Honore Champion

  • Pour la philosophie, le mal est non seulement une énigme (" d'où vient-il?"), mais un scandale. Comment concilier l'existence du mal avec les exigences les plus élémentaires de la raison? Cette question est au coeur de la pensée kantienne. À l'inverse de la métaphysique qu'il critique, Kant n'envisage pas l'injustice et la faute depuis un savoir de surplomb, mais à partir des limites du savoir rationnel. La théorie du "mal radical " et, avant elle, la réfutation de la théodicée se fondent sur une définition inédite des usages de la raison. Ce livre propose une interprétation de la percée kantienne en direction de la raison pratique à partir de ce thème du mal. Il montre qu'il ne s'agit pas là d'un aspect annexe de la philosophie critique, mais d'une épreuve décisive à laquelle toute pensée morale doit se confronter. Chez Kant, la question du mal radical engage celle du formalisme éthique, interroge le statut de la religion et commande une anthropologie d'un nouveau genre. À l'abord du thème de la faute, se joue finalement le sens d'une entreprise qui fait de la liberté humaine la " clé de voûte " du système philosophique.



    Michaël Foessel, maître de conférences à l'université de Bourgogne, membre de l'IUF, est spécialiste de philosophie allemande et de philosophie politique. Il est notamment l'auteur de Kant et l'équivoque du monde (Paris, CNRS Éditions, 2008) et de La Privation de l'intime (Paris, Éditions du Seuil, 2008).

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