• L'Esthétique musicale classique et romantique est une présentation de la réflexion musicale entre l'« époque-seuil » (Kosellek) située autour de 1770 et les décennies tardives du XIXe siècle, qui marquent le début de la modernité. Tout en se limitant à l'Allemagne, le livre est universel, dans la mesure où l'esthétique musicale allemande, en particulier durant la décennie décisive ouverte par la Critique de la faculté de juger de Kant (1790) et close par les Fantaisies sur l'art de Tieck (1799), a été à la pointe de l'évolution européenne. Le romantisme fut un phénomène d'esthétique musicale avant de devenir un phénomène musical, il s'affirma comme mode d'écoute avant de pénétrer les styles et les formes de la composition, et parmi les faits les plus curieux de l'époque sur laquelle le livre est centré figure la simultanéité des esthétiques musicales classique et romantique. Néanmoins, l'esthétique musicale classique demeurait vers 1800 rudimentaire, parce qu'il n'y avait pas de liaison efficace entre Vienne, le lieu du classicisme musical, et le foyer essentiel de développement de la réflexion sur la musique, le centre et le nord de l'Allemagne. À certains égards, Eduard Hanslick, qui a été injustement traité de formaliste, est l'esthéticien qui a réussi à donner une formulation légitime de l'esprit de la musique classique. C'est d'elle que purent partir plus tard, bien que sans le dire, August Halm et Heinrich Schenker.

  • Schoenberg

    Carl Dahlhaus

    Cet ouvrage du grand musicologue allemand Carl Dahlhaus (1928-1989) n'est pas la traduction d'un livre constitué en tant que tel, mais le rassemblement des textes qu'il a consacrés à Schoenberg, publiés entre 1964 et 1988. Une telle édition n'existe ni en allemand ni en anglais. Elle regroupe des essais de différentes natures portant aussi bien sur les questions esthétiques et théoriques que sur les questions purement compositionnelles soulevées par la musique de Schoenberg. En ce sens, elle constitue un ensemble cohérent et aborde les multiples aspects d'une oeuvre et d'une pensée qui ont marqué en profondeur la musique du XXe siècle.
    La méthode de Dahlhaus consiste à cerner des problématiques et à les traiter au travers d'une analyse intrinsèque, que l'on pourrait qualifier d'objective, tout en les situant historiquement, du point de vue musical et théorique. Sa démarche, qui vise à faire apparaître le sens profond des oeuvres et des idées, se situe à l'écart de celle d'Adorno et des exégètes de la première heure, ou de celle des jeunes compositeurs de l'après-guerre, pour lesquels Schoenberg était un enjeu sur lequel ils projetaient leurs propres idées.
    Ce livre capital offre non seulement une lecture éclairante de l'univers schoenbergien, mais est aussi un exemple du point de vue méthodologique.
    L'honnêteté et la rigueur de la démarche dahlhausienne s'incarnent dans une langue très dense et riche de multiples nuances qui a donné lieu à un long travail de traduction. Le présent ouvrage constitue la réédition de celui publié en 1997, et désormais épuisé.

  • Ce volume regroupe tous les essais de Carl Dahlhaus sur la Musique Nouvelle publiés entre 1965 et 1971.
    Ils traitent des problématiques soulevées par la musique de l'après-guerre, sous un angle tantôt technique, tantôt esthétique, tantôt sociologique. Les questions du rythme, du timbre, de la notation, du matériau, de la forme croisent ainsi les concepts d'avant-garde et d'oeuvre autonome, les problèmes du sens et du non-sens, de la musique engagée, des genres musicaux... La méthode de ce musicologue aux connaissances encyclopédiques vise à cerner aussi objectivement que possible une notion, une idée, une oeuvre ou une tendance tout en les replaçant dans un vaste contexte esthétique et historique.
    Elle se présente ainsi comme une médiation indispensable entre les oeuvres proprement dites, les conceptions qui leur sont liées, et une réception riche de sens. " La réflexion qui s'attache à la musique, ou même à la littérature, n'est aucunement étrangère à la musique : elle en fait partie en tant qu'événement historique, voire en tant qu'objet de perception. Ce qui se perçoit de la musique dépend, en partie, de ce qu'on a lu à son propos ".

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