• Rarement fiction sur l'Afrique aura aussi bien parlé de l'Europe. Et pour cause : dans Aux États-Unis d'Afrique, Abdourahman A. Waberi fait du continent noir le centre économique et intellectuel du monde, tandis que les damnés de la terre se concentrent dans une Euramérique miséreuse ; partant, il tend un miroir à l'Occident - celui du monde réel.
    Réversibilité de l'Histoire : dans le roman, l'Afrique est une fédération d'États dont le coeur bat à Asmara - Érythrée - la capitale fédérale, un continent de cocagne à la prospérité insolente avec ses centres d'affaires aux sols de marbre, ses mégalopoles modernes et leurs McDiop à chaque coin de rue, ses artistes en vue et ses scientifiques de renommée mondiale. Un continent indifférent au sort des millions de réfugiés qui se pressent à ses frontières depuis les favelas de Zurich, Milan ou Chicago, depuis les quatre coins de cette Euramérique ravagée par les guerres ethniques et les maladies endémiques, et qui ne survit que grâce à l'aide humanitaire africaine...
    Et puis, fil conducteur du roman, il y a Maya, née dans un bidonville de la banlieue de Rouen et adoptée par une riche famille kenyane, qui part en quête de ses origines...
    Entre politique-fiction et conte voltairien, Aux États-Unis d'Afrique illustre de manière éclatante, malicieuse, grave, l'injustice ordinaire à l'échelle du monde.

  • Un matin, sur le chemin de l'école maternelle, à Paris, une petite fille interroge son père : « Dis papa, pourquoi tu danses quand tu marches ? ». La question est innocente et grave. Pourquoi son père boite-t-il, pourquoi ne fait-il pas de vélo, de trottinette... ? Le père ne peut pas se dérober. Il faut raconter ce qui est arrivé à sa jambe, réveiller les souvenirs, retourner à Djibouti, au quartier du Château d'eau, au pays de l'enfance. Dans ce pays de lumière et de poussière, où la maladie, les fièvres d'abord puis cette jambe qui ne voulait plus tenir, l'ont rendu différent, unique. Il était le « gringalet » et « l'avorton » mais aussi le meilleur élève de l'école, le préféré de Madame Annick, son institutrice venue de France, un lecteur insatiable, le roi des dissertations.

    Abdourahman  Waberi se souvient du désert mouvant de Djibouti, de la mer Rouge, de la plage de la Siesta, des maisons en tôles d'aluminium de son quartier, de sa solitude immense et des figures qui l'ont marqué à jamais : Papa-la-Tige qui vendait des bibelots aux touristes, sa mère Zahra, tremblante, dure, silencieuse, sa grand-mère surnommée Cochise en hommage au chef indien parce qu'elle régnait sur la famille, la bonne Ladane, dont il était amoureux en secret. Il raconte le drame, ce moment qui a tout bouleversé, le combat qu'il a engagé ensuite et qui a fait de lui un homme qui sait le prix de la poésie, du silence, de la liberté, un homme qui danse toujours.


  • en 1998, noccky diedanoum, écrivain tchadien installé à lille oú il organise le festival fest'africa, initia le projet " rwanda : écrire par devoir de mémoire ".
    ainsi, à la suite du prix nobel de littérature nigérian wole soyinka, dix écrivains africains se rendirent à kigali. ce texte d'abdourahman a waberi est l'un de ces témoignages. l'auteur, avec une exemplaire humilité face à l'horreur des faits qu'il rapporte, nous transmet les paroles entendues, les choses vues, les confidences recueillies. une singulière " alternative d'encre au passé de sang " ainsi que le soulignait en 2000, le journal le matricule des anges.


  • La Divine Chanson est un roman, un roman amoureux qui s'empare d'une vie exemplaire, celle d'un chanteur, compositeur, poète afro-américain né à Chicago en 1949, dont nul ne saurait méconnaître l'immense génie et la rude destinée : Gil Scott-Heron, réinventé ici sous le nom de Sammy l'enchanteur.

    Décidément plus humain que bien des bipèdes, c'est un vieux chat roux recueilli dans une rue de Harlem qui nous entraîne, en groupie de proximité, partout où la Divine Chanson continue de tourner, à travers les ghettos noirs ou sur les scènes internationales du jazz, de New York, Paris ou Berlin - ce « grand courant électrique qui rivalise avec le Gulf Stream ».

