• Cet ouvrage retrace les phases essentielles de l'affaire Eichman, depuis la capture du criminel de guerre en Argentine jusqu'à son exécution en Israël, en 1962. Annette Wieviorka, historienne et auteure de nombreux essais consacrés à la mémoire de la déportation, analyse les conséquences retentissantes de ce procès sans précédent.
    Le 11 avril 1961, à Jérusalem, s'ouvre le procès d'un ancien dignitaire nazi : Adolf Eichmann, responsable logistique de la " Solution finale ", retrouvé l'année précédente en Argentine et enlevé par les services secrets israéliens. Au-delà d'un " Nuremberg du peuple juif ", il s'agit pour Israel de donner au monde une lecon d'histoire.
    Était-il légitime d'enlever Eichmann ? Devait-il être jugé par un tribunal israélien ? Ses droits fondamentaux furent-ils bafoués ? Quelles furent ses responsabilités réelles dans le génocide des Juifs ? Et sa vraie personnalité : haut fonctionnaire loyal, antisémite fanatique, exécutant discipliné, ou simple rouage de la " banalité du mal ", comme l'a suggéré Hannah Arendt ?
    De l'arrestation d'Eichmann, en mai 1960, jusqu'à son exécution dans la prison de Ramla, le 31 mars 1962, Annette Wieviorka retrace les phases essentielles d'un événement qui fit entrer la Shoah dans l'Histoire. Elle examine aussi les polémiques qui s'ensuivirent quant à l'appréciation des degrés de responsabilité dans la nébuleuse administrative nazie.

  • Un portrait de groupe saisissant de jeunesse et de courage, aux prises avec une histoire tragique où rôde une mort presque certaine.Ils s'appelaient Victor Zigelman et Henri Krasucki, Sophie Szwarc et Yanina Sochaczewska, Jacquot Szmulewicz et Étienne Raczymow, Paulette Shlivka et Esther Rozencwajg. Le plus jeune, en 1940, avait quatorze ans, le plus âgé moins de trente. Eux ou leurs parents, nés en Pologne ou en Roumanie, étaient venus en France chercher du pain et la liberté, la sécurité aussi croyaient-ils, car tous étaient juifs. Tous également étaient ou devinrent communistes, et résistants organisés au sein de la main-d'oeuvre immigrée (MOI). L'histoire de ces quelques centaines de jeunes gens, enfants de Belleville ou de la rue des Immeubles industriels à Paris, est restée largement méconnue. Pourtant, son importance est déterminante pour la communauté juive elle-même, mais aussi pour l'histoire de la Résistance et de celle, si discutée, du PCF pendant l'Occupation. L'oubli qui les a frappés est d'autant plus surprenant qu'ils payèrent leur action d'un prix démesuré. Seule une minorité en réchappa.
    De quel poids pesa leur identité juive, qui faisait planer sur eux une menace permanente, par rapport à leur engagement communiste, qui subordonnait tout à la défense de l'Union soviétique ? Ce dilemme fut dramatique pour beaucoup d'entre eux, notamment pour la sulfureuse Lucienne Goldfarb, dite " la Rouquine ", dont un destin extraordinaire fit après la guerre une tenancière de maison close amoureuse de l'opéra. Ce portrait de groupe saisissant éclaire une page trouble, héroïque et polémique des années noires, qui continuent de hanter la mémoire collective.
    Directrice émérite de recherche au CNRS, Annette Wieviorka fut membre de la Mission sur la spoliation des biens des juifs de France, et préside la commission Histoire de l'antisémitisme et de la Shoah de la Fondation pour la mémoire de la Shoah. Spécialiste mondialement reconnue de l'histoire du génocide des juifs et du communisme français, elle a publié Le Procès Eichmann
    (1989), Déportation et génocide. Entre la mémoire et l'oubli
    (1992), L'Ère du témoin
    (1998), Auschwitz expliqué à ma fille
    (1999), Maurice et Jeannette. Biographie du couple Thorez
    (2010) et, chez Perrin, À l'intérieur du camp de Drancy
    , avec Michel Laffitte (2012).

  • La vie et la mort quotidiennes dans un camp dont le nom, aujourd'hui encore, suscite l'effroi.La vie et la mort quotidiennes dans un camp dont le nom, aujourd'hui encore, suscite l'effroi. Entre 1941 et 1944, près de 80 000 Juifs transitèrent à Drancy, un camp commandé par les Allemands, gardé et administré par des Français. Des sources souvent inédites permettent pour la première fois de reconstituer l'existence des internés, avec son organisation, ses solidarités, ses violences et sa misère, sous la menace permanente et insupportable de la déportation.
    " Cette enquête, aussi minutieuse qu'implacable, est indispensable pour comprendre, encore et toujours, ce que furent les régimes de haine. " Télérama

  • L'opération vent printanier a débuté à Paris et en banlieue le 16 juillet 1942, à 4 heures du matin, pour se terminer au soir du 17 juillet. Sous ce nom de code, quelque 4500 policiers français ont procédé à l'arrestation de 12884 juifs d'origine étrangère, dont 5082 femmes et 4051 enfants : parqués dans l'ancien Vélodrome d'hiver, ils seront transférés dans les camps de Pithiviers, à Beaune-La-Rolande puis à Drancy et, de là, dans les camps d'extermination nazis où la plupart périront. Cinquante ans après, Blanche Finger et William Karel ont voulu donner la parole à quelques-uns des derniers témoins, encore en vie, de cette trop fameuse rafle du Vel'Hiv : survivants et rescapés de la rafle, déportés ou évadés, qui essaient de comprendre pourquoi, un jour radieux de l'été 1942, leur vie s'est brisée. Ce livre est le prolongement du film, réalisé par les auteurs et diffusé en juin 1992 sur FR3, dans le cadre de l'émission de Jean-Marie Cavada La marche du siècle : il réunit les témoignages complets des personnes interrogées dans le film, mais aussi d'autre inédits. Leurs propos, demeurés extraordinairement précis malgré le temps passé, nous replongent avec émotion dans le drame de ces deux jours, redonnent chair à ceux qui en furent victimes ou acteurs ; et ils nous aident à comprendre aussi comment la machine administrative du pays des droits de l'homme a pu, sans états d'âme, se mettre au service de la machine de mort nazie. L'historienne Annette Wieviorka a apporté à ce livre la mise en perspective indispensable pour comprendre l'importance histrorique du tournant que représenta la rafle de juillet 1942 dans la période d'Occupation.

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