Gallimard

  • Le secret de la littérature, la littérature comme exigence et comme sens et sa voie à venir se trouvent au centre de ces recherches.
    Avec un savoir passionné et anxieux, il nous est parlé de proust, d'artaud, de broch, de musil, de henry james, de samuel beckett, de mallarmé, de plusieurs autres et même de celui qui sera, un jour, le dernier écrivain. mais peut-être, plus que des auteurs et des livres, est-il question ici du mouvement d'où viennent tous les livres et qui détient, d'une manière encore cachée, l'avenir de la communication et la communication comme avenir.

  • " depuis quand avait-il commencé d'attendre ? depuis qu'il s'était rendu libre pour l'attente en perdant le désir des choses particulières et jusqu'au désir de la fin des choses.
    L'attente commence quand il n'y a plus rien à attendre, ni même la fin de l'attente. l'attente ignore et détruit ce qu'elle attend. l'attente n'attend rien. "

  • "thomas demeura à lire dans sa chambre.
    Il était assis sur une chaise de velours, les mains jointes au dessus de son front, les pouces appuyés contre la racine des cheveux, si absorbé qu'il ne faisait pas un mouvement lorsqu'on ouvrait la porte. ceux qui entraient se penchaient sur son épaule et lisaient ces phrases : " il descendit sur la plage : il voulait marcher. l'engourdissement gagnait après les parties superficielles les régions profondes du coeur.
    Encore quelques heures et il savait qu'il s'en irait doucement à un état incompréhensible sans jamais connaître le secret de sa métamorphose. encore quelques instants et il éprouverait cette paix que donne la vie en se retirant, cette tranquillité de l'abandon au crime et à la mort. il eut envie de s'étendre sur le sable : las et informe, il épiait le moment où allait paraître la première agonie de sa vie, un sentiment merveilleux qui doucement le délierait de ce qu'il y avait de raidi dans ses articulations et ses pensées.
    Il vit que tout en lui préparait le consentement : son corps commençait à se détendre ; ses mains ouvertes s'offraient au malheur ; ses yeux mi-fermés faisaient signe au destin ".

  • Jamais un livre n'aura été, à ce point, l'espace éprouvé de sa loi.

    Souveraine gravité de l'arrêt de mort ! l'implacable sentence, l'infaillible décret s'abat, comme un couperet, sur chacune de ses pages et, une fois au moins, de la manière la plus visible, non pour séparer en deux parties presque égales, le récit mais, au contraire, pour marquer de sa coupure le passage de l'une à l'autre, de la vie à la mort afin de les confondre ensuite.
    Il y aura, désormais, ce qui s'est écrit avant l'arrêt, le redoutant et, cependant, fasciné, tournant autour et ce qui s'est écrit après - en même temps ? -, l'acceptant, le subissant ou mieux, l'appliquant.
    A l'image, peut-être de ce qui, à la suite de "ce profond coup de hache ", s'est creusé au milieu de la paume de j.
    "...et si cette ligne s'appelle bien ligne de chance, je dois dire que son aspect rendait cette chance tragique ".
    La loi est regard de la mort. trois personnages - une même irréfrénable passion - vont vivre et mourir de l'humanité infinie et de la glaciale cruauté de ce regard ; entourés de quelques témoins occasionnels, garants de la plausibilité de l'histoire, vont vivre la mort de l'autre et mourir de leur propre mort.
    Loi de l'univers et du livre.
    "ce qui arriva était arrivé depuis longtemps. " et quelle est cette parole de mort qui ne serait point silence ? "l'extraordinaire commence au moment où je m'arrête. "

  • " que va-t-il donc arriver ? ai-je vraiment eu ce désir de me dérober, de me décharger sur quelqu'un d'autre ? plutôt de dérober en moi l'inconnu, de ne pas troubler, d'effacer ses pas pour que ce qu'il a accompli s'accomplisse sans laisser de reste, de sort que cela ne s'accomplit pas pour moi qui demeure au bord, en dehors de l'événement, lequel passe sans doute avec l'éclat, le bruit et la dignité de la foudre, sans que je puisse faire plus qu'en perpétuer l'approche, en surprendre l'indécision, la maintenir, m'y maintenir sans céder.
    Etait-ce autrefois, là où je vivais et travaillais, dans la petite chambre en forme de guérite, en cet endroit où, déjà, comme disparu, loin de me sentir déchargé de moi, j'avais au contraire le devoir de protéger cette disparition, de persévérer en elle pour la pousser plus loin, toujours plus loin ? n'était-ce pas là-bas, dans l'extrême détresse qui n'est même pas celle de quelqu'un, que m'avait été offert le droit de parler de moi à la troisième personne ? "

  • Description d'un combat est le titre du premier livre de Kafka. Combat qui n'admet ni victoire ni défaite, et cependant ne peut s'apaiser ni prendre fin. Comme si Kafka portait en lui ce bref dialogue : « De toute manière, tu es perdu. - Je dois donc cesser ? - Non, si tu cesses, tu es perdu. » C'est en ce sens que parler de Kafka, c'est s'adresser à chacun de nous.
    C'est un tel combat que voudrait tenter de décrire ce livre, combat obscur, protégé par l'obscurité, dont on peut dire avec trop de simplicité qu'il se montre sous quatre aspects, représentés par les rapports avec le père, avec la littérature, avec le monde féminin, et ces trois formes de lutte se retraduisent plus profondément pour donner figure au combat spirituel.

