• Pourquoi la transmission de la mémoire de l'immigration postcoloniale a tant de mal à s'effectuer ? Quels sont les obstacles qui se posent à elle ?
    A travers des entretiens réalisés auprès de lycéens des Minguettes à Vénissieux (Rhône), une plongée dans l'intimité des relations familiales permet de saisir les effets de l'injonction à l'intégration : l'ambivalence des héritages de l'immigration, et les ruptures familiales et spatiales. Ce sont ces conséquences qui permettent de comprendre la difficile transmission de la mémoire de l'immigration postcoloniale.

  • Comment un État-nation trace-t-il les frontières de ce qu'il perçoit comme son " identité " ? Pourquoi et comment, pour y parvenir, cherche-t-il constamment à définir son extériorité au travers d'un Autre jugé " inassimilable " ? En revenant sur les origines historiques de l'injonction à l'assimilation dans la procédure de naturalisation, ce livre cherche d'abord à montrer que ces " frontières " sont mouvantes. Celles-ci sont en effet le fruit de facteurs multiples, liés au contexte social et politique aussi bien qu'aux glissements des significations et des usages du concept même d'" assimilation " (des colonies vers la métropole, du discours politique vers le juridique...). Mais, outre cette dimension historique, ce livre novateur analyse la manière dont l'administration mesure l'" assimilation " des candidats. Grâce à une enquête minutieuse en préfecture qui aura duré deux ans (2006-2007), l'auteur met ainsi en lumière l'invention des critères d'assimilation et les usages administratifs qui en sont faits, également déterminés par la concurrence de logiques administratives distinctes, les pratiques des agents subalternes et la " naturalisabilité " des candidats. La " vérité objective " de la naturalisation est particulièrement bien révélée par les cas de refus de naturalisation pour " défaut d'assimilation ", qui concernent aujourd'hui principalement des femmes et/ou des musulmans. Ces refus soulèvent ainsi les questions du hijab, de la polygamie et de l'" islamisme ", qui constituent à l'heure actuelle autant de frontières à la prétendue " identité nationale ".

  • Ce livre propose pour la première fois au grand public un bilan critique des recherches sur l'islamophobie et ouvre de nouvelles pistes de réflexion. Il offre une description rigoureuse des discours, des actes et des débats, et il analyse le processus de construction du " problème musulman " en le comparant avec les précédents historiques de l'histoire coloniale et de l'antisémitisme. Alors que l'hostilité à l'encontre des musulmans se traduit presque quotidiennement par des discours stigmatisants, des pratiques discriminatoires ou des agressions physiques, Abdellali Hajjat et Marwan Mohammed font ici oeuvre salutaire : ils expliquent comment l'islam a peu à peu été construit comme un " problème " et comment l'islamophobie est devenue l'arme favorite d'un racisme qui ne dit pas son nom.
    Ce livre propose un bilan critique des recherches menées, en France et à l'étranger, sur ce phénomène. Faisant le point sur les débats autour du concept d'islamophobie, il offre une description rigoureuse des discours et actes islamophobes, en les inscrivant dans l'histoire longue du racisme colonial et dans leur articulation avec l'antisémitisme. En insistant sur l'importance des stratégies des acteurs, les auteurs décortiquent le processus d'altérisation des " musulmans " qui, expliquant la réalité sociale par le facteur religieux, se diffuse dans les médias et ailleurs. Ils analysent enfin la réception du discours islamophobe par les musulmans et les formes de contestation de l'islamophobie par l'action collective et la mobilisation du droit antidiscrimination.

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