• Peut-on continuer à faire de la politique comme si de rien n'était, comme si tout n'était pas en train de s'effondrer autour de nous ? Dans ce court texte politique, Bruno Latour propose de nouveaux repères, matérialistes, enfin vraiment matérialistes, à tous ceux qui veulent échapper aux ruines de nos anciens modes de pensée.
    Cet essai voudrait relier trois phénomènes que les commentateurs ont déjà repérés mais dont ils ne voient pas toujours le lien -; et par conséquent dont ils ne voient pas l'immense énergie politique qu'on pourrait tirer de leur rapprochement.
    D'abord la " dérégulation " qui va donner au mot de " globalisation " un sens de plus en plus péjoratif ; ensuite, l'explosion de plus en plus vertigineuse des inégalités ; enfin, l'entreprise systématique pour nier l'existence de la mutation climatique.
    L'hypothèse est qu'on ne comprend rien aux positions politiques depuis cinquante ans, si l'on ne donne pas une place centrale à la question du climat et à sa dénégation. Tout se passe en effet comme si une partie importante des classes dirigeantes était arrivée à la conclusion qu'il n'y aurait plus assez de place sur terre pour elles et pour le reste de ses habitants. C'est ce qui expliquerait l'explosion des inégalités, l'étendue des dérégulations, la critique de la mondialisation, et, surtout, le désir panique de revenir aux anciennes protections de l'État national.
    Pour contrer une telle politique, il va falloir
    atterrir quelque part. D'où l'importance de savoir
    comment s'orienter. Et donc dessiner quelque chose comme une
    carte des positions imposées par ce nouveau paysage au sein duquel se redéfinissent non seulement les
    affects de la vie publique mais aussi ses
    enjeux.

  • Pollution des rivières, embryons congelés, virus du sida, trou d'ozone, robots à capteurs... : ces " objets " étranges qui envahissent notre monde relèvent-ils de la nature ou de la culture ? Comment les comprendre ? Jusqu'ici, les choses étaient simples

  • À cause des effets imprévus de l'histoire humaine, ce que nous regroupions sous le nom de Nature quitte l'arrière-plan de notre décor séculaire et monte sur scène, au premier plan. L'air, les océans, les glaciers, le climat, les sols : tout ce que nous avons rendu instable, interagit avec nous. Gaïa est le nom du retour sur Terre de tout ce que nous avions envoyé off shore. Nous sommes ces Terriens, qui se définissent politiquement comme ceux qui se préparent à regarder Gaïa de face.
    James Lovelock n'a pas eu de chance avec l'hypothèse Gaïa. En nommant par ce vieux mythe grec le système fragile et complexe par lequel les phénomènes vivants modifient la Terre, on a cru qu'il parlait d'un organisme unique, d'un thermostat géant, voire d'une Providence divine. Rien n'était plus éloigné de sa tentative. Gaïa n'est pas le Globe, n'est pas la Terre-Mère, n'est pas une déesse païenne, mais elle n'est pas non plus la Nature, telle qu'on l'imagine depuis le XVIIe siècle, cette Nature qui sert de pendant à la subjectivité humaine. La Nature constituait l'arrière-plan de nos actions.
    Or, à cause des effets imprévus de l'histoire humaine, ce que nous regroupions sous le nom de Nature quitte l'arrière-plan et monte sur scène. L'air, les océans, les glaciers, le climat, les sols, tout ce que nous avons rendu instable, interagit avec nous. Nous sommes entrés dans la géohistoire. C'est l'époque de l'Anthropocène. Avec le risque d'une guerre de tous contre tous.
    L'ancienne Nature disparaît et laisse la place à un être dont il est difficile de prévoir les manifestations. Cet être, loin d'être stable et rassurant, semble constitué d'un ensemble de boucles de rétroactions en perpétuel bouleversement. Gaïa est le nom qui lui convient le mieux.
    En explorant les mille figures de Gaïa, on peut déplier tout ce que la notion de Nature avait confondu : une éthique, une politique, une étrange conception des sciences et, surtout, une économie et même une théologie.

