de l'événement par Christine Breton, conservateur honoraire du patrimoine et historienne de l'art ; de l'autre, un corpus de leurs correspondances (notamment avec Marcel Brion et Jean Ballard) et de textes inédits ou nouvellement traduits, réunis et commentés par Sylvain Maestraggi, philosophe, éditeur et photographe. Au centre, un cahier de photographies, Marseille, telle que l'ont vue les trois auteurs... Comment ce qu'ils ont découvert à Marseille a-t-il été déterminant dans l'évolution des oeuvres et dans l'écriture des trois penseurs ?

  • Les deux auteurs font le récit de l'arrivée de leurs parents, en Algérie pour l'une, en France pour l'autre, et inscrivent l'histoire intime dans l'histoire des migrations : «Voici le grand fond d'or de l'enfance qui se déploie. Voici nos deux récits écrits d'un bord à l'autre du livre. Voici comment nos pères et nos mères sont passés de chaque côté de l'Algérie. Voici l'instant unique et fondateur de nos paysages... Ne cherche pas un dialogue ! Tu trouveras alors derrière Romilla le fond de nos splendeurs.»

  • Les Récits d'hospitalité de Christine Breton, renversent le point de vue sur la ville et prennent pour centre l'ensemble des quartiers septentrionaux de Marseille. Ils viennent de sa longue expérience d'une mission expérimentale créée en 1995 sur le territoire du Grand Projet Urbain où elle a été nommée pour y appliquer les principes européens de patrimoine intégré (coordination et création de réseaux avec la société civile ; recherches et suivi scientifique avec les habitants et les professionnels du patrimoine ; coordination avec l'autorité scientifique, le Conseil de l'Europe et diffusion des textes comme la convention de Faro ; coproduction d'événements et de balades patrimoniales...) L'histoire de Marseille commence au temps des mammouths...

  • Depuis le n° 1, nous voyons se dessiner, dans la perte, des formes de «marseilles» : cette fois, c'est un oratoire médiéval qui disparaît. Cette petite construction, qui cristallise le temps et l'espace d'une communauté, n'apparaît que dans les textes : a-t-elle seulement existé ? Pourquoi faire construire de telles architectures ? Que se passe-t-il dans l'épaisseur de sept cents ans d'écrits? Peu de sources sûres pourront nous répondre ; en revanche, beaucoup d'hypothèses plausibles surgissent dans le rapport créé entre l'oratoire, signe du sacré, et le territoire du diocèse, étendue politique. Dans ce quatrième opus, l'écriture nous rencontre et nous balançons sans cesse entre la vérité, la fiction (et la vérité de la fiction !) et le mensonge suivi de son cortège de violences.

  • Du sommet aux piémonts de l'Etoile qui dominent le nord de Marseille, les attitudes de la limite, vécues avant nous dans les Déserts de Palestine ou d'Egypte, se transmettent et nous enseignent. Quel goût laissent-elles dans nos contraintes et rêveries urbaines actuelles ? Le troisième récit d'hospitalité se laisse embarquer dans les lointains marseillais et continue d'interroger les modèles importés qui fondent la ville d'aujourd'hui.

  • Le sixième point de vue des Récits est tout entier absorbé dans le désastre, la violence d'une disparition : celle du travail. Comme dans les numéros précédents, la recherche des traces de ce grand pan du contrat social fait se rencontrer des récits issus d'alternatives collectives.

  • Alors que la politique des musées tend plutôt à aplanir les tensions des sociétés d'aujourd'hui, la session 2007 des Entretiens de Peyresq avait ouvert une réflexion pionnière sur la dimension conflictuelle du patrimoine, générant des débats de fond qui imposaient d'approfondir la thématique.
    Sous forme d'une journée d'études "sur le terrain" (Marseille, 3 avril 2008), les deux conservateurs du patrimoine à l'initiative de ce séminaire, Christine Breton (programme européen du patrimoine intégré de la Ville de Marseille) et Mireille Jacotin (Musée des civilisations de l'Europe et de la Méditerranée, Marseille) ont donc proposé un chapitre 2 visant à mettre plus particulièrement au jour la valeur (économique et symbolique) conflictuelle du patrimoine.
    Sur le site choisi pour cette application concrète - le "vallon des Carmes" aux Aygalades -, les conflits culturels, mémoriels et patrimoniaux furent inventoriés au cours d'une marche avec les habitants avant de faire l'objet de débats plus complexes conduits par Altan Gokalp (anthropologue, directeur de recherche au CNRS) et Gabi Dolff-Bonekämper (historienne de l'art, professeur à l'Institut de planification urbaine et régionale de l'université technique de Berlin et experte auprès du Conseil de l'Europe).
    Autour des notions d'altérité et de mémoire partagée, de ville interculturelle, de durabilité et de valeur conflictuelle du patrimoine, le 3 avril 2008 expérimentait ainsi un processus qui devrait poser un jalon dans le nouveau musée démocratique européen dont il reste à inventer les formes.

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