Joelle Losfeld

  • Gammes

    Annie Saumont

    Grand'Ma raconte la Genèse à son petit-fils avec patience et malice. Un jeune collégien, suite à la séparation de ses parents, est envoyé par sa mère dans une triste colonie de vacances. En bon fils de militaire il revit, pour apprivoiser l'angoisse, une très ancienne bataille. Enfin Charles, Julien et Claire, depuis toujours unis par un profond amour, évoquent ici leurs souvenirs communs.
    Annie Saumont rappelle comment certains faits de l'enfance façonnent le cours de l'existence, comment tout se joue, alors même que nous n'en avons pas conscience, en ces petits événements qui semblent anodins et marquent notre vie.

  • Toute une famille pique-nique en Lorraine. Retrouvailles classiques - comment vont les enfants, l'émancipation des femmes et tout le reste... les vertus du vin, le goût du poulet et du saucisson.
    Tout est ordinaire sauf que tout ceci se passe en Lorraine après la Seconde Guerre mondiale. C'est Tonton Jean qui parle. Incorrigible bavard, buvant plus que nécessaire. Et voilà comment on apprend que le grand-père, Opa, a été arrêté pour avoir aidé un groupe de résistants. Comment on l'a embarqué sans que tonton, qui chiait dans son froc, ne lève le petit doigt. C'est la Lorraine, avec toute cette ambiguïté franco-allemande. Cette terre qui a été voulue, annexée et qui sombre souvent dans la nostalgie ou dans la rancoeur.
    Ce sont les mots d'Annie Saumont, c'est vif, émouvant et terrible.

  • Les bles

    Annie Saumont

    L'histoire d'un jeune résistant amoureux que sa mère envoie travailler dans une ferme pour le protéger des Allemands.
    L'histoire de Marie, quinze ans, qui n'admet pas la guerre, qui n'aime pas non plus cette église où on la traîne, où l'on vante l'amour du prochain. Deux nouvelles d'Annie Saumont dans lesquelles, à l'ombre des blés ou des lieux saints, les sentiments d'amour, l'espoir et la tendresse ne suffisent pas à taire le crime, l'indifférence et la lâcheté. Les Blés et Pour Marie sont deux textes éminemment sensibles, bouleversants, qui prouvent une fois encore le talent de leur auteur.
    Les Blés est paru dans Quelquefois dans les cérémonies et Pour Marie dans Enseigne pour une école de monstres.

  • Nabiroga - le trou

    Annie Saumont

    Nabiroga : il s'agit d'une histoire de famille, sans folie ni hystérie, dans laquelle chaque personnage recèle en lui une faille génératrice du drame qui vient de se passer : Annette, la soeur jumelle de Cathie, est morte, tombée d'un mur.
    Le trou : «il» se souvient de sa rencontre avec une femme dans un pays lointain à l'époque où, contre son gré, il était soldat (au Vietnam ?). Elle était recroquevillée sur elle-même au fond d'un abri creusé dans le sable. Quatre jeunes garçons jouent sur la plage et participent à un concours de sable. Ils dessinent un cercle et creusent un trou. Seule la fin nous apprendra ce qui unit les deux histoires.
    Avec une grande sensibilité mais sans sentimentalisme, Annie Saumont décrit une situation dramatique avec une réelle conscience de ce qu'est la nature des êtres. Tendresse, pouvoir de suggestion, virtuosité de l'écriture sont ici présents comme dans l'ensemble de son oeuvre.

  • " Dès notre enfance nous avions cru être semblables, si fortement unis que notre mère troublée se hasardait à suggérer qu'à nous deux nous n'avions qu'une seule âme.
    " Au cours d'un trajet en voiture avec deux hippies pris un stop par le chauffeur, une femme se remémore les dernières vacances qu'elle a passées avec son frère à Madrid, lorsqu'elle était étudiante. Ce texte, traversé par révocation puissante de la mémoire, de la mort et surtout de la vie, évoque par petites touches un frère incestueux qui a fait de sa soeur son âme damnée.

  • Dans les trois nouvelles qui composent ce recueil, Annie Saumont montre comment de petits événements font rejaillir les souvenirs, le passé, pas toujours confortable.
    Qu'il s'agisse de cet homme assis à sa fenêtre, regardant la rue et se remémorant sa jeunesse, de ces deux jeunes filles debout dans le métro rêvant à une vie plus heureuse que ce retour au foyer d'accueil, ou encore de ce dernier qui, après de longs mois de prison, revient dans la ville de son enfance, Annie Saumont dit dans chacune, avec un verbe toujours aussi cinglant, qu'on échappe difficilement à son histoire, qu'elle nous poursuit comme une fatalité.

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