• Il y a soixante ans, une trentaine d'attentats antieuropéens faisaient basculer l'Algérie dans la guerre. Huit ans plus tard, plus d'un million de Pieds noirs, spoliés, traumatisés, chassés d'un pays qu'ils croyaient être le leur, étaient " rapatriés " en catastrophe en métropole, où leur exode était minimisé et leur mémoire piétinée, alors que la plupart n'étaient pas de riches colons " à cravache et cigare " (Camus), mais des ouvriers et des ingénieurs, des enseignants et des médecins, des commerçants...
    La première partie de ce livre revient sur la présence française en Algérie, du débarquement de Sidi Ferruch (1830) aux soulèvements de 1945, puis aux accords d'Évian (1962). La seconde est constituée de témoignages recueillis auprès de Pieds noirs de tous milieux : un avocat dont le père était lié à Ferhat Abbas et au général Jouhaud ; l'épouse d'un fabricant d'anisette engagé dans la branche armée de l'OAS ; la fille d'un résistant juif proche du militant chrétien anticolonialiste André Mandouze ; une des victimes de la fusillade de la rue d'Isly, le 26 mars 1962 ; le fils d'un commerçant algérois qui dut se cacher pour échapper à un ordre de mobilisation de l'OAS...

  • La valise ou le cercueil  S'il y avait une date à éviter pour célébrer la guerre d'Algérie, c'était bien le 19 mars. Pourtant, c'est elle qu'a adoptée la France en novembre 2012. Signés le 18 mars 1962, les Accords d'Evian, censés mettre fin à la guerre d'Algérie, prévoyaient, notamment, un cessez-le-feu le lendemain à 12 heures. Outre la fin des opérations militaires, les deux parties s'engageaient à «  interdire tout recours aux actes de violence, collective ou individuelle.  » Pourtant, les morts, civils comme soldats français, ont continué à tomber. Oubliés.
    Si, sur le papier, ces Accords stipulaient que les Algériens auraient les mêmes droits que les Français, que le libertés d'opinion, de religion, de langue seraient respectés. Il n'en sera rien. Plus d'un million de pieds-noirs n'ont d'autre choix que «  la valise ou le cercueil  ». Après le 19 mars 1962, massacres et enlèvements continuent de se multiplier pour les pousser au départ. Entre le 19 mars 1962 et le 5 juillet 1964, date du retour en métropole des derniers contingents, 593 soldats ont été tués ou enlevés en Algérie. Et bien que, conformément aux Accords d'Evian, les prisonniers algériens ont été libérés par la France, seule une petite dizaine l'a été par l'Algérie. De plus, près de 80 000 harkis ont été abandonnés par la France pour laquelle ils avaient combattu... et qui ont été exterminés par les nouveaux dirigeants algériens.
    Les Oubliés du 19 mars se comptent en dizaines de milliers. Retraçant dans une première partie l'accession du général de Gaulle et les étapes de ce grand gâchis, cet essai se dote de témoignages de proches d'oubliés qui évoquent les souvenirs à jamais tronqués de frères, pères, maris... Autant de récits qui témoignent d'une absence manifeste de volonté des gouvernements pour faire la lumière sur ces disparitions. 

  • Rescapés d'Auschwitz

    Alain Vincenot

    Le 20 janvier 1942, secrètement réunis à Berlin, dans une villa du lac de Wannsee, les dignitaires nazis définissaient « la Solution finale à la question juive ». C'est l'acte de création des camps d'extermination, dont l'objectif est la destruction industrielle des Juifs d'Europe au moyen des chambres à gaz. À Auschwitz, en Pologne, mourront de la sorte plus d'un million d'hommes, de femmes et d'enfants.
    Il y a 70 ans, le 27 janvier 1945, une unité de l'armée soviétique pénétrait dans le camp, évacué de la plupart des déportés par les SS qui les avaient contraints aux terribles « marches de la mort ». Le monde découvrait alors le plus grand complexe de mise à mort d'êtres humains jamais conçu par d'autres hommes. Jamais, dans toute l'histoire de l'humanité, les assassinats massifs n'avaient été à ce point « taylorisés ».
    Alors que les témoins encore vivants de l'abomination se réduisent aujourd'hui à quelques dizaines, Alain Vincenot a recueilli les témoignages de ceux qui n'en avaient pas encore tout dit.

