• Au XVIe siècle, les "statuts de pureté de sang", qui maintiennent les conversos dans des marginalités frappées d'infamie, dévoilent une histoire fondée sur une ségrégation raciale aux racines anciennes. C'est sous les Rois Catholiques que le système inquisitorial jette pour la première fois l'opprobre sur toute une catégorie sociale. L'Inquisition, dressant face à face vieux -chrétiens au sang pur et nouveaux-chrétiens au sang impur, donne corps à une guerre locale pour le pouvoir et s'érige en arbitre sur le terrain religieux autant que politique. Instrument efficace au service des opportunismes monarchiques, elle est mêlée de près à une reconstruction du royaume dont les judéoconvers font les frais. Pourquoi représentent-ils dans ces conflits l'éléme nt antisocial ? Les spécificités d'un groupe dynamique suffisent-elles à expliquer l'enchaînement de l'exclusion et de l'anathème ?

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  • La passion du complot relève, à l'évidence, d'une pathologie singulière : c'est une passion d'autant plus violente que la cause est presque perdue d'avance.
    Magnifiques espions, fantasmes insondables... pour une réalité souvent pitoyable. La vision - qui laisse bruisser toute sorte de frisson et semble autoriser une frénésie inavouable pour les turpitudes politiques de la société des Princes - est, certes, tentante. Las ! Gardons-nous de ce parfum de mystère qui enivre... L'association des notions d'espionnage et de diplomatie pourrait paraître telle une monstruosité historique mettant en regard l'espion, sans nom et sans visage, infâme ou honorable, et l'ambassadeur, paré d'un luxe imposant le respect dû à son Prince, semblant s'attarder à une gesticulation inutile.
    Pourtant, c'est bien cette confrontation qui a été posée comme préambule à la réflexion, telle la source fertile d'où devait sourdre une meilleure connaissance de l'organisation tentaculaire et sombre des relais de renseignement espagnols. L'essor du renseignement - ou des politiques d'information -, loin d'être le simple caprice du Prince omniscient, est consubstantiel au développement des monarchies modernes : il accompagne autant la construction - voire l'hypertrophie - administrative de l'Etat autoritaire que l'orientation des politiques nationales.
    Si le renseignement, en soi, ne constitue guère une finalité mais plutôt l'instrument nécessaire à la mise en oeuvre d'un programme politique, l'histoire de ses rouages alors éclaire l'ambition de toute action politique. D'un renseignement auxiliaire du gouvernement en exercice à un espionnage caution d'une raison d'Etat à l'oeuvre, ce sont les rapports ambigus entre pouvoir et renseignement qu'interroge l'historien, écornant incontinent la mythologie grossière et fantasmatique de l'espionnage.

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  • L'idée de cet ouvrage est née de la nécessité de comprendre le sens du concept espagnol de reputación. La définition originelle du terme demeure proche de celle de réputation dans la France d'Ancien Régime. Pourtant, la fréquence obsessionnelle avec laquelle il est utilisé sous les Habsbourg attire l'attention. A l'échelle des hommes, comment se construit la réputation, de quels espoirs secrets est-elle le nom ? Dans la mise en scène de la monarchie catholique au regard de l'Europe, comment se négocie la reputación du royaume, suivant le chemin sinueux de la paix et des réformes ? De quelle dangerosité se charge-t-elle dès lors que la politique reputacionista devient le nouveau programme de recouvrement symbolique de la gloire internationale, combinant à la fois l'universel et le localisme ? Sans cesse, la société castillane se joue de cette reputación pour promouvoir d'autres grilles de valeurs, d'autres usages sociaux : réputation de la qualité de noble ; réputation du sang ; reputacionismo et revendication expansionniste.
    La réputation dévoile des usages sociaux qui rendent compte d'une façon propre de penser le monde, et de se penser dans le monde. Elle est ce principe vital sans lequel on ne comprend pas grand-chose aux dynamiques sociales et politiques de l'époque moderne. C'est la grande leçon tirée des travaux de la professeure Araceli Guillaume-Alonso à qui son équipe de recherches, ses collègues et amis, nombreux, ont souhaité rendre hommage.

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  • a partir du xve siècle, les voyages entrepris par les portugais vers l'est et par les castillans vers l'ouest ouvrirent de nouvelles routes, initiant le processus de l'expansion européenne.
    l'axe de la méditerranée - comme l'avait souligné perre chaunu il y des années - allait alors être transféré à l'atlantique, bouleversant les espaces anciens et créant postérieurement de nouveaux espaces géopolitiques, tel l'axe transpacifique. aux conséquences politiques de ce fait nouveau que constitua la création des empires modernes s'ajoutèrent les conséquences sociales, puisque les déplacements humains qu'il entraîna - à une échelle inattendue et dans des régions jusqu'alors inconnues - furent à la base de la formation de nouvelles sociétés.
    cette expansion, qui était initialement inspirée par des motivations commerciales, fut marquée par le bouleversement des structures et des réseaux anciens, par la translation de modes de cultures, par la circulation des objets, des personnes et des idées. elle assura la domination politique et économique de l'occident. cet ouvrage porte une double ambition. d'une part, appréhender les rouages exclusivement économiques en faisant le point sur la façon dont s'étaient établies et développées les relations commerciales entre les colonies américaines de l'espagne, grandes pourvoyeuses de produits devenus indispensables (le tabac, le cacao, la cochenille, l'indigo, le sucre de canne, la vanille, le jalap, le bois de campêche, etc.), et l'europe.
    d'autre part, mettre en lumière la figure du marchand, qui permet cette pénétration et ces échanges, grâce à des réseaux patiemment et subtilement entretenus, grâce à une fine connaissance des réalités économiques et politiques de l'une et l'autre rives, grâce à une insertion étroite dans un tissu politique et social complexe...

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