• Après «Zonzon pépette», un nouveau texte d'André Baillon au format de poche. Rédigé à l'issue du séjour qu'il a effectué à l'hôpital de la Salpêtrière en 1923, ce texte rend compte avec force de son quotidien asilaire, restituant tour à tour la parole à ses compagnons d'infortune et au personnel soignant. Une galerie de portraits puissante et incarnée, dans un style direct toujours contrebalancé par le recul et l'humour de l'auteur, qui interroge autant l'écriture que la folie.

  • Avant la parution du dernier tome des oeuvres complètes d'André Baillon, la publication en poche d'un de ses textes les plus importants, «Zonzon Pépette». Décrété scandaleux lors de sa sortie en 1923, «Zonzon Pépette» est l'histoire d'une fille pas si perdue que ça. De Paris, où elle entame sa « carrière », à Londres, Baillon nous offre trente chapitres courts et tragicomiques. Zonzon, fille fière au bagout français, ne s'en laisse pas démordre par ses maquereaux, elle les choisit, les aime, les cajole. Parmi les autres filles - qu'elle déteste - Zonzon règne en impératrice. En évitant tout pathétisme et toute vulgarité, André Baillon offre le mariage de l'effronterie et de la pureté dans l'écriture, tout en y insérant une angoisse latente, perceptible.

  • Par fil spécial, comme l'indique son sous-titre, est le «carnet d'un secrétaire de rédaction». Série d'anecdotes mordantes et de portraits acerbes, le livre relate avec cynisme le quotidien d'un journal, La Dernière Heure (nommé L'Uprême dans le livre), où André Baillon a travaillé pendant plus de dix ans (1906 à 1920).
    En vingt-quatre courts chapitres qui sont comme autant de chroniques, les travers du monde journalistique, les pratiques douteuses des rédacteurs et les inconséquences du métier sont narrés avec force vivacité et ironie. Pour Baillon qui a si mal vécu ses années de journalisme, c'est aussi un moyen de mettre en évidence l'assujettissement absurde des journalistes à la constante et parfois irréalisable injonction de la nouvelle « fraîche », à l'urgence des horloges qui tournent, à la néecessité du texte facile à lire, à l'obligation du fait divers, à la superficialité d'une écriture vouée à être éprhémère.
    Au-delà des anecdotes relatées, le livre est aussi un formidable témoignage du fonctionnement d'un journal au début du 20e siècle, quand les machines (rotatives, presses à épreuve, etc.) se trouvaient à côté des bureaux de rédaction et que les articles s'écrivaient à la main. En « écrivain ethnographe »1, André Baillon parvient à dresser un portrait remarquable du journalisme, peut-être encore .

  • Jean Martin, écrivain interné à l'hôpital psychiatrique de la Salpêtrière, livre cinq « confessions » à son médecin. Il raconte, non sans réticences, comment les mille détails de son quotidien l'ont amené à l'internement. Ses sentiments déchirés entre deux femmes ; ses manies, ses obsessions, sa retraite à Bourg-la-Reine ; sa relation avec la fille de sa compagne, allant de l'affection de père aux pulsions pédophiles ;
    Son anorexie et, enfin, la dissociation de personnalité.
    Mais, plus que tout, il s'agit d'un homme déchiré par la culpabilité de son propre mal-être. Se réfugier à la Salpêtrière, c'est pour lui fuir la dispersion et se consacrer à son idéal : la littérature. Jean Martin ne serait-il finalement pas qu'un homme à la recherche de simplicité, comme n'importe quel autre ?

  • Histoire d'une Marie d'abord, son chef-d'oeuvre pour beaucoup, ou l'histoire de Marie Vandenberghe, sa première épouse (Marie Guyot dans le livre) : son coeur simple, son passé de prostituée à Londres, sa rencontre avec André, (Henry Boulant dans le livre) écrivain torturé, égoïste, qui la persécute autant qu'il se persécute lui-même. Au cours du dernier chapitre, écrit entièrement au conditionnel, il offre à Marie le livre qui raconte sa vie et qui n'aurait jamais vu le jour sans le sacrifice de leur relation.
    "Ni thèse, ni roman, ni littérature. Alors ? Ce livre est un cri". Zonzon Pépette explore dans son langage original et ses multiples renvois intertextuels à Dostoïevski le monde interlope des filles et des maquereaux. Zonzon, fleur de bitume formée à Belleville, et ses histoires londoniennes de julots, de marlous, de rivalités entre filles, de coups de surin, de cambriolages. Zonzon, son ventre balafré, son bagout de camelot, sa vie et ses idées qui râpent comme son argot.
    Ecrit à la première personne et conçu comme une mosaïque de brefs croquis et de tableaux, En sabots narre les aventures rustiques du citadin André Baillon, locataire aux cotés de Marie d'une petite maison dans la lande, à Westmalle : un lieu pour écrire en toute tranquillité. En fin de compte, son élevage de pondeuses ne lui laisse jamais les mains libres et il ne rêve que d'entrer à la trappe.

