• Cette introduction aux philosophies de la politique analyse les réponses aux grandes questions qui sont posées aux corps politiques, et qui sont abordées l'une après l'autre dans chacun des chapitres : Quelle unité de la cité ? Quelle place pour le religieux ? Faut-il fonder l'État sur une nature humaine ? Comment lier politique et histoire ? Tout est-il politique ?
    Les réponses mettent l'accent sur les clivages, les tensions entre les philosophies. Bien qu'elles soient apparues à des époques et dans des contextes différents, elles continuent à éclairer les interrogations majeures du monde contemporain.

  • En dégageant les grandes lignes d'une histoire de la philosophie occidentale, cet ouvrage permet à un large public de s'orienter, d'interroger des concepts portés par la tradition philosophique et de réfléchir par lui-même aux questions de fond concernant le monde contemporain. Une synthèse ambitieuse et brillante.
    Comment s'orienter dans l'histoire de la philosophie ? Qui dit quoi ? Quelles catégories organisent les discours ? De quelle manière la philosophie a-t-elle conquis son autonomie par rapport aux pouvoirs politiques et religieux ? De quelles institutions dispose-t-elle ? Quel écho donne-t-elle des activités sociales ? Cet ouvrage permet de s'orienter au sein de l'histoire de la philosophie ; il présente les principaux philosophes comme les systèmes majeurs soumis à discussion, de l'Antiquité à nos jours. À ce panorama, l'auteur associe une réflexion sur la philosophie européenne (occidentale), montrant comment elle se rapporte à d'autres philosophies (issues de Chine, d'Inde, des pays d'islam) et s'en distingue : quels axes elle privilégie (l'être, le principe, la causalité, la vérité), comment la traduction des textes en provenance d'autres cultures lui est indispensable et pourquoi l'Europe ne peut plus, de nos jours, résumer toute la philosophie.


  • Christian Ruby propose, sous la forme originale de l'abécédaire, un ouvrage questionnant les notions d'art et de culture dans une approche historique, ouverte et dynamique.
    Loin de se contenter d'apposer des définitions figées aux concepts qui jalonnent les arts et la culture, il entreprend un voyage au long cours à travers l'histoire des idées (la philosophie grecque, les Lumières, l'ethnologie, la sociologie contemporaine...) et aborde le sujet dans toutes ses dimensions : philosophique, sociologique, anthropologique, politique.
    Les références bibliographiques qui complètent chaque définition permettent au lecteur de se constituer une « bibliothèque idéale » sur la culture qui peut s'avérer très utile à quiconque entreprend des recherches sur le sujet.
    Au final, à l'inverse de l'approche cultivée et eurocentrée entretenue par un monde professionnel parfois replié sur lui-même, Christian Ruby invite les lecteurs à penser les arts et la culture en termes dynamiques d'exercice pour qu'ils nourrissent leur trajectoire personnelle de citoyen, pour qu'ils s'interrogent sur la question de l'émancipation.


  • Qu'est-ce qu'un spectateur ? Naît-on spectateur ? Quel spectateur devient-on face à une oeuvre d'art ou un spectacle ? Catégorisé dans les études, sollicité par les publicitaires, compté par les subventionneurs, le spectateur est resté trop longtemps un objet de pensée secondaire.


    Auteur de plusieurs ouvrages sur un sujet dont il est l'un des penseurs les plus accomplis, Christian Ruby établit ici une théorie du spectateur, philosophique et politique. Il déconstruit le préjugé selon lequel on serait spectateur « par nature ». Le concept lui-même est d'ailleurs daté et contextualisé : l'Occident moderne et contemporain ; cette figure est absente des cultures extra-européennes ou a été importée sous la colonisation.


    /> En prouvant que le concept de spectateur est historique et non « naturel », Christian Ruby met à mal un certain nombre d'évidences : des manières de faire normatives, une hiérarchie des spectateurs dans la hiérarchie des arts...


    Nous sommes désormais passés de la tradition classique du face-à-face silencieux avec l'oeuvre, du jugement de goût et d'une démocratie rêvant d'unité-homogénéité, à un spectateur contemporain regardeur (selon Marcel Duchamp), participant, activateur, déambulateur, impliqué, etc., au nom de la démocratie pensée autrement. Voilà qui incite chacun à s'interroger : Comment l'oeuvre me fait-elle spectateur et quel spectateur me fait-elle être ? Quel spectateur veux-je devenir ?

  • Conçue pour les lycéens, les étudiants préparant le DEUG ou les concours des grandes Écoles, la collection « Philosopher » s'organise autour des notions, des doctrines et des auteurs de cette discipline singulière qu'est la philosophie. « La fonction de penser ne se délègue point » disait Alain. Si philosopher, c'est s'interroger sur le sens des mots et des choses, cette collection est une invitation à l'effort de chacun pour penser par soi-même. À la fois essai et cours rédigé, chaque titre est un auxiliaire précieux pour l'exercice difficile de la dissertation.

