Langue française

  • La peste noire sévit à Florence. Nous sommes en 1348, dix jeunes gens et jeunes femmes, une brigata, se rencontrent par hasard dans l'Église de santa Maria Novella à Florence qu'ils décident de fuir pour se réfugier à la campagne et se consacrer à l'activité narrative. Le Décaméron débute par un constat d'échec. L'épidémie ne détruit pas seulement les corps, mais la société tout entière anéantie par la rupture de toutes formes d'équilibre. Cet ouvrage consacré au Livre des cent nouvelles se propose d'établir une corrélation entre les deux phénomènes, la fin d'une civilisation et le départ vers un horizon de création. Le Décaméron sera replacé dans son cadre historique (déclin du monde communal miné par la dénaturation des institutions, les faillites bancaires et les luttes entre factions), littéraire (émergence de sciences nouvelles au service des exigences d'une bourgeoisie marchande industrieuse, mais cultivant aussi le plaisir d'une lecture divertissante), philosophique, enfin (le monde de la certitude thomiste, de la systématisation s'efface au profit de l'incertitude d'un ockhamisme déstructurant). Reflet de l'ambiguïté d'un monde inquiet, le Décaméron n'est pas qu'une simple oeuvre de divertissement et de consolation écrite pour les femmes, mais une contribution, à travers la création d'un nouvel ars narrandi, à la définition d'un nouvel ars vivendi, fondement de toute refondation possible d'une société pérenne où l'homme, artisan de son destin, peut actualiser toutes les potentialités de sa nature, et affirmer sa centralité et sa dignité qui constituent le fondement même de l'umanesimo civile.

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