• Dans ce pays-là, on vend les enfants.
    On en vend un quand on a du mal à finir le mois ou quand il faut un nouveau frigidaire. On les rachète parfois aussi, par exemple pour faire une fête de famille. Le narrateur raconte son parcours, du petit garçon que ses parents ne mettaient pas sur le marché parce qu'il n'était pas beau, à l'homme qu'il est devenu et qui tout naturellement s'est mis à vendre son père. On traverse cette histoire traitée avec cocasserie et tendresse en admirant la virtuosité d'un auteur qui nous fait passer du récit au théâtre sans qu'on n'y prenne garde.

  • Une nuit, un jeune homme est arrêté et enrôlé pour une guerre dont personne ne sait rien.
    Dans un camp isolé, il commence son entraînement militaire. D'abord chargé de surveiller un rocher, puis de ramasser le crottin de cheval, il est ensuite promu gratte-papier. L'ennemi, quant à lui, reste invisible et toujours aucun combat à l'horizon... La vie s'écoule. On proclame férié le jour de changement d'uniforme. A son bureau, le narrateur s'invente une vie imaginaire... Dans la lignée des plus grands chefs-d'oeuvre de la littérature latino-américaine, un roman magnifique sur l'aliénation de l'individu et les paradoxes de l'enfermement en hommage au Désert des Tartares de Dino Buzzati.

  • Uruguay, 1973. Carlos Liscano a 23 ans quand les soldats viennent l'arrêter. Condamné pour raisons politiques par le régime militaire, il va passer treize ans à l'ombre des cachots. Treize ans d'enfer, d'humiliations et de torture avant d'être relâché avec d'autres compagnons de cellule par le "fourgon des fous". Des années après l'horreur, Carlos Liscano se raconte, sans cri, sans fureur: le retour jour après jour de la souffrance physique et du combat mental pour survivre, la solitude, la peur, la nécessité de comprendre l'inimaginable. Ni voyeurisme, ni sensationnalisme. Juste les souvenirs crus, épars, d'un homme en lutte pour conserver ce qu'il a de plus précieux: sa dignité.

  • De 1972 à 1985, Carlos Liscano est emprisonné par la dictature militaire uruguayenne. Torturé, isolé dans un dénuement total, il est sauvé de la folie et du chaos par les mots. L'écriture devient une urgence vitale et Liscano se fait écrivain. Et un jour, la page reste blanche. Liscano va alors puiser à la source de toute création, l'imitation des maîtres, dont il butine les chefs-d'oeuvre en admirateur inconstant.
    Le fruit de ses lectures est une fable, formidable palimpseste au service de l'invention, dans laquelle Liscano se met en scène en corbeau blanc mythomane, conteur infatigable, qui s'approprie les aventures des plus grands héros de la littérature devant un public de volatiles médusés.

  • L'écrivain et l'autre

    Carlos Liscano

    • Belfond
    • 7 January 2010

    Il y a plus d'un an, Carlos Liscano a commencé un roman qu'il ne parvient pas à terminer. Incapable de créer une autre histoire, il corrige, cherche, rature. Rien.
    Confronté à la quête éperdue de ces mots qui soudain lui échappent, soumis à une exigence d'absolu qui le paralyse, Liscano fait un constat terriblement désespéré : l'écrivain est une invention. Écrire, c'est chercher ce qu'on ne trouvera pas.

    Que reste-t-il ? La nuit insomniaque, le fleuve tranquille, des oranges qu'on achète, les rues de Montevideo sous la pluie. Vivre vaut presque toujours la peine.

  • des exercices de style virtuoses et souvent drôles, empruntant divers genres ou formes - le policier, le conte picaresque ou le monologue - forment les nouvelles qui composent ce recueil...
    autant d'histoires où s'entendent en écho les influences avouées de l'écrivain : onetti, céline, kafka, beckett. avec une extraordinaire modernité, carlos liscano parvient à mêler l'absurde au réalisme et la naïveté à la rage. car, si c'est bien dans le coeur oppressif et moite d'une prison uruguayenne qu'il a commencé à écrire, une des grandes singularités de ce recueil tient au fait que carlos liscano ne raconte pas ce qu'il est en train de vivre comme s'il s'agissait de la simple confidence d'un prisonnier politique.
    carlos liscano " rapporte " des faits et des sentiments humains, mais, à ce verbe, il offre un sens absolument inventif, et la réalité uruguayenne se trouve transmutée, fondue dans les timbres si singuliers de sa voix.

  • La route d'ithaque

    Carlos Liscano

    • 10/18
    • 2 November 2006

    Vladimir cache mal sa haine des clandestins. Pourtant lui aussi erre sur les routes et dort dans les squats. Bandit uruguayen en cavale et échoué en Europe, il a cependant eu sa chance : une femme suédoise, un enfant et la promesse d'une régularisation. Mais la terreur du confort et sa soif absolue de liberté ont pris le dessus. Alors il a fui. De Stockholm à Barcelone, il va maintenant découvrir l'univers impitoyable des sans-papiers. De ses années d'oppression sous la dictature uruguayenne à son exil en Europe, Carlos Liscano tire un roman puissant et acerbe qui expose la part maudite du monde occidental. Celle de ces millions d'Ulysses échoués sur les rives d'une impossible Ithaque.

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