• La Recherche du temps perdu est l'un des plus grands livres du XXe siècle. De Proust on a dit qu'il était toute la littérature, comme Bach était toute la musique. Pourtant, nombreux sont encore ceux qu'il intimide ou qu'il déconcerte. Cette introduction a été composée à leur intention par l'un des meilleurs connaisseurs de son oeuvre, Bernard de Fallois, le « proustien capital » selon Nathalie Mauriac. Mais que l'on se rassure. Peu soucieux d'en imposer par le poids de l'érudition, Bernard de Fallois vise surtout la limpidité, la concision, la clarté qui n'exclut pas, bien au contraire, la densité de son propos. Il parvient à mettre à la portée de tous l'essentiel de ce qu'il faut savoir pour lire intégralement cette oeuvre capitale, pour admirer sa nouveauté, mesurer sa grandeur qui va de pair avec un génie comique rarement égalé depuis Molière.

  • À l'intention de ceux qui partent à la découverte du plus grand monument littéraire du XXe siècle mais aussi de ceux qui l'ont déjà maintes fois visité, cet ouvrage résume, éclaire, condense en formules limpides et saisissantes les grands thèmes de l'oeuvre en sept conférences magistrales : comment Prout a-t-il composé son livre, qu'est-ce qu'un « personnage proustien », quelle est la part du génie comique dans son oeuvre, celle de l'amour, de la réflexion métaphysique et de l'art, quelle est sa place par rapport à ses plus illustres prédécesseurs, Balzac ou Chateaubriand ?

    Après l'Introduction à la Recherche du temps perdu, Bernard de Fallois s'impose comme l'un des guides les plus accessibles, les plus clairs et les plus sûrs de l'oeuvre de Marcel Proust.

  • Bernard de Fallois a tenu chaque semaine, vers la fin des années 50 jusqu'en 1962, sous le pseudonyme de «René Cortade», la chronique cinématographique de l'hebdomadaire Arts, dirigé par Jacques Laurent, puis celle du Nouveau Candide. Auparavant il avait collaboré à l'éphémère Artaban.
    Ces trois ensembles ici regroupés offrent un panorama du 7e Art en un temps où il était encore dominé par quelques Maîtres qui étaient déjà des classiques: John Ford, Hitchcock, Fellini, Becker, Bergman, René Clair, pour ne citer que quelques noms.
    Environ 150 films sont ici résumés, analysés et jugés dans toutes leurs composantes: scénarios, musiques, dialogues, interprètes.
    Pour les plus grands on trouve également dans chaque article une rétrospective méthodique des films antérieurs, avec le rappel de leurs caractéristiques essentielles.
    Pour beaucoup de lecteurs, ces denses et brillantes synthèses proposaient ainsi une initiation au cinéma, en offrant de nombreux «parcours de découverte» comme l'on dit aujourd'hui. Elles fuyaient la technicité pseudo-savante, l'ésotérisme de ciné-club qui s'est parfois imposé chez les cinéphiles de profession.
    Pas un instant leur auteur n'oublie que le cinéma est d'abord un art populaire tourné vers le plus grand nombre, qu'il doit plaire et qu'il doit émouvoir.
    Ce sont des chroniques d'humeur où les dithyrambes alternent avec les éreintements: enthousiasme - communicatif - pour La Mort aux trousses d'Alfred Hitchcock ou encore pour La Dolce Vita de Fellini (boudé à sa sortie par nombre de savants docteurs); aversion pour l'adaptation de La Jument verte par Claude Autant-Lara, un film dont la platitude et la vulgarité parviennent à tuer l'oeuvre truculente et poétique de Marcel Aymé.
    À relire aujourd'hui ces chroniques, il est difficile de rester insensible à leur vivacité et à leur élégance. À leur densité également marquée par le souci de dégager avec vigueur et concision la personnalité artistique de chaque cinéaste, les hauts et les bas de sa carrière, ses leitmotive, son style, sa poésie, son humour ou sa culture - à l'occasion. Mais aussi les sentiments qu'il nous inspire.
    Cette collection en apparence fort disparate, c'est l'évocation d'un Âge d'or: les paysages, les saisons et les rêves d'un temps où la télévision était encore dans l'enfance et où l'industrie de l'image n'avait pas encore dévoré le cinéma d'auteur.

  • Simenon

    Bernard De Fallois

    " Arbre à romans ", comme il aimait à se définir, Simenon en a laissé près de deux cents - dont soixante-quinze consacrés aux enquêtes du commissaire Maigret -, sans compter des centaines de contes et nouvelles et plusieurs ouvrages autobiographiques.
    Cette fécondité presque monstrueuse l'a fait considérer longtemps comme un phénomène littéraire mais qui ne relevait pas de la littérature au sens noble du terme. Tandis que, plébiscité par des millions de lecteurs, critiques et universitaires l'ignoraient et que les chapelles à la mode le méprisaient, Bernard de Fallois, le premier, osa mettre en lumière des évidences alors cachées : les " Maigret " devaient être considérés comme des romans à part entière ; Simenon n'était pas un feuilletoniste à succès mais un écrivain et des plus grands, en dépit de la répugnance du goût français à admettre une oeuvre romanesque qui ne soit ni d'un styliste ni d'un écrivain " à idées ".
    " Il écrit comme Monsieur-Tout-le-Monde ", dit un jour de lui un critique de mauvaise humeur. À quoi un autre critique répondit, non sans humour : " Ce qui est tout de même curieux, c'est qu'à part Simenon personne ne sait écrire comme Monsieur-Tout-le-Monde ".

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