• La Farine est le premier livre de Benoît Damon. Sous-titré Une confession, l'ouvrage avait retenu l'intérêt de la critique comme du public. Récit âpre et tendu des années vécues entre l'adolescence et l'âge d'homme par un narrateur « en miettes », « un pitre humilié », « une caricature de Pierrot lunaire » qui se « pique à la poudre de Perlimpinpin pour garder la forme », cette remémoration d'une jeunesse fourvoyée par on ne sait quel tour de magie noire ou blanche signalait la naissance d'un écrivain. Dans une prose creusée, lapidaire et pointue, le narrateur évoque son apprentissage de boulanger-pâtissier. Les lieux, les hommes se rappellent à lui. Et les années de formation qui bien souvent déterminent la courbe d'une vie sont ici ramenées, contenues dans de brefs chapitres arrachés au silence comme autant d'éclats tranchants. Par-delà un hypothétique lecteur futur, c'est à sa mère que Benoît Damon adressait cette confession. La rage de lire qui très tôt s'est emparée de lui, ainsi que la puissance de vie léguée par «les écrivains morts» viennent éclairer la sombre traversée. Tout à la fin, une soudaine réconciliation « de moi à moi, et de mon être au monde » alertera le narrateur sur une métamorphose en cours qu'il était loin de soupçonner...

  • Peu de temps avant sa mort, Théodore Géricault exécute dix portraits d'aliénés. Pensionnaire à l'hospice de Charenton, l'un d'entre eux, appelons-le "Monomane de la guillotine", s'adresse au jeune peintre durant trois séances de pose. Il raconte la Révolution, évoque le marquis de Sade, Marie-Antoinette, Louis XVI et leur exécution. Tissant des liens entre les évènements historiques et son destin individuel, cet « Enfant de la Patrie » convoque les figures parentales, sans doute jamais connues. Mais l'enquête est insoluble : bien que dévoilé, le mystère de la naissance demeure entier. "Je suis en ces lieux, comme je l'étais le jour de mon arrestation par trois hommes de main, - je suis, j'étais, je demeure qui je suis : le fils de la guillotine."

  • Un voyage dans l'univers fantasque du peintre originaire d'Ostende James Ensor, où se croisent des personnages souvent grotesques échappés de ses tableaux, qui s'affrontent et dialoguent. Neuf tableaux sont présentés en vis-à-vis des chapitres.

  • " Ce n'était que bouts de ficelle, rognures d'ongles, boutons trouvés, capsules de bières et paroles volées.
    Avec ça, il bricolait de petites machines qui ne servaient à rien et n'intéressaient presque personne - de toutes petites machines privées de sens comme d'influence dans quelque sphère que ce soit. Mais, en dépit de sa minutie tatillonne et de tous les efforts déployés au cours de leur fabrication, aucune d'entre elles ne fonctionnait comme il l'aurait souhaité ; il demeurait toujours, ici ou là, un grain de sable inopportun : avant d'éclater, il crissait entre deux rouages mal ajustés.
    Et tout était à recommencer. En plus fin. Plus discret. Plus effacé. "

  • Ariana

    Benoit Damon

    Ariana. Quatre saisons. Des poèmes au jour le jour. Quelques nuits en complément.
    Et visites chez les morts, amis au Pérou comme ailleurs. Passant du lyrisme retenu à l'ironie, Benoît Damon poursuit une méditation sur le temps et la finitude. Les journées sont la mesure définie par l'exigence poétique. Les lieux reviennent. Entraîné par l'urgence de résister à l'appel du « Bonhomme Néant » autant qu'à « la danse macabre demain » et à la force d'attraction du silence, l'auteur interroge les êtres, le monde alentour tels qu'ils vont. Discrets au début du recueil, le parc et le musée Ariana vont exercer un attrait grandissant ;
    Au fil des pages, ils deviennent des « lieux d'ancrage » essentiels pour la réalisation de cette quête poétique. Lieux d'ancrage, mais aussi lieux de rencontres :
    Tantôt avec certains habitués du parc (ils fréquentent les bancs et les allées, le pavillon abritant la cloche de Shinagawa, les pelouses ou les bassins), tantôt avec certaines pièces exposées dans les galeries du musée où Benoît Damon prend l'habitude de déambuler quotidiennement, ce qui finira par intriguer les gardiens et les mènera à prendre langue avec lui. Lieux de rencontres entre les êtres et les choses : et voici l'apparition inattendue d'une soupière convoquant comme par hasard la figure de la mère ; voici les prises de trois couvercles faisant écho au fruit du chêne dont il est question dans un poème antérieur ; voici les truites en fer forgé d'un bassin qui évoquent les truites de Courbet et celles d'un poète américain épris du Japon ; voici une balle trouvée sur un banc, occasion de saluer un vieux moine zen qui en portait toujours une sur lui pour jouer avec les enfants. Autant de coïncidences ? Oui et non. Balises inattendues, offertes à l'esprit en mouvement. Découverte, approfondissement des lieux par une fréquentation assidue : rencontres entre les vifs et les morts, les arts et les cultures, le passé et le présent. Ainsi, le musée Ariana et son parc rayonnent :
    Foyer pour l'esprit, lieu d'apaisement, étrange « laboratoire poétique » auquel hommage est rendu. Benoît Damon se surprend à parler aux inconnus sur le chemin, ou à dialoguer avec les contemporains qui l'auront accompagné durant une année ou plus : et l'on retrouve des poètes aussi divers que Perse, Eliot, Cummings ou Stevens, Vallejo ou Heraud, Su Dongpo et Ryokan, Ronsard, Ponge et Queneau « qui aimait bien marcher les pieds dans l'eau », ou encore Brautigan et son chapeau.

  • Apres les cendres Nouv.

    Apres les cendres

    Benoit Damon

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  • Un air de pipeau

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