Littérature argumentative

  • Le secret de la littérature, la littérature comme exigence et comme sens et sa voie à venir se trouvent au centre de ces recherches.
    Avec un savoir passionné et anxieux, il nous est parlé de proust, d'artaud, de broch, de musil, de henry james, de samuel beckett, de mallarmé, de plusieurs autres et même de celui qui sera, un jour, le dernier écrivain. mais peut-être, plus que des auteurs et des livres, est-il question ici du mouvement d'où viennent tous les livres et qui détient, d'une manière encore cachée, l'avenir de la communication et la communication comme avenir.

  • Description d'un combat est le titre du premier livre de Kafka. Combat qui n'admet ni victoire ni défaite, et cependant ne peut s'apaiser ni prendre fin. Comme si Kafka portait en lui ce bref dialogue : « De toute manière, tu es perdu. - Je dois donc cesser ? - Non, si tu cesses, tu es perdu. » C'est en ce sens que parler de Kafka, c'est s'adresser à chacun de nous.
    C'est un tel combat que voudrait tenter de décrire ce livre, combat obscur, protégé par l'obscurité, dont on peut dire avec trop de simplicité qu'il se montre sous quatre aspects, représentés par les rapports avec le père, avec la littérature, avec le monde féminin, et ces trois formes de lutte se retraduisent plus profondément pour donner figure au combat spirituel.

  • De Faux Pas (1943) à Une Voix venue d'ailleurs (2002).
    Maurice Blanchot, de son vivant, a recueilli la plupart de ses articles critiques dans ses livres. Il en laissa pourtant certains de côté. Ce sont ces textes que nous avons entrepris de publier. Une première série a donné le volume des Chroniques littéraires du Journal des débats, 1941-1944. Le lecteur trouvera ici la suite : l'ensemble des articles de critique littéraire que publia Blanchot de 1945 à sa mort sans les reprendre dans ses livres.
    Nous y avons ajouté les textes publiés dans certains courts volumes aujourd'hui indisponibles. Figurent également quelques prières d'insérer signées par Blanchot lors de la publication de ses propres fictions. Voici donc rassemblées des chroniques de presse, des chroniques de revue ou des pièces de circonstance, réponses aux enquêtes, hommages aux disparus. Ou encore ces lettres, qui se firent de plus en plus fréquentes au fil du temps : les adressant aux comités de direction de revues ou aux responsables d'ouvrages collectifs, Blanchot y invoque l'impossibilité où il se trouve de répondre à la demande d'une contribution, mais cette manière d'excuse devient un texte à part entière.
    Ces miscellanées permettent de découvrir un autre Blanchot. Elles échappent parfois aux motifs dominants de sa pensée. Elles permettent aussi d'en suivre les réélaborations successives. Levinas, Bataille, Mascolo, Derrida, la critique, la Bible, la politique sont là. Sartre, Malraux, Thomas Mann, Beckett, Michaux, Merleau-Ponty, l'affaire Dreyfus aussi. Mais il arrive à ces textes de porter sur des auteurs et des sujets inattendus : Cyrano de Bergerac, Fourier, Adamov, Gracq, Lowry, Caillois, le merveilleux, les prix littéraires, la science-fiction...

