• C'était d'abord un choix pratique : personne ne voulait produire leurs films. Alors Hayao Miyazaki et Isao Takahata, aidés de Toshio Suzuki, ont fondé ensemble le studio Ghibli. Depuis, ils ont enchaîné les succès, de Princesse Mononoké à Pompoko, du Tombeau des Lucioles au Voyage de Chihiro. Leurs personnages, comme Totoro et Porco Rosso, sont devenus emblématiques, et les oeuvres du studio ont marqué des générations entières de fans à travers le monde, comme si Ghibli était un équivalent japonais de Disney.
    Bien plus qu'une marque et au-delà d'une simple usine à rêves, Ghibli offre avant tout une vision d'un monde idéal, fondé sur l'écologie, le féminisme, l'ingénierie et les croyances magiques. Un monde parfait selon Ghibli explore les histoires créées par le studio, les décortique, en les mettant en perspective avec la carrière de leurs créateurs, avec en toile de fond une question lancinante : Ghibli survivra-t-il à la retraite de ses fondateurs ?

    Alexandre Mathis fait partie du collectif Playlist Society et écrit chez Revus & Corrigés. Il est l'auteur de
    Terrence Malick et l'Amérique
    (Playlist Society, 2015).

  • Ours d'or à Berlin en 1998 pour La Ligne rouge et Palme d'or à Cannes en 2011 pour The Tree of Life, « Le plus mystérieux des cinéastes américains » propose des films à la fois singuliers et très ancrés dans l'imaginaire américain.


    Après une carrière en dents de scie, Terrence Malick, à plus de 70 ans, est devenu un frénétique de travail, réalisant plusieurs projets à la fois. Accompagné de grandes stars hollywoodiennes - de Richard Gere à Ben Affleck en passant par Jessica Chastain -, il façonne des tableaux impressionnistes sur la solitude, l'incommunicabilité, le deuil et l'espoir.
    Le cinéma de Terrence Malick cherche à capter la beauté transcendantale du monde, une quête qui le pousse à s'interroger sur les relations qu'entretiennent les hommes avec la nature et avec les lieux qu'ils habitent. Ainsi, le territoire américain inspire sa puissance visuelle et ses thématiques. Rapport à la violence, sacralisation des corps, déracinement, autant de pistes que Terrence Malick et l'Amérique explore pour permettre de mieux comprendre la spécificité du réalisateur dans le paysage cinématographique contemporain.

  • LSD 67

    Alexandre Mathis

    • 12-21
    • 22 August 2013

    Paris, 1967, le Quartier latin devient la scène des beatniks débarquant place Saint-Michel. Essaims de chevelus et de minettes en minijupes, entre la rue Saint-Jacques, l'église Saint-Séverin et la rue de Seine. Autour du Mazet, où l'on boit, fume, drague, gratte la guitare, écoute les Stones, Antoine ou LSD des Pretty Things dans les juke-box, le Quartier est envahi par toute une jeunesse livrée à la défonce, au cinéma et même à la littérature. Le roman, habité par le fantôme d'une jeune fille morte, s'arrête au début de 1968, avec " l'affaire Langlois ". Paradis artificiels, pop music, psychédélisme. Une pléiade de personnages plus vrais que nature : Liliane, Sonny, Dora (les LSD), mais aussi Chico, Cybèle, Gégé, JF, Doudou... Incursion dans le passé d'un Paris médiéval, gothique, touchant au fantastique sous l'effet des hallucinogènes.
    LSD 67, entre chronique historique et journal intime, a tous les parfums d'une époque révolue de jouissances immédiates, de mendiants et orgueilleux plongés dans des nuits sans fin pour vivre tous leurs désirs. Sans oublier Dylan, Hendrix, Burroughs ou Bukowski, l'auteur retrouve le pavé parisien sur les traces de Huysmans ou Rétif de la Bretonne...

  • Paris, 30 mai 1959, jour anniversaire de la mort de Jeanne d'Arc. Un crime est à la une de toute la presse. Une jeune entraîneuse a été brûlée vive dans la forêt de Fontainebleau. On découvre rapidement le coupable : un certain M. Bill, un garçon de vingt-deux ans, ancien apprenti comédien qui a préféré la scène du fait divers à celle du théâtre ou au cinéma, dont il rêvait.
    Cet enfant de la grande bourgeoisie était un habitué de Pigalle, où il aimait se faire passer pour un truand. Lors de son arrestation, il parade devant les photographes. Il avoue, peu après, un meurtre parfait, commis l'année précédente. M. Bill est exécuté le 26 juillet 1960, cas unique de suicide par la guillotine.
    Alexandre Mathis a réuni les pièces de ce dossier criminel oublié (photographies, articles de journaux, témoignages...) qui marqua profondément la France. Son enquête haletante plonge le lecteur dans l'esprit d'un assassin hors du commun, adepte cynique du crime gratuit, en même temps qu'elle ressuscite toute une époque.
     
    Révélé avec Maryan Lamour dans le béton (1999), roman dont l'originalité lui a valu d'être comparé par la critique à Joyce et Céline, Alexandre Mathis est également l'auteur des Condors de Montfaucon, Chambres de bonnes ou le Succube du Temple (2005) et Allers sans retour (2009).

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