  • Un essai novateur sur les relations entre science et politique. Comment combler le fossé apparemment infranchissable séparant la science (chargée de comprendre la nature) et la politique (chargée de régler la vie sociale), séparation dont les conséquences - affaires du sang, de l'amiante, de la vache folle... - deviennent de plus en plus catastrophiques ? L'écologie politique a prétendu apporter une réponse à ce défi. Mais après de fracassants débuts, elle peine à renouveler la vie publique... Dans ce livre qui fait suite à Nous n'avons jamais été modernes (La Découverte, 1991), Bruno Latour propose une nouvelle façon de considérer l'écologie politique. La nature a toujours constitué l'une des deux moitiés de la vie publique, celle qui rassemble le monde commun que nous partageons tous, l'autre moitié formant ce qu'on appelle la politique, c'est-à-dire le jeu des intérêts et des passions. D'un côté ce qui nous unit, la nature, de l'autre ce qui nous divise, la politique. Et c'est pourquoi il est faux de prétendre que le souci de la nature caractériserait l'écologie politique : car à cause des controverses scientifiques qu'elle suscite, à cause de l'incertitude sur les valeurs qu'elle provoque, elle oblige à abandonner la nature comme mode d'organisation publique. La question devient donc : comment penser enfin la politique sans la nature ? Pour Bruno Latour, la solution repose sur une profonde redéfinition à la fois de l'activité scientifique (à réintégrer dans le jeu normal de la société) et de l'activité politique (comprise comme l'élaboration progressive d'un monde commun). Ce sont les conditions et les contraintes de telles redéfinitions qu'il explore avec une grande rigueur dans cet essai novateur.

  • " Il faut changer de société ", dit-on souvent et on a bien raison, car celle où nous vivons est souvent irrespirable. Mais, pour y parvenir, il faut peut-être d'abord s'efforcer de changer la notion même de société. En effet, il y a maintenant une tension de plus en plus forte entre pratiquer la sociologie, penser la politique et croire en l'idée de société. Afin de trouver une issue, ce livre veut d'abord pousser cette tension à bout. C'est pourquoi il faut distinguer deux définitions du social. La première, devenue dominante dans la sociologie, présente le social comme l'ombre projetée par la société sur d'autres activités, par exemple l'économie, le droit, la science, etc. Dans cette optique, le social ne change jamais puisque la société est toujours déjà là, et le sociologue peut tranquillement continuer à produire des " explications sociales ". La seconde préfère considérer le social comme l'association nouvelle entre des êtres surprenants qui viennent briser la certitude confortable d'appartenir au même monde commun. Dans ce deuxième sens le social se modifie constamment. Pour le suivre, il faut d'autres méthodes d'enquête, d'autres exigences, d'autres terrains. C'est grâce à eux qu'il sera possible d'étudier les nouvelles " associations ", toujours imprévues, entre, par exemple, les virus, les pénuries, les passions, les innovations techniques, les pays émergents, les rumeurs, les catastrophes naturelles, etc. C'est à retracer le social comme association que s'attache depuis trente ans ce qu'on a appelle la " sociologie de l'acteur-réseau " et que Bruno Latour présente dans ce livre. Sa proposition est simple : entre la société et la sociologie, il faut choisir. De la même manière que la notion de " nature " rend la politique impossible, il faut maintenant se faire à l'idée que la notion de société, à son tour, est devenue l'ennemie de toute pensée du politique. Ce n'est pas une raison pour se décourager, mais l'occasion de refaire de la sociologie.
    (Cette édition numérique reprend, à l'identique, la deuxième édition de 2007.)