  • Un temps pour danser

    Alain Vincenot

    • Rocher
    • 27 September 2007

    Quelques pas qui frappent le sol en rythme et se répercutent dans l'espace. De la tenue, de la grâce, un port altier et des regards complices... C'est ainsi que l'on danse dans la France d'aujourd'hui avec une passion qui ne se dément pas. Du menuet baroque de la cour de Louis XIV au hip-hop des cités en passant par le tango argentin, les danses yiddish, tziganes, asiatiques, africaines... A chacun sa chapelle. Car danser, ce n'est pas seulement se projeter dans l'espace. C'est aussi revenir en arrière. Rejoindre, en deux, trois sauts, le pays d'où l'on vient. Faire résonner de nouveau la place du village où l'on dansait jadis au coucher du soleil. La danse a donc traversé la ronde des siècles. En brisant les barrières entre les individus et les générations. Et les cours de danse, véritables sociétés secrètes, n'ont jamais été aussi florissants. Que dissimule ce phénomène de société oe

  • Paroles de flic

    Alain Vincenot

    Sur commande
  • La " grande rafle " : des survivants témoignent.
    Il y a 70 ans, les 16 et 17 juillet 1942, dans la capitale occupée, la police parisienne se livrait, sur ordre des nazis, à la plus grande rafle jamais organisée en France : plus de 12 000 Juifs, dont 4 000 enfants, étaient arrêtés dans le cadre de l'opération " Vent printanier ". Les célibataires et les familles sans enfants de moins de seize ans étaient aussitôt dirigés vers le camp de Drancy ; les autres étaient parqués au Vélodrome d'Hiver. Les conditions d'internement étaient effroyables. La soif, la faim, l'absence d'hygiène. La plupart de ces malheureux mourront à Auschwitz. Le 16 juillet 1995, dans un discours historique, reproduit dans le livre, Jacques Chirac dira : " La France, ce jour-là, accomplissait l'irréparable. " Ce livre inclut les témoignages inédits de survivants de la rafle - la plupart étaient enfants à l'époque - ainsi que des photographies d'eux et de leurs familles détruites. Il présente également une chronologie détaillée des mesures antisémites prises par Hitler à partir de 1933, et par le gouvernement de Vichy, à partir de 1940.

  • Fleurs de béton

    Alain Vincenot

    Quelques secondes et 400 kilos d'explosif suffissent pour détruire un immeuble de 15 étages, long de 186 mètres et haut de 43 mètres, avec ses 362 logements et ses six cages d'escalier...
    L'image, par sa violence, rejoint celles des journaux télévisés du 20 h 00 : voitures qui brûlent, batailles rangées de bandes rivales, drogues, cambriolages, racket, pitbulls, vitres brisées, boites aux lettres défoncées... et pourtant. Nombreux sont ce jour-là les anciens locataires qui pleurent devant leur immeuble détruit : sous les tonnes de gravats, ce sont leurs souvenirs qui gisent enterrés.
    Alain Vincenot a rassemblé dans " fleurs de béton " les témoignages de ces anonymes à qui personne ne donne jamais la parole - ceux des habitants du " Renoir ", barre de béton de la cité des 4000 à La Courneuve, détruit le 8 juin 2000. On découvre à leur écoute un vrai village, convivial et chaleureux. A mille lieux du vandalisme et de la délinquance, des centaines de familles ont su mener ici une existence tranquille et heureuse.
    Non, le béton n'est pas le seul responsable du malheur des cités " chaudes " de banlieue. Le livre d'Alian Vincenot permet de rompre avec cette dangereuse illusion. A l'écoute des " villageois " du Renoir, c'est leur véritable massage qu'il nous invite à entendre, celui de gens modestes et paisibles, étonnamment courageux. Faudrait-il, par notre indifférence, les condamner à ne plus pouvoir se déplacer librement dans leurs citées ?

