• On ne naît pas Pierre Loti, on le devient. Tel est le mouvement de cette biographie, en trois étapes : de Julien Viaud le marin, qui naquit à Rochefort, le 14 janvier 1850, à Pierre Loti l'écrivain, qui, lui, naquit à Paris dans l'année 1882, en passant par Loti, Loti tout court, qui naquit en 1872 à Tahiti. Le récit de cette existence, d'abord simple, deviendra forcément plus complexe car Julien, le marin, ne disparaît pas totalement derrière Loti l'écrivain. Les campagnes du marin fournissent à l'écrivain la matière de ses premiers livres. Rochefort, Brest, Istanbul, Hendaye... Au fil des ans, ce sont les lieux qui seront les repères capitaux d'une vie nomade, sans cesse écartelée entre l'ici et l'ailleurs ; la géographie donc, autant que l'histoire - qu'il a côtoyée sur bien des fronts : guerre de 1870, guerres de conquête coloniale, Grande Guerre de 14-18, il a participé, de près ou de loin, aux soubresauts de plus d'un demi-siècle. Celui qu'on a trop souvent - et à tort - présenté comme un esthète décadent, fut un homme d'action, un marin, un militaire donc, un homme engagé. Mais avec lui, on est sans cesse confronté aux contraires les plus surprenants : ami des princesses comme des simples matelots, passant de l'enthousiasme à l'abattement, respectueux des règlements militaires et transgressant allègrement les règles de la bonne société, on n'en finirait pas d'énumérer les aspects contradictoires du personnage. C'est dans l'écriture que nous trouverons l'unité profonde de ce caméléon aux reflets constamment changeants. Et puis, en apothéose, une Maison, maison du voyageur autant que de l'écrivain, maison du souvenir et des fantasmes, maison natale devenue la mémoire visible d'une vie déroulée au fil des ans et des continents.
    Bruno Vercier était professeur de littérature moderne et contemporaine à l'université de la Sorbonne Nouvelle?-?Paris III. Après de nombreuses éditions critiques d'ouvrages de Pierre Loti (GF?-?Flammarion, Folio classique?-?Gallimard), il a publié notamment Pierre Loti portraits. Les fantaisies changeantes (Plume Flammarion), Les Orients de Pierre Loti (éd. des Monuments historiques) et Pierre Loti. D'enfance et d'ailleurs (Bleu autour).

  • « On sait que, contre la mauvaise fortune, un coeur bon peut accomplir des merveilles. Celui de Philippe l'était et en abondance. Pas assez sans doute pour triompher de tous les obstacles que le temps s'est ingénié à dresser sur sa route. Mais capricieuse est cette fortune, alors pourquoi n'accomplirait-elle pas un autre demi-tour, qui remettrait cette oeuvre à sa juste place, celle d'un écrivain qui - et c'est là pour beaucoup un paradoxe inacceptable - n'a pas essayé de dire le peuple, son univers, avec une voix du peuple convenue, attendue, mais avec sa voix à lui, unique ? Le style de Philippe qui n'est celui d'aucun autre. » Bruno Vercier.

  • Où l'on voit qu'à travers ces Orients photographiés, l'imaginaire exotique transforme à la fois l'oeuvre et la vie de Loti. Pierre Loti a voyagé toute sa vie. Comme officier de la Marine nationale, il a sillonné les océans du monde entier, traversé déserts et brousses, arpenté villes et palais pour ses missions officielles. D'Istanbul à Ispahan et Bangkok, de Bou Saada à Tokyo ou Assouan, ce sont les Orients qui par-dessus tout l'ont fasciné : Orient proche ou extrême, africain, arabe, balkanique, biblique. La photographie est pour lui un moyen privilégié de capter et surtout fixer l'éphémère - l'une des obsessions majeures et fondatrices de son oeuvre.
    Ses propres prises de vue manifestent un sens aigu de la composition et du cadrage, tant pour les monuments et paysages grandioses que pour les visages et attitudes des gens de tous les jours fixés dans un cadre de vie réaliste. De quoi découvrir un Loti homme du regard et de l'image autant que du texte.

  • Si Pierre Loti, aujourd'hui, nous fascine, c'est sans doute moins par ses livres que par l'image qu'il a laissée de lui-même. Rarement écrivain célèbre a-t-il autant joué avec sa propre apparence, s'est-il autant "exposé".
    Au gré de ses voyages, des fêtes qu'il donne dans sa maison de Rochefort, transformée en un théâtre fantastique aux surprenants décors, ou tout simplement de ses «fantaisies changeantes», il revêt uniformes, costumes, déguisements de toutes sortes - et puis il pose -, un peu pour les peintres, beaucoup pour les photographes. A chaque fois surgit, phénix insaisissable, un nouveau Loti, plus inattendu que le précédent. Aucun pourtant n'est le vrai Loti, multiple, contradictoire, «infiniment divers», et dont la vérité est dans le changement même.
    L'ensemble de ces images construit l'autoportrait d'un sujet qui jamais «ne se ressemble», et qui, l'un des premiers, a saisi que l'artiste pouvait être à lui-même son propre matériau, soumis aux jeux du drapé, de la lumière et du temps.
    B.V.

