• Le livre Lorsqu´en novembre 1918, la princesse Catherine Sayn-Wittgenstein, âgée de vingt-trois ans, s´enfuit devant les bolcheviks avec sa famille en traversant le Dniestr, elle emporte avec elle en Roumanie trois cahiers: les tomes II à IV de son Journal. Ce document, qui n´a pas pris une ride, s´avère d´une immense valeur. En effet, tout l´univers de l´aristocratie russe, anéanti par la révolution, est restitué ici avec l´authenticité que seul permet un journal. Nous vivons ainsi avec l´auteur, au jour le jour, les faits militaires, et la propagande qui les entoure, la révolution de Février, l´intermède démocratique qui la suit et le coup d´État des bolcheviks. Et cette frêle jeune femme ne se limite pas à nous exposer les faits. Elle exprime aussi ses opinions, parfois naïves, mais souvent étonnamment lucides.

    « L´histoire nous condamnera-t-elle autant qu´elle l´a fait pour les nobles au moment de la Révolution française ? » se demande-t-elle le 31 décembre 1917, et elle ajoute plus loin : « Oui, nous avons tort pour beaucoup de choses. Même nous, notre génération. Mais avons-nous réellement mérité une punition pareille ? » L'auteur Née en 1895 et décédée en 1983, Catherine Sayn-Wittgenstein vécut son enfance en Ukraine. Ce n´est que lorsque Soljenitsyne lança en 1975 un appel aux émigrés russes de la première génération pour qu´ils témoignent que ces cahiers lui revinrent en mémoire.

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