• La visibilité est un terme qui revient aujourd'hui de façon récurrente dans le débat public. Pas une réunion en entreprise, privée ou publique, à l'université ou dans les organismes sociaux qui ne se préoccupe désormais de rendre visible l'action menée ou ne se montre consciente de la nécessité de se rendre visible, de façon à capter l'attention. Pas un parti politique, un responsable qui ne s'en soucie de manière lancinante et continue. L'ensemble des pratiques sociales connaissent à présent les tyrannies de la médiatisation permanente. Pourquoi et comment l'exigence de visibilité a-t-elle pris une telle ampleur aujourd'hui dans notre société ? Quelles en sont les manifestations et les conséquences à différents niveaux, celui de la société dans son ensemble, celui du travail, de la vie politique, de la façon de communiquer, celui du rapport à soi et du vécu individuel de chacun ?

  • Dispositif contribuant à mettre en scène le pouvoir, le protocole constitue un objet de réflexion fondamental pour le politique. Quelles que soient leurs traditions culturelles et nationales, les gouvernants ont recours à l'apparat pour renforcer leur légitimité. Mode de répartition des corps dans l'espace, le protocole classe, partage, hiérarchise, rassemble, agrège, institue. Il instaure et préserve ainsi un ordre qu'il rend visible. La réflexion entreprise ici relève de l'anthropologique, du sociologique, de l'historique, du juridique et du politique. On s'intéresse aussi bien aux monarchies d'Ancien Régime qu'aux démocraties contemporaines, aux régimes autoritaires, fasciste qu'aux expériences des régimes théocratiques.

  • La modernité occidentale a construit l'homme sensible et a lentement façonné les sens et les sentiments. Elle a placé au coeur de la condition humaine, en particulier depuis les traités de civilité de la Renaissance, des exigences de retenue du corps, de distance à autrui, délimitant ainsi un intérieur et un extérieur en chacun. Elle a voulu inscrire l'individu dans un sentiment de continuité, privilégier la perception d'une stabilité de l'existence sur quoi se fonde la propriété de soi. Celle-ci est aujourd'hui menacée par la fluidité d'un monde devenu immatériel, dépourvu de limites. Ce livre entreprend d'élucider les métamorphoses de la condition sensible dans les sociétés contemporaines. Les flux sensoriels et informationnels continus incitent l'individu à des formes de propriété illimitée de soi en même temps qu'ils induisent un rétrécissement de l'espace intérieur. Processus paradoxaux, ils transforment en profondeur nos manières de sentir, de percevoir, d'être et de penser. Cet état de fluidité entraîne des formes d'indistinction, d'indifférenciation entre le réel et le virtuel, entre les individus, reposant alors de façon aiguë la question du sens et des sens : sommes-nous entrés dans une ère nouvelle de la condition sensible ?

  • Eugène Enriquez retrace ici son parcours intellectuel et professionnel, revenant dans une série d'entretiens avec Joël Birman et Claudine Haroche sur les origines et les raisons profondes de son engagement dans la psychosociologie et la sociologie clinique.
    Il rappelle que le psychosociologue et le sociologue clinicien travaillent à la formation de sujets désirants capables de penser par eux-mêmes, capables aussi de résister à des normes, des manières de vivre et de penser injustes et violentes, capables enfin d'exercer avec d'autres leur " puissance d'agir " pour contribuer à créer une société vivable et plus juste.

  • La collection est dirigée par Lucien Sfez, professeur à l'Université de Paris I. Les ouvrages sont des analyses du pouvoir et de la politique.

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  • Qu'est-ce que le sentiment d'humiliation ? Sous quelles formes s'exprime-t-il ? Quels sont ses origines, ses effets politiques, les processus qui le sous-tendent, les situations qui le provoquent ? Cet ouvrage entreprend d'éclairer la genèse de l'humiliation dans la modernité, les formes d'expression et les effets de ce sentiment dans les processus d'individualisation du XVIIIe siècle à nos jours.
    Les sentiments et le politique sont en effet étroitement imbriqués dans la construction de l'individu moderne ; et l'humiliation, au coeur des sensibilités et du politique, touche au plus profond de l'individu : à son être, son identité, son sentiment même d'existence. L'analyse de ce sentiment nécessite donc une approche transversale. C'est pourquoi les auteurs adoptent tour à tour un angle historique, politique, philosophique, anthropologique et psychanalytique : capitalisme et humiliation, politique coloniale et humiliation, humiliation et insoumission, ou encore humiliation et amour-propre...
    Sont aussi examinées les formes extrêmes d'individualisation de nos sociétés contemporaines qui génèrent une indifférence généralisée, provoquant chez les individus délaissés un sentiment d'humiliation radical. L'humiliation relèverait ainsi de l'accumulation d'éléments - apparemment insignifiants et quotidiens -, de leur répétition, tout autant que de leur intensité de type traumatique. Fractures sociales, violences urbaines, révoltes de jeunes...
    L'élucidation du sentiment d'humiliation apparaît alors comme un enjeu déterminant pour comprendre les évènements majeurs du présent.

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