  • Le recours aux liens juridiques prend dans nos sociétés une importance grandissante. Il existe pourtant peu d'études empiriques sur la fabrique quotidienne du droit. Alors que la très grande technicité de la matière juridique réserve le droit aux juristes de profession, la sociologie l'explique trop rapidement par les rapports de forces qu'il ne ferait que dissimuler. La méthode ethnographique se trouve donc particulièrement bien ajustée à l'analyse du droit. C'est toute l'originalité de cette étude du Conseil d'État que propose Bruno Latour. Il porte une grande attention aux actes d'écriture, à la fabrication et à la manipulation des dossiers, aux interactions entre les membres, aux particularités du corps des conseillers d'État, et surtout à la diversité des ressorts qui permettent de bien juger. Par une grande qualité de style, l'auteur sait rendre compte de la technicité des jugements et renouer les nombreux liens entre le droit et cette société qui le nourrit et à laquelle il sert, en même temps, de garant. Après l'étude des laboratoires scientifiques, du discours religieux, de la parole politique, Bruno Latour continue, avec le droit, son programme d'anthropologie systématique des formes contemporaines de véridiction.

  • La découverte par Louis Pasteur des microbes dans les années 1870 fait partie des pages célèbres de l'histoire des sciences, et même de l'histoire de France. Loin des clichés et des mythes qu'elle a suscitées, Bruno Latour en propose dans ce livre une lecture originale. En étudiant le travail de Pasteur et des pastoriens entre 1870 et 1914, il montre comment la bactériologie et la société française se sont transformées ensemble. C'est ainsi l'invention proprement politique d'une science, d'un savant et d'une époque qui se trouve mise en évidence. Pasteur apparaît, dans les détails de son travail sur les microbes, comme un remarquable sociologue et comme un fin politique, puisqu'il parvient àajouter les microbes au corps social.

    Entre l'épistémologie, l'histoire et la sociologie des sciences, ce livre, initialement paru en 1984 (Éd. Anne-Marie Métailié), redonne aux grands hommes les forces minuscules qui les font grands et savants. Cet exemple, devenu classique en histoire sociale des sciences, invite à revenir sur la division entre rapports de force et rapports de raison, entre politique et savoir. C'est l'objet de la seconde partie du livre, qui se présente comme un petit précis de philosophie dans lequel l'auteur se propose de pratiquer, au lieu des réductions qu'impose la division entre science, nature et société, des irréductions. Celles-ci doivent permettre de rendre les sciences et les techniques moins opaques et peut-être moins périlleuses.
    En étudiant le travail de Pasteur et des pastoriens entre 1870 et 1914, Bruno Latour montre comment la bactériologie et la société française se sont transformées ensemble. C'est ainsi l'invention proprement politique d'une science, d'un savant et d'une époque qui se trouve mise en évidence. La seconde partie du livre se présente comme un petit précis de philosophie dans lequel l'auteur se propose de pratiquer, au lieu des réductions qu'impose la division entre science, nature et société, des irréductions.

  • À l'automne 2009, une étudiante allemande fait part à Bruno Latour de son désarroi devant les disputes qui font rage avant le sommet de Copenhague sur le climat. Il lui signale l'existence d'un enseignement qui porte sur les liens multiformes entre les sciences, la politique et la nature. Pour diverses raisons, l'étudiante ne peut pas suivre le cours, que le professeur lui résume en six lettres. Au fil de l'actualité que l'étudiante suit de son côté en tenant son " journal de bord ", elle découvre peu à peu comment se repérer dans ces imbroglios créés par le développement même des sciences et des techniques. D'Archimède à Avatar, c'est l'occasion pour le lecteur d'un époustouflant galop dans le domaine des " humanités scientifiques " : si la nature est entrée en politique, il faut bien que les sciences et les techniques fassent partie de ce qu'on appelait autrefois les " humanités ". Bruno Latour, dans ce véritable plaidoyer pour la " culture scientifique ", montre qu'il est impossible d'aborder les crises écologiques sans comprendre le caractère collectif et concret de l'acte de penser et de prouver. D'où le passage du cogito, cher à Descartes, à ce cogitamus, parce que " c'est grâce au fait que nous sommes nombreux, soutenus, institués, instrumentés que nous accédons au vrai ".