  • Aminadab

    Maurice Blanchot

    «Il faisait grand jour. Thomas qui jusque-là avait été seul vit avec plaisir un homme d'aspect robuste, tranquillement occupé à balayer devant sa porte. Le rideau de fer du magasin était à demi levé. Thomas se pencha un peu et aperçut à l'intérieur une femme couchée dans un lit qui tenait toute la place laissée libre par les autres meubles. Le visage de la femme, quoique tourné vers le mur, n'échappait pas à la vue : doux et fiévreux, tourmenté et pourtant déjà gagné par le repos, voilà ce qu'il était. Thomas se redressa. Il n'avait qu'à continuer sa route. Mais l'homme qui balayait l'interpella :
    - Entrez, dit-il tandis que son bras se tendait vers la porte et indiquait le chemin à suivre.»

  • Au moment voulu

    Maurice Blanchot

    " la nuit, dans le sud, quand je me lève, je sais qu'il ne s'agit ni du proche, ni du lointain, ni d'un événement m'appartenant, ni d'une vérité capable de parler, ce n'est pas une scène, ni le commencement de quelque chose.
    Une image, mais vaine, un instant, mais stérile, quelqu'un pour qui je ne suis rien et qui ne m'est rien - sans lien sans début, sans but -, un point, et hors de ce point, rien dans le monde, qui ne me soit étranger. une figure ? mais privée de nom, sans biographie, que refuse la mémoire, qui ne désire pas être racontée, qui ne veut pas survivre ; présente, mais elle n'est pas là ; absente, et cependant nullement ailleurs, ici ; vraie ? tout à fait en dehors du véritable.
    Si l'on dit : elle est liée à la nuit, je le nie : la nuit ne la connaît pas. si l'on me demande : mais de quoi parlez-vous ? je réponds : alors, il n'y a personne pour me le demander ? "

    1 autre édition :

  • Ce recueil de Maurice Blanchot contient un choix d'essais critiques très variés. La naissance de l'art, son rôle historique, son universalité et l'illusoire pérennité que les musées assureraient aux «chefs-d'oeuvre» ont inspiré à Maurice Blanchot des essais sur les grottes de Lascaux, la psychologie de l'art de Malraux, les écrits de Georges Bataille et de Georges Duthuit.
    Claude Lévi-Strauss, Henri Lefebvre, Dionys Masolo, Karl Marx, Trotski entraînent l'auteur vers les problèmes de l'ethnographie, du marxisme, de la littérature et de la politique.
    De nombreux essais sont consacrés à des oeuvres de «fiction» (Louis-René des Forêts, Pierre Klossowski, Roger Laporte, Marguerite Duras), à des autobiographies ou à des témoignages (Michel Leiris, Robert Antelme, André Gorz), à des auteurs plus que jamais contemporains (Jean Paulhan, Albert Camus). On retrouve également une des préoccupations dominantes de Blanchot, le judaïsme, par une réflexion sur des oeuvres d'Edmond Jabès, d'Emmanuel Levinas, de Martin Buber et de Franz Kafka. L'Amitié s'achève sur le souvenir - l'oubli - de la mort de Georges Bataille.
    L'un des centres de ce livre qui n'a pas de centre : la mise en cause de la culture et la «transgression» que ne précède, au moins dans l'espace de l'écriture, nul interdit.
    Ici, il faudrait prononcer encore le nom de René Char.

  • TAdmettons que la littérature commence au moment ou la littérature devient une question. Cette question ne se confond pas avec les doutes ou les scrupules de l'écrivain. S'il arrive ´r celui-ci de s'interroger en écrivant, cela le regarde ; qu'il soit absorbé par ce qu'il écrit et indifférent ´r la possibilité de l'écrire, que meme il ne songe ´r rien, c'est son droit et c'est son bonheur. Mais ceci reste : une fois la page écrite, est présente dans cette page la question qui, peut-etre ´r son insu, n'a cessé d'interroger l'écrivain tandis qu'il écrivait ; et maintenant, au sein de l'uvre, attendant l'approche d'un lecteur - de n'importe quel lecteur, profond ou vain - repose silencieusement la meme interrogation, adressée au langage, derricre l'homme qui écrit et lit, par le langage devenu littérature.t

  • «Écrire, l'exigence d'écrire : non plus l'écriture qui s'est toujours mise (par une nécessité nullement évitable) au service de la parole ou de la pensée dite idéaliste, c'est-à-dire moralisante, mais l'écriture qui, par sa force propre lentement libérée (force aléatoire d'absence), semble ne se consacrer qu'à elle-même qui reste sans identité et, peu à peu, dégage des possibilités tout autres, une façon anonyme, distraite, différée et dispersée d'être en rapport par laquelle tout est mis en cause, et d'abord l'idée de Dieu, du Moi, du Sujet, puis de la Vérité et de l'Un, puis l'idée du Livre et de l'OEuvre, en sorte que cette écriture (entendue dans sa rigueur énigmatique), loin d'avoir pour but le Livre, en marquerait plutôt la fin : écriture qu'on pourrait dire hors discours, hors langage.»

