• De son séjour à Séoul, le narrateur de cet étrange récit aurait pu rapporter le souvenir du café aromatisé à l'orange, le goût des tempuras de crevette, ou un selfie devant la tour la plus célèbre de la capitale coréenne, dont le nom sonne en français comme celui d'un poisson. Mais si bien sûr comptent les lieux, les ambiances et les rencontres de hasard, si l'effet de dépaysement est aussi inévitable que séduisant, plus que d'un récit de voyage, il s'agit surtout du récit de l'éloignement et de la solitude.
    Car il faut sans doute s'éloigner pour comprendre qu'on finit toujours par réduire l'immensité d'une ville aux rues qu'on y a parcourues ; le monde à ce qu'on en a vu. Mais aussi pour découvrir que c'est dans la conscience de ce rétrécissement que l'immensité reprend ses droits.

  • Alors qu'il a tout fait pour échapper à la province, à peine devenu docteur en philosophie, Victor est nommé au Lycée polyvalent de Friville-Escarbotin. Que ressortira-t-il de la crise violente que cela provoque en lui ?

    Victor n'est pas le premier à avoir fait tout ce qu'il pouvait pour échapper à la province. Mais tandis qu'il achevait ses études à Paris, qu'il y avait désormais des amis et même rencontré l'amour, le voilà nommé enseignant au Lycée Polyvalent de Friville-Escarbotin. Ennui, mépris, mélancolie des zones commerciales et déprime des ronds-points, tout lui revient avec violence. Victor parviendra-t-il à faire de ce parcours à rebours de tant de romans une aventure ? Une aventure dans laquelle il ne serait pas un salaud ?

    Dans ce premier roman, Alexis Anne-Braun revisite avec un regard décalé et contemporain le grand thème à la fois littéraire et - de plus en plus - politique de l'antagonisme entre Paris et le reste de la France. Anti Bel-Ami, anti Rastignac, il interroge autant la condition professorale que la condition pavillonnaire, l'injustice sociale et les désirs d'une jeunesse déjà éloignée de la sienne.

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