    Sur commande
  • Rue des Rosiers : le quartier juif de Paris.
    Il remonte au Moyen Âge. À partir du XIXe siècle, beaucoup de juifs d'Europe de l'Est, fuyant l'antisémitisme, y ont posé leurs valises. Ils l'ont appelé le Pletzl, la " petite place ", en yiddish. Aujourd'hui, le Pletzl s'est " modernisé ". Mais ses murs n'ont oublié ni les joies du passé ni les malheurs endurés. Ils parlent pour peu qu'on sache les écouter. Comme parlent les anciens, dont les parents s'étaient enracinés sur ces quelques hectares parisiens.
    Avant-guerre, ils avaient connu un village chaleureux, avec ses odeurs de charcuterie, de fromage fermenté et de hareng mariné, ses paliers vétustes et surpeuplés, ses ateliers... L'Occupation leur a volé leur enfance, leur adolescence. Au 36, rue des Rosiers, le père de Suzanne Malamout, Joseph, ouvrier boulanger, venait de Russie, sa mère, Malka, de Roumanie. Ils furent assassinés à Auschwitz, ainsi que trois des cinq frères de Suzanne et ses deux soeurs.
    Des parents de Victor, Maurice et Régine Zynszajn, épiciers au 54, il ne reste que quelques lettres écrites à Drancy, avant leur départ pour une " destination inconnue ". Egalement déportés, le père de Léa Stryk-Zigelman, Salomon, maroquinier à domicile, 9, rue des Guillemites ; celui de Sarah Romen-Traube, Jacob, poissonnier sous le porche du 27, rue des Rosiers ; celui de Clément Lewkowicz, Hersz, boucher au numéro 12, arrêté avec sa fille, Rosette, 12 ans.
    Mordka, le père de Milo Adoner, disait à ses six enfants : " Il faut rester ensemble." Milo est le seul survivant de la rafle qui vida le 10-12, rue des Deux-Ponts, de sa cinquantaine de familles. Jacob, le père d'Alexandre Halaunbrenner, 25, rue des Rosiers, fut fusillé pour acte de résistance. Son frère, Léon, 14 ans, mourut en haute Silésie. Ses deux petites soeurs, Mina, 9 ans, et Claudine, 5 ans, furent raflées par Klaus Barbie, à Izieu...Des histoires dramatiques qui scellent un chapitre de l'Histoire de France.
    " Une description de la rue des Rosiers et des rues avoisinantes... bouleversante de vérité vécue et partagée ", écrit Elie Wiesel.

    Sur commande
  • Le 6 juin 1944, les Alliés débarquaient sur les côtes normandes et libéraient la France, prélude à la fin de la Seconde Guerre mondiale et à la capitulation de l'Allemagne un an plus tard. Aujourd'hui, La France résistante donne la parole à soixante hommes et femmes, soixante " héros ordinaires " épris de liberté et de justice, qui, restés dans l'ombre pour la plupart, témoignent pour la première fois et décrivent leur résistance au quotidien, leur détermination et leurs angoisses, loin des états-majors mais si près de l'arrestation, de la torture, de la déportation ou du peloton d'exécution.Ils étaient ouvriers, paysans, intellectuels, fonctionnaires, aristocrates, syndicalistes, militants politiques, croyants, athées. Ils étaient français, étrangers, apatrides, habitaient en ville ou à la campagne. Dans la fraternité des risques partagés, ils ont écrit, imprimé et diffusé des journaux, distribué des tracts, fabriqué des faux papiers, collecté des renseignements pour les forces alliées. Ils ont fait sauter des ponts, sauvé des enfants juifs et leurs familles, exécuté des SS, des gestapistes ou des collaborateurs, multiplié les embuscades contre les troupes allemandes, harcelé les renforts ennemis envoyés en Normandie lors du Débarquement. Du libraire du Ve arrondissement de Paris à l'institutrice d'un petit village du Gers, du prêtre du Tarn à l'ardoisier communiste angevin, de l'aristocrate breton au lycéen niçois, tous se sont engagés dans la Résistance parce qu'ils refusaient la barbarie nazie et le déshonneur imposé par le gouvernement de Vichy.Entrecoupés de tracts, de poèmes et de lettres de condamnés à mort, ces soixante témoignages retracent la formidable épopée de la Résistance et rendent hommage à tous les anonymes, héros de l'ombre, qui ont permis aux armées alliées de libérer la France, digne et lavée de ses souillures.

    Sur commande
  • Préfacé par Simone Veil, qui jeune adolescente, a survécu aux camps de la mort, cet ouvrage inédit est un recueil d'une vingtaine de témoignages d'enfants juifs arrachés à la barbarie nazie, parmi les 60 000 qui ont été sauvés sur les 72 000 vivant en France à la fin des années 1930. « Je veux revoir maman ! » sonne comme un leitmotiv, une parole sans cesse répétée par des petits êtres arrachés à leurs parents mais qui, dans l'insouciance de l'enfance traverseront, malgré tout, la guerre. À travers leurs histoires, ces enfants devenus adultes expriment avec émotion leur souffrance toujours vivace, mais aussi la grande part d'amour qui les lie à jamais à ceux qui leur ont permis de vivre et de donner la vie à leur tour.

    Sur commande
empty