  • Porte-clefs, ralentisseurs, ceintures de sécurité, chatières, grooms de porte, nous entrons tous les jours en relation avec des dispositifs que l'on ne peut sans dommage réduire réduire à leur simple fonction d'objets techniques. Molécules, formules chimiques, cartes, diagrammes, microbes et galaxies, nous nous trouvons quotidiennement confrontés à des ensembles que l'on ne peut réduire sans risque à de simples faits scientifiques. Décidément, la connaissance est une affaire trop sérieuse pour être laissée aux seuls savants. Amateur de science (comme on dit " amateur d'art "), Bruno Latour nous invite à " goûter " avec lui les techniques et les sciences, à en apprécier les forces et les faiblesses, à en critiquer la forme et le facture. Dans ce recueil de chroniques, il nous promène du bureau de Gaston Lagaffe, nouvel Archimède, aux anges du paradis, an passant par Berlin, les sols d'Amazonie, le fonctionnement du rein, et les cornéliens dilemmes d'une ceinture de sécurité... Dans un style allègre, il nous fait partager sa jubilation devant des objets et des faits qui mêlent toujours plus intimement les choses et les gens. Conçues pour un large public, ces leçons s'adressent à tous ceux qui ne peuvent se résigner à réserver le nom de culture aux seules oeuvres d'art, et qui cherchent à se former le goût pour les faits avérés comme pour les techniques efficaces.

  • Ce livre marque une étape clef dans le projet que poursuit Bruno Latour : faire une anthropologie positive des sociétés occidentales. Il se compose de deux textes qui remettent en cause deux notions : celle de " croyance " et celle de " critique ". Le premier texte est le résultat d'un long stage dans la consultation d'ethnopsychiatrie du Centre Devereux, le second (inédit en français) est l'introduction au catalogue de l'exposition Iconoclash dont Bruno Latour a été le commissaire en 2002.
    Avec la notion de faitiche, Latour montre qu'il est possible de respecter les sciences sans avoir à les opposer aux délires de la subjectivité. Avec la notion d'iconoclash, il propose de suspendre le geste critique pour en étudier l'impact. Grâce à ces bricolages conceptuels, il devient possible de prendre pour objet d'étude deux des principales ressources que les modernes ont mis en oeuvre pour se distinguer des autres : la critique de la croyance et la croyance en la critique. Résultat : le monde ne se sépare plus entre ceux qui baigneraient dans de chaudes illusions et ceux qui ne connaîtraient que la froide raison.
    Avec ce mélange d'audace intellectuelle et d'humour qui en fait l'un des penseurs les plus connus au monde, Bruno Latour crée de nouveaux outils pour nous comprendre nous-mêmes et rouvrir la discussion avec les autres cultures.

  • " Aramis est un métro automatique, que l'on a failli construire au Sud de Paris. J'en ai fait le héros d'un dossier de scientifiction. Toutes les aventures de ce héros non humain sont véridiques. Mais elles n'apparaissent jamais vraisemblables, parce que nous ne sommes pas habitués à enquêter en détail sur les amours et les haines des techniques de pointe. Pour la première fois, je crois, l'histoire d'une enquête de sociologie et l'histoire amoureuse d'une machine se déploient de concert. Pour la première fois aussi les ingénieurs parlent directement, et leur voix comme leurs documents ne ressemblent guère au mythe terrifiant de la technique sans âme. Aux humanistes, j'ai voulu offrir l'analyse détaillée d'une technique assez magnifique, assez spirituelle, pour les convaincre que les machines qui les entourent sont des objets culturels dignes de leur attention et de leur respect. Aux techniciens, j'ai voulu montrer qu'ils ne pouvaient pas concevoir un objet technique sans prendre en compte la foule des humains, leurs passions, leurs politiques, leurs pauvres calculs et qu'en devenant de bons sociologues et de bons humanistes, ils en deviendraient de meilleurs ingénieurs et des décideurs plus avisés. Un objet purement technique n'est qu'une utopie. Aux chercheurs en sciences humaines, enfin, j'ai voulu montrer que la sociologie n'est pas cette science des seuls humains, mais qu'elle peut accueillir à bras ouverts les foules de non-humains comme elle le fit au siècle passé pour les masses de pauvres gens. Notre collectif est tissé de sujets parlants, peut-être, mais auxquels s'attachent en tout point les pauvres choses, nos frères inférieurs. En s'ouvrant à eux, le lien social deviendrait sans doute moins mystérieux. Oui, je voudrais que l'on pleure de vraies larmes en lisant la triste histoire d'Aramis et que nous apprenions de cette histoire à aimer les techniques. "
    Prix Roberval 1992

