Urdla

  • « Après Le Cuisinier de Warburton mon premier livre paru en 1979 qui cherchait à approcher la constitution de l'être-écrivain (Jakob Lenz et... moi) ; après La Condition des Soies (1982) : l'amour de la fille pour le père [...] ; après Roi de la valse (1992) : le couple, sa solitude ; après Vivant (1998) : ma mort ; un projet d'écriture s'est imposé à moi : celui de ma judéité, cette judéité tardive, paradoxale, qui ne m'a pas été léguée comme une culture, une langue, un patrimoine, une terre, mais comme un silence, une rupture, une dissimulation (-assimilation ?), un nonlegs [...].

    Que dit « Souffrir mille morts », « Fondre en larmes », projeté, composé, décomposé, recomposé, de 1997 à 2001, en ces temps où les antisémitismes de tous bords montaient en puissance et en visibilité.

    Il parle de ma métamorphose, méta-morphose dans le sens - inverse de celui des aiguilles d'une montre - où l'endure Grégoire Samsa : du papillon à la larve.

    De petite fille de Kafka donc, de Proust, de Freud, de Flaubert tout autant, en « fausse-couche de Charogne » ou : comment l'origine (ashkénaze) s'est muée-murée en identité (juive). Comment l'origine - dont je m'éloigne, ou non, librement - s'est fixée en identité, se rabattant sur l'identique. Comment l'identité, ce caractère unique d'un être, son noyau, sa saveur propre, s'est figée en identitaire.[...] Comment signifier autrement que par ces mots extraits du livre de Raul Hilberg : Destruction des Juifs d'Europe, donc mis entre guillemets, ma position d'emprunteur vis à vis de la langue française, comment mettre ces terribles mots à distance autant que possible, comment en même temps les faire se déployer dans toutes leurs dimensions [...].

    Comment dire autrement que la création (poétique) c'est peut-être cela : choisir et organiser ? » Anne Zadek

  • « Après Le Cuisinier de Warburton, mon premier livre paru en 1979 qui cherchait à approcher la constitution de l'êtreécrivain (Jakob Lenz et... moi) ; après La Condition des Soies (1982) : l'amour de la fille pour le père [.] ; après Roi de la valse (1992) : le couple, sa solitude ; après Vivant (1998) : ma mort ; un projet d'écriture s'est imposé à moi : celui de ma judéité, cette judéité tardive, paradoxale, qui ne m'a pas été léguée comme une culture, une langue, un patrimoine, une terre, mais comme un silence, une rupture, une dissimulation (-assimilation ?), un non-legs [.].
    Comment signifier autrement que par ces mots extraits du livre de Raul Hilberg : La Destruction des Juifs d'Europe, donc mis entre guillemets, ma position d'emprunteur vis-à-vis de la langue française, comment mettre ces terribles motsà distance autant que possible, comment en même temps les faire se déployer dans toutes leurs dimensions [.].
    Comment dire autrement que la création (poétique) c'est peut-être cela : choisir et organiser ? » (A. Z.)

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