  • Délires

    André Baillon

    " Ce livre s'appelle Délires. Délires avec un S. Cette lettre en soi n'a rien d'antipathique. Elle prend ici un petit air de pluriel qui ne laisse pas d'inquiéter. Encore s'il s'agissait de délires amoureux. L'homme et la femme n'en sont pas à quelques délires près, paraît-il ; et dix S conviendraient mieux qu'un seul. Mais, dans les deux récits qui suivent, il est question du vrai délire, celui que les dictionnaires sérieux définissent par l'expression : perdre la boule. " (André Baillon) Avec Délires, sans doute le plus fulgurant des récits qui constituent la matière clinique de sa bibliographie (Un homme si simple, Chalet 1 et Le perce-oreille du Luxembourg), André Baillon se risque au plus près des frontières de la folie. Humour et souffrance s'y côtoient dans une voix singulière qui place son oeuvre parmi les plus importantes du 20e siècle.


  • " ah ça t'ennuie que je te fourre dans un livre ? tant pis ! je t'y fourre ; j'y fourre les miens ; j'y fourre les autres ; j'y fourre.
    moi-même. " dans ce diptyque écrit après un séjour à la salpêtrière, andré baillon raconte sa vie et sa folie, les amours qui le poussent à écrire et les ennuis de tous les jours, qui l'empêchent.

  • Si l'acidité était une qualité littéraire, alors ce recueil serait certainement considéré comme un chef-d'oeuvre. Et si la renommée d'un écrivain se mesurait à sa sensibilité, personne n'aurait oublié les livres d'André Baillon.
    Ces douze nouvelles, regroupées sous le titre «Le chienchien à sa mémère », sont tout à fait représentatives de l'ensemble son oeuvre : un mélange d'acuité psychologique, de trouvailles stylistiques et d'humour. Baillon est un observateur, un badaud qui regarde vivre ses contemporains, qui les traque dans la rue ou dans l'intimité de leur salon. Il a l'oeil vif, comme un dessinateur, et lorsqu'il croque le ridicule, les préjugés et les petites mesquineries de Monsieur et Madame Tout-le-monde, le rendu est tout à la fois tendre et féroce. Il réussit à merveille, par une mécanique impeccable et implacable, à faire glisser ses scènes du simple fait divers à la situation la plus surréaliste. Chez André Baillon, l'absurde est au coin de la rue, la cruauté est quotidienne, la tendresse est universelle.

  • Roseau

    André Baillon

  • Ce quatrième volume des oeuvres complètes de l'auteur belge André Baillon réunit quatre textes aujourd'hui indisponibles : "«Le Pénitent exaspéré»", "«Roseau»", "«La Dupe»", "«Le neveu de Mademoiselle Autoritaire»". Après "«Zonzon pépette»" et "«En sabots»", cet autre volume s'inscrit dans la démarche de Cambourakis de faire connaître l'oeuvre prolifique d'André Baillon.

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  • " Tout marcha bien. Le type, un gros Angliche, lui donna deux guinées et ne se rhabilla pas si vite qu'elle n'eût auparavant le temps de lui chiper son portefeuille. Elle lui laissa sa montre, parce que, demain, il y aurait encore des montres. Son coup fait, elle pensa, comme au temps de Paris :
    - Salaud, je t'emmerde.
    Elle n'eut pas à remettre de chapeau ; elle n'en mettait jamais. Un coup de pouce au chignon, un coup de poing à la jupe, les mains au tablier où sont les poches, puis en route.
    Dans la rue, elle se dépêcha pour rejoindre son homme. Quand il ne la suivait pas, elle savait où le trouver : au Cercle, avec les copains. En chemin, près de la Tamise, elle rencontra le policeman qui, un jour, l'avait coffrée ; lui ou un autre. Comme elle marchait vite, il ne pouvait rien lui dire. Elle avait pour les flics, des idées très précises. Elle tourna la hanche :
    - Toi, je t'emmerde !
    Ouf ! ce qu'elle suait dans ce cochon de Londres ! Dans ces ruelles, les gens couchaient par terre, et pas tous sur des paillasses : i1 y avait des hommes avec des femmes, des vieux, des jeunes, des nichées de pauv'gosses. Cela puait le poivre. Cela puait aussi comme dans une chambre après l'amour. Elle constata ce qu'elle constatait tous les jours : que beaucoup de ces femmes étaient jeunes, avec de bonnes cuisses et de cette chair encore verte qui plaît aux hommes. Elle pensa :
    - Sont-elles bêtes, quand il y a tant de types.
    Enfin c'était leur affaire.
    On les emmerde ! "


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