  • « Amateur de sciences » comme on dit « amateur d´art », Bruno Latour a rédigé chaque mois pour la revue La Recherche son journal de passion en nous parlant de la science en train de se faire, du travail des disciplines, de la profession de chercheur, mais aussi de politique des sciences, de controverses, de vaches folles, de momie... D'un ton vif, tantôt allègre et tantôt polémique, ces courtes chroniques très imagées sont une initiation plaisante et synthétique pour ceux qui voudraient goûter à cette nouvelle approche des sciences sociales, la sociologie de la traduction, qui remet en cause l´ennuyeuse distinction entre « littéraire » et « matheux ».

  • Rejoicing

    Bruno Latour

    • Polity
    • 8 March 2018

    Bruno Latour's long term project is to compare the felicity and infelicity conditions of the different values dearest to the heart of those who have `never been modern'. According to him, this is the only way to develop an anthropology of the Moderns. After his work on science, on technology and, more recently, on law, this book explores the truth conditions of religious speech acts.
    Even though there is no question that religion is one of the values that has been intensely cherished in the course of history, it's also clear that it has become immensely difficult to tune in to its highly specific mode of enunciation. Every effort to speak in the right key sounds awkward, reactionary, pious or simply empty. Hence the necessity of devising a way of writing that brings to the fore this elusive form of speech to render it audible again. In this highly original book, the author offers a completely different tack on the endless `science and religion' conflict by protecting them both from the confusion with the notion of information. Like The Making of Law, this book is one more attempt at developing this `inquiry on modes of existence' that provides an alternative definition of society.

  • Down to Earth

    Bruno Latour

    • Polity
    • 26 November 2018

    The present ecological mutation has organized the whole political landscape for the last thirty years. This could explain the deadly cocktail of exploding inequalities, massive deregulation, and conversion of the dream of globalization into a nightmare for most people. 
    What holds these three phenomena together is the conviction, shared by some powerful people, that the ecological threat is real and that the only way for them to survive is to abandon any pretense at sharing a common future with the rest of the world. Hence their flight offshore and their massive investment in climate change denial.
    The Left has been slow to turn its attention to this new situation. It is still organized along an axis that goes from investment in local values to the hope of globalization and just at the time when, everywhere, people dissatisfied with the ideal of modernity are turning back to the protection of national or even ethnic borders.
    This is why it is urgent to shift sideways and to define politics as what leads toward the Earth and not toward the global or the national. Belonging to a territory is the phenomenon most in need of rethinking and careful redescription; learning new ways to inhabit the Earth is our biggest challenge. Bringing us down to earth is the task of politics today.

  • The Making of Law

    Bruno Latour

    • Polity
    • 26 April 2013

    In this book, Bruno Latour pursues his ethnographic inquiries into the different value systems of modern societies. After science, technology, religion, art, it is now law that is being studied by using the same comparative ethnographic methods. The case study is the daily practice of the French supreme courts, the Conseil d'Etat, specialized in administrative law (the equivalent of the Law Lords in Great Britain). Even though the French legal system is vastly different from the Anglo-American tradition and was created by Napoleon Bonaparte at the same time as the Code-based system, this branch of French law is the result of a home-grown tradition constructed on precedents. Thus, even though highly technical, the cases that form the matter of this book, are not so exotic for an English-speaking audience. 
    What makes this study an important contribution to the social studies of law is that, because of an unprecedented access to the collective discussions of judges, Latour has been able to reconstruct in detail the weaving of legal reasoning: it is clearly not the social that explains the law, but the legal ties that alter what it is to be associated together. It is thus a major contribution to Latour's social theory since it is now possible to compare the ways legal ties build up associations with the other types of connection that he has studied in other fields of activity. His project of an alternative interpretation of the very notion of society has never been made clearer than in this work. To reuse the title of his first book, this book is in effect the 'Laboratory Life of Law'.