    Et ce n'est pas un moindre mérite du roman que de nous faire découvrir et aimer ce « Bob Dylan noir », depuis l'arrière-pays de l'enfance, « quelque part entre Clarksdale, Mississippi et Savannah, Tennessee », dans le solide giron de Lily, la grand-mère tant aimée, jusqu'aux années de fulgurance. Au terme de ce mémorable et bouleversant voyage, la Divine Chanson ne nous quittera plus, par la fantaisie du chat romancier. Abdourahman A. Waberi, par le splendide rythme des mots, fait vibrer en nous la vie et l'âme de Gil Scott-Heron, auteur « altier et indémodable » de The Revolution Will Not Be Televised (1971).

    Abdourahman A. Waberi est né en 1965 dans l'actuelle République de Djibouti, il vit entre Paris et Washington. Depuis le Pays sans ombre (1994), trilogie consacrée à son pays d'origine, jusqu'à Aux États-Unis d'Afrique, son oeuvre romanesque est traduite dans une douzaine de langues.

  • Balbala

    Abdourahman A. Waberi

    Après la décolonisation, djibouti, " confetti de l'empire français ", ancien comptoir pris en étau entre éthiopie, somalie et érythrée, à l'embouchure de la mer rouge, tâtonne à la recherche de son identité.
    à balbala, banlieue de djibouti, pendant la guerre civile de 1991-1993, quatre personnages vont devenir l'emblème d'une jeunesse qui incarne une nouvelle identité djiboutienne : waïs, marathonien de renommée internationale, yonis, le médecin, dilleyta, fonctionnaire en rupture de ban et poète, et anab, compagne de yonis et soeur de waïs. ensemble, ils éprouveront dans leur chair les limites de la liberté.
    Construit comme une polyphonie, ce roman fait surgir une nouvelle conscience africaine.

  • Un chuchotis, Mon nom est Aube, c'est du chemin non tracé qu'Abdourahman Waberi délivre cette voix, de paix et d'assurance. En montagne, on dit que le trajet le plus court va d'un sommet l'autre. Un pas après l'autre, un mot après l'autre, le poète nous emmène, cheminant à travers des pas plus anciens, à travers des mots plus anciens, à travers un sentier toujours essentiel. C'est là que se délivre la contemplation de soi, la contemplation du monde, le lien spirituel avec le Très Haut. Le poète se fait exégète, le sage aspire à la simplicité de l'instant fait éternité.
    L'homme, le poète, revient à toutes les Aubes qui le constituent, la mère, la femme, mais aussi l'enfant qu'il engendrera, les textes qui le généreront. Sous l'aphorisme, souvent, affleure l'intime, pudique, secret. Mais toujours l'obstination tranquille à poser la plénitude des vies.
    Abdourahman Waberi, par ce recueil de poèmes, renoue avec les grands poètes de l'islam, plaçant le Verbe au centre de leurs quêtes, l'érudition comme remède à l'inconstance. L'Aube ou l'éternel recommencement du jour, il nous faut apprendre le soleil, et ne pas se laisser aveugler par la vanité d'être vivant.


  • bouh et la vache magique


    bouh, jeune berger, était admiré dans toute la région car, pendant la famine, il était revenu chaque jour avec les bras tellement chargés de vivre qu'il avait pu nourrir famille et voisins.

    mais d'où venait cette nourriture oe.


    couleur locale/edicef

  • Entre pierraille et souverain soleil toute eau bue toute plainte tue depuis l'aube le temps demeure ce pays :
    Plaie ouverte sur l'Afrique La simplicité, la joie de vivre, le refus du superflu et du bavardage... Et partant la pleine acceptation de nos émo

  • Le chant d'amour d'Alain Mabanckou et d'Abourahman Waberi au continent africain prend la forme d'un abécédaire tour à tour instructif, ludique, sérieux, passionnant - d'Afrofuturisme à Zembla, en passant par Café, Dictature, Fanon, Mbappé, Obama ou Présence africaine.
    Abécédaire buissonnier, ce livre propose un portrait, ou plus exactement une mythographie qui donne à sentir le pouls de l'Afrique, dont la puissance culturelle se déploie sous nos yeux. Hier minorée, voire moquée, la voix du Continent dans les affaires planétaires est aujourd'hui indéniable. L'Afrique est en passe d'imposer une griffe, un style, une manière d'être au monde.

    Dans ce dictionnaire tour à tour informatif, ludique, drôle, sérieux - d'Abacost à Zembla, en passant par Fanon, Mbappé, Obama ou Présence africaine - Alain Mabanckou et Abdourahman Waberi entonnent un chant d'amour à l'Afrique, à ses habitants d'hier et d'aujourd'hui, à ses ressources exceptionnelles et à sa spectaculaire planétarisation.

empty