  • Ce volume inédit apporte enfin toute la lumière sur cet « Autre Blanchot » décrit par Michel Surya, que Blanchot lui-même a tenté de garder secret. Il s'oppose en effet de manière frappante au Blanchot bien connu des Écrits politiques (1953-1993) publiés en 2008 dans les Cahiers de la NRF, qui le montrent en figure de l'intellectuel de gauche : Manifeste des 121, Mai 68, communisme, judaïsme, internationalisme, etc. Si le ton, la rigueur, la faculté d'analyse propres à Blanchot sont ici les mêmes, le positionnement politique est inversé.
    Cet ouvrage réunit pour la première fois tous les articles politiques (plus de 150) écrits par Maurice Blanchot dans les journaux auxquels il a collaboré avant-guerre, en tant que chroniqueur ou rédacteur en chef : principalement La Revue Universelle, Le Journal des Débats, Le Rempart, Aux écoutes, Combat et L'Insurgé. Blanchot est alors aux côtés de la « Jeune droite » et ses positions reflètent ce qu'on pu définir comme le « non-conformisme des années trente » : une position à la fois anti-communiste et anti-national-socialiste, antiparlementariste, anticapitaliste, pacifiste, spiritualiste et proche du maurrassisme.
    Blanchot intervient aussi bien sur les questions de politique intérieure (contre le « désordre établi », contre Léon Blum), de politique étrangère (contre l'Allemagne et la perte d'influence de la France), d'économie (contre l'abandon de l'étalon-or) et de littérature.
    Cette publication est l'occasion de suivre au jour au jour, du point de vue de Blanchot, ces années complexes et violentes que furent les années trente. Elles ont imposé chez lui une écriture de combat, où l'on décèle une exaspération de plus en plus manifeste. Blanchot exhorte ses lecteurs à aller au bout du dégoût de la « France corrompue » et veut susciter une insurrection de la jeunesse. Pour lui comme pour les non-conformistes, la Révolution est alors « nécessaire » et toute révolution est d'abord « spirituelle ».
    Édition établie, annotée et présentée par David Uhrig, professeur à l'Université de New York à Paris. Avec chronologie et index.

  • « Jamais Maurice Blanchot n'aura écrit autant de chroniques littéraires que pendant ces années de guerre. Entre avril 1941 et août 1944, chaque semaine, un article recense un ou plusieurs livres récemment parus : romans, poèmes, essais donnent lieu à une réflexion singulière, toujours plus sûre de sa propre rhétorique, livrée davantage à l'écho de l'impossible ou aux sirènes de la disparition. Une critique de jugement ouvre la voie à une critique d'interprétation. Entre les circonstances de la guerre, ce qu'elles rendent possible ou impénétrable, et les fondements de l'acte littéraire, variables au gré des références classiques ou modernes qu'il emprunte, ce sont aussi les théories que Blanchot développera parfois bien plus tard, de La Part du feu à L'Entretien infini et même à L'Écriture du désastre, qui se trouvent ici esquissées. Non sans contradictions ni pas de côté, et dans la certitude fiévreuse d'une oeuvre qui commence.
    Environ un tiers de ces chroniques avait déjà été repris dans Faux Pas, en 1943. C'est tout le reste que nous éditons ici. On y lira des textes sur Dante, Rabelais, Descartes, Montesquieu, Blake, Hoffmann, Jarry ou encore Joyce... On y verra revenir Giraudoux, Mallarmé, Valéry, les surréalistes français et les romantiques allemands. Ces articles révèlent la généalogie d'un critique qui a transformé l'occasion de la chronique en nécessité de la pensée. »
    Christophe Bident.

  • " le langage en qui parle l'origine, est essentiellement prophétique.
    Cela ne signifie pas qu'il dicte les événements futurs, cela veut dire qu'il ne prend pas appui sur quelque chose qui soit déjà, ni sur une vérité en cours, ni sur le seul langage déjà dit ou vérifié. il annonce, parce qu'il commence. il indique l'avenir, parce qu'il ne parle pas encore, langage du futur, en cela qu'il est lui-même comme un langage futur, qui toujours se devance, n'ayant son sens et sa légitimité qu'en avant de soi, c'est-à-dire foncièrement injustifié.
    Et telle est la sagesse déraisonnable de la sibylle, laquelle se fait entendre pendant mille ans, parce qu'elle n'est jamais entendue maintenant, et ce langage qui ouvre la durée, qui déchire et qui débute, est sans sourire, sans parure et sans fard, nudité de la parole première. " m. b.

    Indisponible
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