  • Facing Gaia

    Bruno Latour

    • Polity
    • 5 September 2017

    The emergence of modern sciences in the seventeenth century profoundly renewed our understanding of nature. For the last three centuries new ideas of nature have been continually developed by theology, politics, economics, and science, especially the sciences of the material world.
    The situation is even more unstable today, now that we have entered an ecological mutation of unprecedented scale. Some call it the Anthropocene, but it is best described as a new climatic regime. And a new regime it certainly is, since the many unexpected connections between human activity and the natural world oblige every one of us to reopen the earlier notions of nature and redistribute what had been packed inside.
    So the question now arises: what will replace the old ways of looking at nature?
    This book explores a potential candidate proposed by James Lovelock when he chose the name 'Gaia' for the fragile, complex system through which living phenomena modify the Earth. The fact that he was immediately misunderstood proves simply that his readers have tried to fit this new notion into an older frame, transforming Gaia into a single organism, a kind of giant thermostat, some sort of New Age goddess, or even divine Providence.
    In this series of lectures on 'natural religion,' Bruno Latour argues that the complex and ambiguous figure of Gaia offers, on the contrary, an ideal way to disentangle the ethical, political, theological, and scientific aspects of the now obsolete notion of nature. He lays the groundwork for a future collaboration among scientists, theologians, activists, and artists as they, and we, begin to adjust to the new climatic regime.

  • Cet ouvrage remet en cause beaucoup d'idées reçues sur l'activité scientifique.
    Il constitue une excellente introduction à l'oeuvre innovante du philosophe Bruno Latour, et plus généralement à la sociologie des sciences contemporaines.
    Destiné en priorité aux chercheurs, ce texte très accessible s'adresse aussi à un large public.

  • Quel rapport entre l'existence d'une oeuvre d'art et celle d'un être vivant ? Entre l'existence de l'atome et celle d'une valeur comme la solidarité ? Ces questions sont les nôtres à chaque fois qu'une réalité est instaurée, prend consistance et vient à compter dans nos vies, qu'il s'agisse d'un morceau de musique, d'un amour ou de Dieu en personne. Comme James ou Deleuze, Souriau défend méthodiquement la thèse d'un pluralisme existentiel. Il y a, en effet, différentes manières d'exister, et même différents degrés ou intensités d'existence : des purs phénomènes aux choses objectivées, en passant par le virtuel et le « sur-existant » dont témoignent les oeuvres de l'esprit ou de l'art, tout comme le fait même de la morale. L'existence est polyphonique, et le monde s'en trouve considérablement enrichi et élargi. Outre ce qui existe au sens ordinaire du terme, il faut compter avec toutes sortes d'états virtuels ou fugaces, de domaines transitionnels, de réalités ébauchées, en devenir, qui sont autant d'« intermondes ». Servi par une érudition stupéfiante qui lui permet de traverser d'un pas allègre toute l'histoire de la philosophie, Souriau donne les éléments d'une grammaire de l'existence. Mais son enquête se veut aussi une introduction à « la pratique de l'art d'exister ». À quoi nous attachons-nous précisément lorsque nous aimons un être ? À quoi nous engageons-nous lorsque nous nous identifions à un personnage de roman, lorsque nous valorisons une institution ou adhérons à une théorie ? Et finalement, quel(s) mode(s) d'existence(s) sommes-nous capables d'envisager et d'expérimenter pour nous-mêmes ? Questions métaphysiques, questions vitales. Cette nouvelle édition est précédée d'une présentation d'Isabelle Stengers et Bruno Latour intitulée « Le sphinx de l'oeuvre ». Elle inclut également un article d'Étienne Souriau, « Du mode d'existence de l'oeuvre à faire » (1956).

  • Reassembling the Social is a fundamental challenge from one of the world's leading social theorists to how we understand society and the 'social'.

