• Ghetto de Lódz, 1939.
    Les autorités nazies placent à la tête du Conseil juif un ancien directeur d'orphelinat. Chaïm Rumkowski. Bientôt, il transforme le ghetto en un véritable complexe industriel, convaincu que la productivité des Juifs assurera leur survie. En 1942, les Nazis veulent déporter 20000 enfants. Rumkowski, dans le désir de sauver ce qui peut l'être, prononce son fameux discours Donnez-moi vos enfants. Un homme mystérieux demande à un écrivain polonais contemporain d'assister à un étrange procès, celui de Rumkowski, à Lódz. Entre réalité et fantasmagorie, entre histoire et fiction, La fabrique de papier tue-mouches pose la question de l'autorité, de la stratégie du moindre mal, et, avant tout, questionne le lecteur sur ses propres convictions.
    Un roman dérangeant, une interrogation sur la responsabilité historique : le pouvoir, dans des conditions extrêmes, peut-il se transformer en pouvoir absolu ?

  • Le gout du voyage

    Andrzej Bart

    Ce roman picaresque moderne, qui nous transporte des Etats-Unis au seuil du prochain millénaire à l'Europe du début du XXe siècle, nous conte, par l'intermédiaire d'un mystérieux narrateur, les multiples aventures de deux jeunes gens, John et David, l'un grand et blond, l'autre petit et brun, chargés d'accomplir la mission d'annihiler Hitler avant qu'il ne fasse le mal que l'on sait.
    De rebondissements en péripéties, dans des décors admirablement restitués, nous les suivons à travers l'Europe, de Trieste à Vienne, de Londres à Paris, sans oublier Vilnius et Lodz. Tour à tour dandys, marchands de tableaux ou turfistes - mais toujours environnés de femmes -, aussi à l'aise dans les palaces que dans les prisons, John et David nous font le plaisir de côtoyer Freud, Joyce, Wittgenstein, Musil, mais aussi Spielberg, l'instrument essentiel de leur expédition et bien d'autres célébrités qu'un lecteur perspicace se fera un bonheur de découvrir.
    C'est là l'occasion pour Bart de nous convier à un véritable festival d'humour, parfois aux frontières de l'absurde et du grotesque. L'auteur excelle également dans l'art du pastiche et, dans certaines scènes, notamment érotiques, fait preuve d'une ironie mordante.

  • La reine Jeanne de Castille, dite « Jeanne la Folle », se désespère de la mort de son mari, Philippe le Beau.
    Elle refuse de voir son corps inhumé et voyage avec lui à travers le pays, de château en monastère, causant un scandale dans toute l'Europe catholique du XVIe siècle. A partir de cet épisode marquant de l'histoire espagnole, Andrzej Bart nous livre un roman baroque et rocambolesque. Alors qu'il s'est retiré dans un monastère pour expier sa vie dissolue, don Juan est appelé à la rescousse afin de ramener la reine à la raison.
    Il gagne peu à peu sa confiance. Le lecteur assiste au meurtre d'un moine, à un duel, à des scènes de torture et de banquet dans un mystérieux château ; les complots dans les plus hautes sphères de l'Eglise se dessinent à travers les dialogues incisifs entre inquisiteurs et envoyés du pape. Entremêlant l'amour, la chevalerie et la mort, l'auteur parvient à recréer l'atmosphère surnaturelle et pleine de suspicion de l'Espagne de l'Inquisition.

empty