• Le titre de ce recueil est emprunté à un poème dans lequel Alain Lévêque évoque la scène de "La Flûte enchantée" de Mozart où le couple princier traverse les épreuves du feu et de l'eau. "Quel guide tu fais, Pamina, sur les chemins du coeur ! " s'écrie le poète, s'adressant à la jeune fille qui a su dire "non à la peur, oui à la vérité" . De poème en poème, le lecteur suivra ici un chemin qui, à l'écoute de la voix du poème, cherche de même à conjurer la peur et à saisir le vrai.
    Ce chemin commence dans le froid de l'hiver parisien et s'achève dans le printemps perpétuel des fresques de la Maison de Livie, à Rome où l'auteur a vécu le sentiment d'être parmi les hôtes d'un "dur paradis" menacé mais persistant, et de boire à "la source de l'ici" qui offre à "la fièvre des visiteurs / rien qu'un élan, rien qu'une musique" . Que l'espoir soit possible malgré tout, que la musique de Mozart ou les peintures de Véronèse à la Villa Barbaro soient capables d'en réveiller ou d'en cultiver la flamme intérieure, que l'on puisse demander à la parole de poésie une foi dans la vie par-delà la disparition des êtres chers, y compris l'animal de compagnie qui fut l'incarnation même de la confiance en l'être, c'est la leçon de ce recueil.
    Il culmine en son centre avec un ample "Dialogue des mots et du parleur" où se nouent les uns aux autres tous les fils thématiques apparus au fil des pages. Au coeur de ce livre longuement médité, ce texte s'impose au lecteur avec l'évidence des grands poèmes.

  • Manquant tomber

    Alain Lévêque

    " Il faut prêter attention à la poésie d'Alain Lévêque. Je vois en elle des aspects de la création poétique que notre époque a décidé de négliger, voire de proscrire, privant celui qui se veut poète d'accéder au plus originel de sa vocation à écrire. (...) Le matin de l'esprit brille clair dans ce beau livre. Et c'est vrai que le jour s'est parfois levé clans son écriture d'une façon quasiment soudaine, ce qui incite à penser qu'existe bien chez Alain Lévêque cet autre qui, s'éveillant ainsi, pourrait bien s'imposer alors aux dépens de tout autre emploi de la parole. J'ai eu la chance de voir naître les poèmes qui paraissent aujourd'hui, ce fut pendant quelques semaines un surgissement inattendu, des suites de 15 à 30 vers, rarement plus, imposant leur rythme, large, accueillant, et montrant aussi, dans le lieu d'existence lavé comme par l'averse l'est une vitre, non seulement le sophora ou la brouette d'un jardinier ou une entrée de métro - ou " la cristalline, la discrète jasione des montagnes " - mais l'air même, l'air de la neuve journée qui prend tout cela dans ses mains légères, l'une te tout, l'autre le rien. En somme, une suffisance. (...) Un livre de poésie nous incite à une question sur la musique. Ce n'est peut-être pas là sa façon la moins courageuse d'être fidèle au voeu qui a rassemblé les poètes à travers l'histoire et, en voici la preuve, garde sens encore aujourd'hui. "

  • Cet essai de l'écrivain et critique Alain Lévêque a été écrit à la suite de l'exposition d'Anne-Marie Jaccottet, aquarelles et dessins, qui s'est tenue dans les locaux du Bruit du temps du 20 novembre 2015 au 10 janvier 2016. D'abord paru dans le numéro de laRevue de belleslettres, 2016, I, Genève, nous le publions aujourd'hui dans une mise en page élégante qui était déjà celle du livre Arbres, chemins,  eurs et fruits consacré à l'artiste et publié à La Dogana en 2009. Il est illustré d'une dizaine de reproductions en couleurs d'oeuvres récentes d'Anne- Marie Jaccottet. Il est destiné à accompagner la prochaine exposition de l'artiste qui aura lieu en septembre 2017 à Grignan.

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  • D'un pays de parole

    Alain Lévêque

    Qu'il peigne les tempêtes ou qu'il pêche à la mouche, l'ouananiche, le plus valeureux des saumons, dans les sauts déchaînés du Saguenay, au sortir du lac Saint-Jean, je voyais Winslow Homer, le peintre américain, comme le gardien de l'évidence naturelle, du souffle qui fonde la parole.
    Peut-être salue-t-il une dernière fois cette unité dans son aquarelle Les Vieux Amis. Le guide qui touche l'arbre parle le langage oublié des grands bois. Faite de quelques gestes et de peu de mots comme en écho à l'étendue native, ne serait-ce pas, me disais-je, la langue de l'être au monde, celle que pratiquèrent dans sa splendeur les Indiens et dont les adeptes du wild ne balbutient plus que des bribes ?