  • La place du spectateur serait-elle devenue floue et précaire du fait des implications de l'art contemporain et de l'omniprésence des industries et de la consommation culturelles ? N'existerait-il donc qu'un seul modèle de spectateur, désormais perdu, maintenu seulement chez quelques nostalgiques ? 
    Répondre à de telles questions n'est possible que si on clarifie d'abord quels sont les modèles de spectateur, longtemps dominants, à partir desquels nous jugeons le présent. Et si on se demande dans quelle mesure l'art contemporain les oblige à se modifier. 
    Cette clarification est entreprise dans cet ouvrage qui présente les linéaments d'une histoire culturelle et philosophique du spectateur du XVIIIe siècle à nos jours. Il s'attelle d'abord à la question de savoir comment et avec quelles implications les philosophes européens ont participé à l'édification de la figure classique du spectateur des oeuvres culturelles. Il rend ainsi compte de la manière dont un certain nombre de philosophes ont élaboré et légitimé les canons et les convenances correspondant à l'attitude souhaitable du spectateur face à ce qu'ils ont décidé de nommer Art. Dans un deuxième temps, il explore la manière dont d'autres philosophes ont déstructuré cette figure, à partir des mutations imposées par l'art des avant-gardes. Il rend compte de la figure du regardeur moderne. Enfin l'ouvrage examine la manière dont nous pouvons nous situer philosophiquement par rapport à ces figures classique et moderne du spectateur, en prenant pour point d'appui l'art contemporain. 
    Cette histoire culturelle et philosophique du spectateur, dans le cadre européen, nous enseigne au moins ceci : nul n'est spectateur en soi. On devient spectateur en rapport avec des oeuvres, et la configuration que l'on prend peut changer. Ce que nous montrent finalement les philosophes, c'est que devenir spectateur ne suppose ni un don du ciel, ni un don de la nature, une formation doit être mise en oeuvre. Mais plusieurs modèles de formation sont possibles et les différents formations peuvent entrer en polémiques les unes avec les autres faisant droit à une communauté esthétique éclatée et conflictuelle et à une histoire du sensible portée et transformée autant par les spectateurs que par les oeuvres d'art. Christian Ruby, docteur en philosophie est l'auteur de nombreux ouvrages : L'interruption, Jacques Rancière et la politique, Paris, La Fabrique, 2009 ; Devenir contemporain ? La couleur du temps au prisme de l'art, Paris, Editions Le Félin, 2007 ; L'âge du public et du spectateur, Essai sur les dispositions esthétiques et politiques du public moderne, Bruxelles, La Lettre volée, 2006 ; Schiller ou l'esthétique culturelle. Apostille aux Nouvelles lettres sur l'éducation esthétique de l'homme, Bruxelles, La Lettre volée, 2006 ; Nouvelles Lettres sur l'éducation esthétique de l'homme, Bruxelles, La Lettre volée, 2005.

  • J'ai découvert Christian Ruby en lisant en 2002 Les résistances à l'art contemporain publié aux éditions Labor. Explorant les enjeux de l'art à partir de la question du spectateur, Christian Ruby explique déjà que le rapport à l'oeuvre contemporaine est une confrontation corporelle, une polémique sociale et un exercice esthétique.
    Triple exigence donc : immanence du regardeur, enjeu politique et « exercice » à comprendre comme pratique philosophique, engageant, par ailleurs, les deux précédents aspects. C'est ce mouvement général qui caractérise la pensée de ce philosophe qui ne cesse de penser notre contemporain, notre devenir contemporain, notre rapport aux oeuvres d'art... et donc notre rapport au monde (Voir Devenir contemporain ? La couleur du temps au prisme de l'art, paru aux éditions du Félin en 2007). S'il relit Schiller, c'est pour penser notre rapport à la culture et à l'esthétique d'aujourd'hui (voir ses Nouvelles lettres sur l'éducation esthétique de l'homme publiées à La Lettre volée en 2007, ainsi que son Apostille). S'il s'intéresse aux questions du public et du spectateur, ce n'est pas seulement pour en montrer le fonctionnement, c'est également pour souligner les déplacements d'enjeux et rappeler le coeur politique et social de toute pensée du spectateur, de toute proposition d'éducation esthétique (Voir L'âge du public et du spectateur, Essai sur les dispositions esthétiques et politiques du public moderne paru à La Lettre volée en 2006).
    Bref, à rebours de la généralisation des pratiques culturelles actuelles qui chiffrent leur efficacité, Christian Ruby propose une pensée critique. Pour publie.net, Christian Ruby vient fait état de son chantier de travail du moment, l'état de sa recherche, les pistes ouvertes, les perspectives à venir. Ses « Notes sur le travail du spectateur et le sur spectateur au travail de soi » s'articulent à l'ensemble de sa réflexion qui propose de penser le rapport du spectateur aux arts en affirmant la nécessité d'une distance critique et d'une conscience politique et sociale.
    On attend également avec impatience son prochain livre L'interruption, Jacques Rancière et la politique à paraître début 2009 aux éditions de La Fabrique.

    SR

    Bibliographie
    Christian Ruby, docteur en philosophie, enseignant (Paris). Derniers ouvrages publiés : Devenir contemporain ? La couleur du temps au prisme de l'art, Paris, Editions Le Félin, 2007 ; L'âge du public et du spectateur, Essai sur les dispositions esthétiques et politiques du public moderne, Bruxelles, La Lettre volée, 2006 ; Schiller ou l'esthétique culturelle. Apostille aux Nouvelles lettres sur l'éducation esthétique de l'homme, Bruxelles, La Lettre volée, 2006 ; Nouvelles Lettres sur l'éducation esthétique de l'homme, Bruxelles, La Lettre volée, 2005.

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