Langue française

  • Novembre 2022. Un cyclone d'ampleur inédite ravage la côte ouest des États-Unis. Incapables de rembourser les dégâts, les compagnies d'assurance font faillite ; à leur suite, le système financier américain s'effondre, entrainant dans sa chute le système mondial tout entier. Plus d'argent disponible, plus de sources d'énergie, des catastrophes climatiques en chaîne, plus de communications... En quelques mois, le monde entier tel que nous le connaissons est englouti.
    Antoinette Rychner s'est inspirée de la « collapsologie » pour bâtir son roman. S'y déroulent, en alternance, les péripéties d'un groupe de personnages qui tente de survivre dans une société condamnée à réinventer ses propres logiques, parfois au prix de la barbarie ; et une « épopée », chant collectif tissé par deux femmes et retraçant, à la première personne du pluriel, les événements qui ont conduit puis succédé à la catastrophe.
    L'humanisme est-il l'apanage des sociétés qui vont bien ? Ou bien est-il possible d'inventer, au coeur même du désastre, de nouvelles façons de vivre ensemble et d'habiter le monde ?

  • Pièces de guerre en Suisse. Cet emprunt au dramaturge Edward Bond vise un effet de télescopage entre l'image de tranquillité et de neutralité véhiculée à priori par la Suisse, et le mot « guerre ».

    Qu'on parle du rétablissement de la peine de mort, de la question migratoire, de la solidarité à échelle planétaire ou de situations de consumérisme paisible en apparence, le texte interroge les représentations de la violence dans l'esprit d'un peuple qui n'a pas ou très peu connu de conflits armés. Au-delà de la Suisse, ce sont les pays développés à économie de marché dans leur ensemble qui sont mis en jeu.

    Au fil des scènes, on voit des citoyens et citoyennes évoquer la fondue, parler de filiation et d'éducation, se demander, à propos des catastrophes, ce que signifie pays « proche » ou « lointain ». Certains sont hyper conscientisés et engagés. D'autres sont naïfs ou ignorants, semi-complices de la destructrice du monde. Mais aucun ne peut ignorer tout à fait les échos des grands conflits passés ou contemporains, les signes d'ébullition des violences à venir.

  • Dans les mythes, t'as des héros victimes de métamorphoses qui finissent délivrés, rendus à eux-mêmes, y s'retrouvent encore plus humains, plus libres et agrandis qu'avant mais çui qu't'étais dans l'temps, papa, n'est jamais r'venu.

    Y a eu tell'ment de honte et tell'ment de honte d'avoir honte et tellement de MANQUE.

    Si Arlette est bien réelle, c'est toute la réalité qui l'entoure qui fuit, suinte, grince, glisse et se déplace. Arlette a peur d'arriver en retard pour dire un dernier adieu à son père mourant, mais elle tombe sur sa soeur qui ne sait pas quoi se mettre pour aller au remariage de leur père...

    Antoinette Rychner propose face à toutes les virtualités qui nous entourent une situation de théâtre qui met en jeu les réalités concurrentes qui nous habitent. Antoinette créé avec Arlette une voyageuse de la conscience. Elle fabrique un personnage pétri de réel ; sa langue, sa vie, ses rencontres sont uniques et particulières, et pourtant, cette plongée dans un univers parallèle à sa propre vie nous entraîne à nous interroger nous-mêmes : que ferions-nous si nous pouvions revivre quelques instants et refaire mieux ces quelques actes manqués.

  • Tout ce temps, j'ai tenu.
    Tout ce temps j'ai serré les dents, travaillé à dissimuler ce qui nous arrivait.
    Et maintenant, tu laisses ta petite amie publier le journal de Lisa.
    Que vont dire les Müller, les Bühler, les Jeanme.

    L'arrivée d'une personne étrangère ébranle le mur du silence et oblige une famille à réapprendre à se parler dans un monde où la technologie est omniprésente.

  • Après le tsunami provoqué par l'annonce de la leucémie d'un de ses enfants, Antoinette Rychner nous restitue six mois du quotidien bouleversé d'une famille, le combat pour la vie et la solidarité des proches. Une leçon de courage et d'amour, un récit poignant et sincère.

  • Un homme rentre chez lui pour retrouver femme et enfant. Dans la boîte aux lettres, il trouve le courrier tant redouté, qui provoque en lui une déflagration qui le rend sourd : une fois de plus, il n'a pas remporté le Prix ! Le Prix de sculpture, celui pour lequel il travaille sans cesse, qui fait tout le sens de son existence...
    Antoinette Rychner nous plonge dans l'esprit tourmenté d'un sculpteur de « Ropf » ' étranges créatures mi-organiques, mi-artisanales qui surgissent de son nombril. Le héros est tiraillé entre son désir d'absolu et les perpétuels écueils que constituent Mouflet, son fils, et S, sa femme ' leurs demandes d'amour et d'attention sont insupportables au grand artiste qui a besoin de solitude et de concentration. Et que dire alors de la naissance de Remouflet qui s'annonce, et va de nouveau tout bouleverser, jusqu'au drame...
    Dans une langue très originale, l'auteur nous embarque dans une épopée domestique à la fois drôle et tragique, où le réel s'évertue à battre en brèche les aspirations du narrateur.
    Un monologue intérieur cocasse et halluciné où vous apprendrez simultanément ce qu'est un Ropf, quelle est la nature mystérieuse de la création artistique, et comment se débarrasser des bricolages fabriqués à l'école que vos enfants rapportent à la maison.
    Un premier roman à l'humour ravageur, illuminé d'éclairs de tendresse : les relations des parents avec leurs enfants, de l'attendrissement à l'exaspération, sont vues avec une vraie sensibilité.

  • Avec l'air de ne pas y griffer, ces correspondances nous entraînent dans une ronde mi-fugue mi-raison où vont se réfugier les rêves d'une jeune mère en mal d'amour. C'est tendre, ironique et terriblement charmant.

  • Pendant une année, de juin 2015 à juin 2016, l'auteure s'installe dans une roulotte posée dans le pré de sa maison neuchâteloise. Mais qu'est-ce qui peut bien se passer de si incroyable dans ce lieu « où rien ne bouge » et dans le défilé des saisons pour qu'au fil du conte, on soit happé avec enthousiasme par les récits nomades d'une documentariste du réel à l'imagination arachnéenne ?

  • Fouillant des existences hétéroclites, à l'affût du micro-drame ou du flagrant délit de situation comique, le regard tout à coup s'arrête ; brûle-pourpoint familial ou amoureux, révélation de l'échec, de la perte, secondes de déchirure ou de réconciliation, expérience intense de la création ou de la réception artistique. Les instants retenus, comme autant de curiosités rares et précieuses, sont traités avec une vraie fascination pour la bizarrerie humaine, une redoutable économie de moyens et une ironie souvent corrosive qui, pour rendre visibles les détails et les articulations les plus fines, « dégraissent » jusqu'à l'épure. Réunis en série, ces vingt-cinq récits allient l'impact du gros plan à la brièveté de l'éclair, précipitant leur lecteur dans une vision-kaléidoscope de notre condition.
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