    Bruno Latour's contention is that the word 'social', as used by Social Scientists, has become laden with assumptions to the point where it has become misnomer. When the adjective is applied to a phenomenon, it is used to indicate a stablilized state of affairs, a bundle of ties that in due course may be used to account for another phenomenon. But Latour also finds the word used as if it described a type of material, in a comparable way to an adjective such as 'wooden' or 'steely'. Rather than simply indicating what is already assembled together, it is now used in a way that makes assumptions about the nature of what is assembled. It has become a word that designates two distinct things: a process of assembling; and a type of material, distinct from others.

    Latour shows why 'the social' cannot be thought of as a kind of material or domain, and disputes attempts to provide a 'social explanations' of other states of affairs. While these attempts have been productive (and probably necessary) in the past, the very success of the social sciences mean that they are largely no longer so. At the present stage it is no longer possible to inspect the precise constituents entering the social domain.

    Latour returns to the original meaning of 'the social' to redefine the notion, and allow it to trace connections again. It will then be possible to resume the traditional goal of the social sciences, but using more refined tools. Drawing on his extensive work examining the 'assemblages' of nature, Latour finds it necessary to scrutinize thoroughly the exact content of what is assembled under the umbrella of Society.

    This approach, a 'sociology of associations', has become known as Actor-Network-Theory, and this book is an essential introduction both for those seeking to understand Actor-Network Theory, or the ideas of one of its most influential proponents.

  • On peut soit débattre de la légitimité d'une sociologie des connaissances scientifiques, soit la faire. Ce volume prouve le mouvement en marche. Il rassemble quelques-unes des meilleures études publiées en langue anglaise au cours des quinze dernières années et a pour but de présenter des faits scientifiques analysés en détail par des sociologues et des historiens qui n'établissent a priori aucune frontière infranchissable entre les facteurs sociaux et cognitifs. Contrairement à la littérature épistémologique qui ignore tout du fonctionnement technique et social des sciences, et contrairement à la littérature sociologique qui fait généralement l'impasse sur les contenus scientifiques, de nombreuses études existent en anglais qui proposent une autre façon de parler des sciences. Elles mettent en scène des acteurs sociaux - scientifiques ou autres - qui construisent à chauds des connaissances, dont certaines finissent par s'imposer. En suivant les controverses, les conflits d'interprétation, les doutes, les coups de force, on assiste à l'élaboration de connaissance qui, une fois acceptées, font oublier les conditions de leur production. On se convainc progressivement que pour apprécier la science faite, pour comprendre pourquoi elle se répand irrésistiblement, il faut étudier la science en train de se faire. Ces études, déjà publiées pour la plupart en tirage limité par l'association Pandore, sont à nouveau disponibles. Elles ont été enrichies d'une longue présentation, où Michel Callon et Bruno Latour (Centre de sociologie de l'innovation, École nationale supérieure des mines de Paris) les restituent par rapport aux travaux de ces dernières années, pour souligner leur actualité et montrer le rôle qu'elles ont joué dans le renouveau des travaux consacrés aux rapports entre les sciences, les techniques et les sociétés.
    (Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 1991.)

  • Un grand débat international sur la situation contemporaine, porté par 13 intellectuels du monde entier : Arjun Appadurai, Zygmunt Bauman, Didier Eribon, Eva Illouz, Ivan Krastev, Paul Mason, Pankaj Mishra, Robert Misik, Oliver Nachtwey, Donatella della Porta, César Rendueles, Wolfgang Streeck, Slavoj Zizek. Crise financière, émergence de formations politiques nationalistes et en partie anti-libérales, rejet des institutions européennes, dégradation spectaculaire du débat public, répulsion grandissante à l'encontre des médias, multiplication des attitudes xénophobes et des théories conspirationnistes les plus grossières et invraisemblables. Pour la première fois, des chercheurs et universitaires de renommée internationale explorent les racines profondes de ce qu'il est permis d'appeler une "grande régression". Ils la replacent dans son contexte historique, s'attachent à élaborer des scénarios possibles pour les années à venir, et débattent des stratégies susceptibles de la contrecarrer.

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