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  • Meuble garde-manger, marmite norvégienne, chauffe-eau solaire, puits canadien, poêle de masse, phytoépuration, toilettes sèches...
    Les auteurs, Clément Chabot et Pierre-Alain Lévêque, nous livrent une année d'expérimentation au sein de leur habitat low-tech, au cours de laquelle ils ont testé différentes technologies responsables afin de repenser nos besoins pour nous chauffer, nous nourrir, nous loger, tout cela de façon écologique et écoresponsable !
    Fiches détaillées et explicatives, carnets de bord et cheminements pour trouver les meilleures solutions, c'est un véritable guide-témoignage qui nous permet de repenser nos modes de vie sans perdre en confort et en qualité !
    Bien loin d'un retour en arrière, les low-tech sont une vraie (r)évolution !

  • Bonnard utilisait ses agendas comme carnets de notes et de croquis. Si quelques agendas antérieurs à 1927 ont été perdus ou sont encore en mains privées, ceux conservés au département des estampes et de la photographie de la Bibliothèque nationale de France, ont le mérite de présenter un ensemble homogène de dessins croqués sur le vif et d'annotations faites par l'artiste au fil des jours entre 1927 et 1946. Bonnard utilisait des agendas de petites dimensions, « Bijou » ou « Mignon », qu'il pouvait garder sur lui en permanence et dans lesquels il écrit et dessine presque quotidiennement.
    L'artiste y consigneait des éléments qui peuvent sembler prosaïques comme la liste des courses, ses rendez- vous. Il notait également quotidiennement le temps qu'il faisait, élément important pour un peintre attentif aux effets de la lumière et le lieu où il se trouvait, lorsqu'il était en déplacement.
    On trouve également quelques notations artistiques à proprement parler. Ces notations témoignent de la recherche perpétuelle de l'artiste de moyens plastiques aptes à traduire l'émotion. « Il ne s'agit pas de peindre la vie. Il s'agit de rendre vivante la peinture. » Ces remarques sont bien plus des intuitions nées de son expérience de peintre que l'énoncé de théories artistiques.
    Ces agendas renferment surtout de multiples croquis qui permettent d'appréhender sa recherche constante autour des motifs auxquels il s'attache dans ces années. Il notait tout un répertoire de formes qu'il exploitait ou non ensuite dans ses peintures : nus, portraits, parfois paysages. Les motifs empruntés à son quotidien sont très présents :
    Portraits de ses proches, animaux domestiques, lieux familiers. Il lui arrivait de tourner autour d'un sujet, jouant sur le cadrage, la composition, sans souci de la couleur. Ses recherches autour des nus à la toilette sont particulièrement révélatrices de cette approche. On assiste ainsi à la genèse des nus dans le bain. On trouve également plusieurs portraits, thème récurrent de son oeuvre notamment à la fin de sa vie. Les paysages, croqués souvent au cours de vacances, sont également nombreux et s'avèrent plus présents que dans ses peintures.
    Ces dessins permettent à l'artiste de délimiter ses sujets, d'en déterminer les contours et les volumes sans recourir à la couleur. Certains se limitent à quelques lignes traduisant une vision fugace. Les motifs émergent le plus souvent d'une profusion de traits hachurés qui permettent de suggérer l'ombre et le volume, et semblent évoquer les couleurs.
    Ces carnets permettent de rentrer dans l'intimité de l'artiste et de saisir au quotidien sa perpétuelle quête plastique.

  • En 2008 le peintre Farhad Ostovani découvre une sculpture de Bacchus dans un jardin à Nervi - bien que fort endommagée, c'est un émerveillement pour l'artiste qui réalisera une suite de plus de 40 oeuvres : des portraits de ce jeune homme peints et dessinés sur une base photographique.
    Cet ouvrage réunit l'ensemble des oeuvres réalisées, ainsi que, en sus d'un texte de l'artiste contant son rapport à ce Bacchus, deux essais d'Alain Lévêque et Madeleine- Perdrillat.

  • Les agendas que le peintre Pierre Bonnard tint toute sa vie durant ne sont pas simplement constitués de dessins et d'informations sur le temps qu'il fait ; on y trouve aussi de très nombreuses notes sur sa peinture, la création et ses enjeux. Ces « observations sur la peinture », semées ici comme des notes entre les lignes, confirment l'impression de se trouver dans un sanctuaire de la création. Elles trahissent les hantises de l'artiste, son inlassable recherche des moyens les plus appropriés pour traduire son émotion visuelle, cette « séduction ou idée première » à quoi tout désormais devra être soumis.
    Aucune volonté de didactisme dans ces notes ; aucune règle énoncée qui ne vaille que pour soi-même. Rien de strictement « intellectuel ». Et, cependant, avec l'amour de la vie, toute l'intelligence de la peinture.

    Pour la première fois sont réunis l'ensemble des notes d'un des peintres les plus importants de notre siècle, retranscrites par le petit-neveu de l'artiste, Antoine Terrasse, historien de l'art et l'un des plus grands spécialistes de Bonnard. Cette édition est précédée d'un essai d'Alain Lévêque (auteur de Bonnard, la main légère, Deyrolle éditeur, 1994, repris aux éditions Verdier, 2006), et illustrée de la reproduction d'une dizaine de doubles pages de ces carnets (1927-1946), représentatives des différentes voies empruntées par l'artiste dans ces carnets.

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