  • Après Pierre Loti dessinateur , un nouveau et passionnant carnet de voyages qui révèle le talent de photographe de cet artiste polymorphe et ra£ né. Car l'ensemble de l'oeuvre photographique de Loti n'avait encore jamais fait l'objet d'un beau livre. Pourtant, cette oeuvre est foisonnante.(plus de mille clichés, dont les meilleurs, environ cinq cents, fi gurent ici), aboutie.(Loti fait montre d'un sens aigu du cadrage), vivante (ses images fourmillent de gens), édifi ante (elle témoigne d'une époque, les confi ns des XIXe et XXe siècles, principalement à Istanbul, en Perse, en Inde et en Extrême-Orient, et inspirée.(comme dans son oeuvre dessinée, le reporter cède souvent le pas au portraitiste, au romantique, à l'enfant tôt pénétré de l'évanescence des choses qu'il n'a jamais cessé d'être).

  • De 1870 à 1872, à la faveur d'escales sur les côtes américaines, le jeune officier de Marine Julien Viaud découvre « les débris de la race indienne » en Nouvelle-Écosse, les Basques d'Uruguay, des tribus perdues de la T erre-de-Feu, les belles Carmencita de Valparaiso, la fête à San Francisco... Curieux, ardent, il dessine gens et paysages, prend des notes, publie ses premiers articles qui annoncent le grand Loti.
    Bien plus tard, en 1912, la première mondiale de La Fille du ciel, sa pièce «chinoise» coécrite avec Judith Gautier attire l'auteur d'Aziyadé pour six semaines à New York, cette « Babel effrénée » dont il se plaît à rapporter la vision pleine d'ironie d'un « Oriental très vieux jeu ».
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  • Préfacé par la romancière Leïla Sebbar, il se compose d'un texte de Bruno Vercier, un éclairage sur l'enjeu central de l'enfance dans le parcours de Pierre Loti, sur son enracinement non seulement en France mais aussi dans les lointains, notamment orientaux, et sur ses di. érentes facettes d'écrivain (autobiographie, journal, roman, récit de voyage) ; d'un portfolio d'une trentaine de dessins d'enfance de Pierre Loti, dûment présentés par l'auteur, des dessins qui confi nent pour certains au fantastique et révèlent déjà des visions romantiques ; d'extraits de textes de Loti sur le thème de l'enfance, tirés notamment de son journal, du Roman d'un enfant et d'autres de ses titres.

  • En 1897, paraît Ramuntcho, par un auteur alors adulé et dont le roman Pêcheur d'Islande, une décennie plus tôt, avait connu un succès mondial. Au pied des Pyrénées, Pierre Loti, cet incessant voyageur, ce nomade infatigable, a trouvé une nouvelle patrie où s'enraciner.
    Cet ouvrage présente le texte complet de l'oeuvre emblématique Ramuntcho, nourri d'analyses inédites, à la fois littéraires et biographiques. Vous retrouverez également d'autres textes, méconnus, écrits par Pierre Loti sur le pays Basque, un lieu où il vécut longtemps et mourut en 1923.
    À la lecture de ce livre, vous redécouvrirez Hendaye, le Pays basque espagnol, le château d'Abbadia, les grottes de Sare et d'Isturitz, -Saint-Jean-de-Luz... Vous rencontrerez matelots, contrebandiers, pottoks, processions, pèlerinages et même quelques reines, en exil ou non...
    Vous entendrez les chants basques, le fandango, le silence des églises et des sentiers de montagne...

  • Le romancier à succès Pierre Loti (1850-1923) a occulté le dessinateur. Sous son véritable nom de Julien Viaud, comme reporter et pour le plaisir, il avait pourtant composé, au fil de ses campagnes de jeune officier de marine, une remarquable oeuvre graphique, ethnographique aussi.

    La voici pour la première fois réunie. Plus de cinq cents dessins, accompagnés de gravures qui en furent tirées et de textes de l'écrivain, forment un singulier carnet de voyages autour du monde, vers les lointains de cet artiste polymorphe et raffiné :Terre de Feu, île de Pâques, Tahiti, Brésil, Amérique du Nord, Sénégal, Maghreb, Adriatique, Indochine, Japon, mais aussi Bretagne et Saintonge natale,sans oublier son cher « Stamboul ».

    Du simple croquis à l'aquarelle aboutie, le trait, sûr et inspiré, fait surgir un foisonnement de portraits et d'événements, d'étonnements et de fantaisies, de visions.Le monde de l'un des derniers romantiques.

  • Ce premier volume du journal de Pierre Loti (1850-1923), largement inédit, couvre les dix années d'apprentissage (1868-1878) où le jeune aspirant de Marine (Julien Viaud à l'état-civil) découvre le monde et vit les aventures qui donneront naissance à ses premiers ; livres. De l'île de Pâques à la Turquie, de Tahiti à l'Algérie, de la Terre de Feu au Sénégal, ce journal de bord devient le journal intime de ses, passions et de ses espérances. Le voici prêt à devenir écrivain : Aziyadé va être publié au tout début de 1879...

  • Objet de polémiques et d'enthousiasmes, la littérature française s'est profondément renouvelée depuis la fin des années 1970.
    à nouveau en prise sur le monde, elle suscite les débats, les interrogations. des formes inédites sont apparues, des écrivains de talent se sont imposés, bousculant les usages littéraires. comment comprendre ce qui s'écrit aujourd'hui ? en invitant à découvrir les oeuvres les plus fortes de notre temps, cet ouvrage montre la prodigieuse vitalité d'une littérature mal connue. il en souligne les richesses et dévoile les nouveaux enjeux de l'écriture face au monde contemporain.

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