• Le socialisme sauvage

    Charles Reeve

    Désastre généralisé et crise de la représentation nous incitent à penser au présent le vieux principe de la démocratie directe, qui prit forme en 1789, traversa les époques révolutionnaires, pour se trouver à nouveau dans les mouvements de contestation. Le principe d'autogouvernement s'y est toujours heurté aux principes autoritaires de représentation permanente.
    Les soviets des révolutions russes et les conseils de la révolution allemande des années 1920 ont été deux expressions puissantes de cette promesse pour l'avenir, et se trouvent au coeur des réflexions développées dans ce livre. Car si le dénouement de la révolution russe a glacé pour un siècle le mouvement ouvrier, liant l'idée de socialisme à celle du totalitarisme de parti unique, l'expérience, courte mais riche, de la révolution allemande s'est révélée proche des mouvements contemporains, de Mai 68 au mouvement assembléiste du 15M en Espagne, en passant par Occupy aux États-Unis et par les Printemps arabes. Les courants spontanés, autonomes et émancipateurs des mouvements sociaux ont toujours été rejetés par les chefs du socialisme avantgardiste et qualifiés de « sauvages », car leur échappant.
    Même s'il n'est pas stricto sensu une histoire du mouvement socialiste, ce livre en revisite de grands moments. Il les étudie et les discute à travers le prisme de conceptions hérétiques et « sauvages », et garde à l'esprit la perspective de l'émancipation, encore et toujours.

  • Charles Reeve analyse les relations entre les groupes gauchistes portugais et le Mouvement des forces armées (M. F. A.) qui ont débouché en novembre 1975 sur une tentative de prise de l'appareil d'État par l'institution militaire.

    Pour lui, ce qu'il voit comme un dévoiement de la lutte autonome du prolétariat, qui se déroulait sur le terrain de la production, se retourna contre celui-ci, bien plus frappé par la répression qui suivit cette tentative que les officiers et les groupes politiques qui en étaient les auteurs.

    Si le mouvement gauchiste fut pour lui un facteur déterminant du mouvement social, les groupes gauchistes, acquis à des schémas léninistes d'alliances destinés à les faire accéder au pouvoir d'État, se sont détournés des perspectives de développement du mouvement social sur ses bases propres de démocratie directe et de construction d'organisations de base.

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  • On sait que, craignant la contagion des soulèvements arabes, la très active et très paranoïaque censure chinoise a interdit sur les moteurs de recherche locaux les mots "Tunisie", "Egypte" et même "jasmin", après "Tibet" et "droits de l'homme"...
    Comme tout finit par se savoir en ce cybermonde, nous avons eu accès en quelques clics à un document officiel chinois, aussi confidentiel qu'instructif : une liste établie par la police de l'Internet et répertoriant par avance les vocables à censurer dans l'espace électronique dès les premiers balbutiements d'une révolte redoutée. C'est un extrait de cet inventaire des mots faisant peur au pouvoir chinois que nous publions ici.
    Afin de dissiper quelque peu les ténèbres qui couvrent la situation sociale en Chine, nous avons simplement ajouté nos propres commentaires aux nébuleuses raisons alléguées par les cyberflics. Car, nul n'en peut plus douter, des troubles d'une ampleur inédite menacent le fameux "socialisme de marché" et pourraient avoir sur la marche de l'économie mondiale, déjà bien boiteuse, des effets d'une ampleur phénoménale.

  • Le spectacle du sécuritaire s'adresse en priorité aux « citoyens », cette construction sociale abstraite qui donne l'illusion aux « gens » qu'ils ne sont plus exploités comme salariés mais respectés comme individus. La peur est d'abord orchestrée à leur usage. Profondément ressentie par l'ensemble des citoyens, ce qu'on pourrait appeler le « syndrome de Godzilla » (en référence à ce film hollywoodien d'avant les attentats du 11-Septembre où un monstre ravageait New York), structure la vie sociale au son des sirènes hurlantes et des bruits policiers (la peur de l'Autre, du Barbare, du Fou, du Terroriste). Tous contre Godzilla ! tel est le mot d'ordre pour rappeler à chaque instant aux citoyens angoissés la direction de la vie normée. En revanche, la peur du « sans-abrisme », de la précarité, de la vie atrophiée par la perte du travail ou du logement, est à chaque fois rendue invisible par la peur citoyenne dans laquelle elle est amalgamée. L'ordre policier semble le bon remède, mais un remède qui ne permet que de vivre avec la peur.
    Pourtant, à chaque fois que des luttes collectives esquissent des perspectives de rupture sociale et dépassent un certain seuil de « dangerosité », le syndrome de Godzilla recule, la peur s'inverse. Une nouvelle force sociale apparaît, autrement plus intimidante : c'est désormais le « syndrome des classes dangereuses » qui bouscule le paysage social et l'imaginaire des classes dirigeantes. La peur ne terrorise plus les quartiers périphériques, mais les beaux quartiers et les centres de décision : sus aux classes dangereuses ! tel est le nouveau mot d'ordre.

  • This book puts the spotlight on Southern Africa, presenting
    a cutting-edge concept never previously explored in the context of climate
    change and putting forward arguments for regional integration and cooperation.
    The Climate Resilient Infrastructure Development Facility (CRIDF) is the new
    water infrastructure program of the UK Department for International Development
    (DFID) for Southern Africa. The CRIDF promotes the establishment of small to
    medium-scale infrastructure across the Southern African Development Community
    (SADC) through technical assistance aimed at developing sustainable pro-poor
    projects, while also facilitating access to the financial resources needed to
    deliver said infrastructure. Further, it focuses on regional water resource
    management goals and basin plans, as well as on building climate resilience for
    the beneficiary communities. The Facility's Virtual Water and Nexus Project
    works to improve regional peace dividends by translating the Nexus concept into
    national and regional policies; it ultimately promotes sovereign security
    through greater regional integration across the water, food and energy sectors,
    while taking into account potential benefits in connection with carbon
    sequestration and emission mitigation.

  • « On travaille trop et on gagne de moins en moins... Après les "réformes", les systèmes d'aide sociale et les primes ont disparu, les heures supplémentaires ne sont plus payées, la corruption a grandi. Nous avons fait grève il y a quelques mois. Les médias n'en ont pas dit un mot. Nous n'avons rien obtenu. (...) De toute façon "les réformes" ne vont pas dans le bon sens ! En haut, elles ont favorisé la corruption des fonctionnaires du parti ; en bas, les inégalités se creusent et les difficultés des conditions de vie s'accroissent. » Mme Meng, ouvrière de Shanghai.

    Ce témoignage rappelle que la Chine d'aujourd'hui n'est pas un monde séparé, mais la caricature bureaucratique du modèle libéral présenté ici comme notre avenir indépassable. Outre Mme Meng, les auteurs ont rencontré sur place et à Paris une trentaine de Chinoises et de Chinois. Cette série d'entretiens sur le vif, réalisés à quelques mois des Jeux olympiques, brosse un tableau saisissant du nouvel « atelier du monde ». Elle montre le vrai visage de la « société harmonieuse » avec sa « croissance à deux chiffres ». On découvrira ainsi le pays de la répression concentrationnaire, des ONG pseudo-écologistes et de la surexploitation généralisée qui menace les millions de paysans déracinés, travailleurs précaires des zones franches et autres victimes de la pollution durable.

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