  • Le pas au-dela

    Maurice Blanchot

    «Temps, temps : le pas au-delà qui ne s'accomplit pas dans le temps conduirait hors du temps, sans que ce dehors fût intemporel, mais là où le temps tomberait, chute fragile, selon ce "hors temps dans le temps" vers lequel écrire nous attirerait, s'il nous était permis, disparus de nous, d'écrire sous le secret de la peur ancienne.»

  • Faux pas

    Maurice Blanchot

    TL'écrivain se trouve dans cette condition de plus en plus comique de n'avoir rien ´r écrire, de n'avoir aucun moyen de l'écrire et d'etre contraint par une nécessité extreme de toujours l'écrire. N'avoir rien ´r exprimer doit etre pris dans le sens le plus simple. Quoi qu'il veuille dire, ce n'est rien. Le monde, les choses, le savoir ne lui sont que des points de repcre ´r travers le vide. Et lui-meme est déj´r réduit ´r rien. Le rien est sa maticre. Il rejette les formes par lesquelles elle s'offre ´r lui comme étant quelque chose. Il veut la saisir non dans une allusion mais dans sa vérité propre. Il la recherche comme le non qui n'est pas non ´r ceci, ´r cela, ´r tout, mais le non pur et simple. Du reste, il ne la recherche pas ; elle est ´r l'écart de toute investigation ; elle ne peut etre prise pour une fin ; on ne peut proposer comme but ´r la volonté ce qui prend possession de la volonté en l'anéantissant : elle n'est pas, voil´r tout ; le Je n'ai rien ´r dire de l'écrivain, comme celui de l'accusé, enferme tout le secret de sa condition solitaire.t

  • « Thomas demeura à lire dans sa chambre. Il était assis sur une chaise de velours, les mains jointes au-dessus de son front, les pouces appuyés contre la racine des cheveux, si absorbé qu'il ne faisait pas un mouvement lorsqu'on ouvrait la porte. Ceux qui entraient se penchaient sur son épaule et lisaient ces phrases : "Il descendit sur la plage : il voulait marcher. L'engourdissement gagnait après les parties superficielles les régions profondes du coeur. Encore quelques heures et il savait qu'il s'en irait doucement à un état incompréhensible sans jamais connaître le secret de sa métamorphose. Encore quelques instants et il éprouverait cette paix que donne la vie en se retirant, cette tranquillité de l'abandon au crime et à la mort. Il eut envie de s'étendre sur le sable : las et informe, il épiait le moment où allait paraître la première agonie de sa vie, un sentiment merveilleux qui doucement le délierait de ce qu'il y avait de raidi dans ses articulations et ses pensées. Il vit que tout en lui préparait le consentement : son corps commençait à se détendre ; ses mains ouvertes s'offraient au malheur ; ses yeux mi-fermés faisaient signe au destin." »

  • De Faux Pas (1943) à Une Voix venue d'ailleurs (2002).
    Maurice Blanchot, de son vivant, a recueilli la plupart de ses articles critiques dans ses livres. Il en laissa pourtant certains de côté. Ce sont ces textes que nous avons entrepris de publier. Une première série a donné le volume des Chroniques littéraires du Journal des débats, 1941-1944. Le lecteur trouvera ici la suite : l'ensemble des articles de critique littéraire que publia Blanchot de 1945 à sa mort sans les reprendre dans ses livres.
    Nous y avons ajouté les textes publiés dans certains courts volumes aujourd'hui indisponibles. Figurent également quelques prières d'insérer signées par Blanchot lors de la publication de ses propres fictions. Voici donc rassemblées des chroniques de presse, des chroniques de revue ou des pièces de circonstance, réponses aux enquêtes, hommages aux disparus. Ou encore ces lettres, qui se firent de plus en plus fréquentes au fil du temps : les adressant aux comités de direction de revues ou aux responsables d'ouvrages collectifs, Blanchot y invoque l'impossibilité où il se trouve de répondre à la demande d'une contribution, mais cette manière d'excuse devient un texte à part entière.
    Ces miscellanées permettent de découvrir un autre Blanchot. Elles échappent parfois aux motifs dominants de sa pensée. Elles permettent aussi d'en suivre les réélaborations successives. Levinas, Bataille, Mascolo, Derrida, la critique, la Bible, la politique sont là. Sartre, Malraux, Thomas Mann, Beckett, Michaux, Merleau-Ponty, l'affaire Dreyfus aussi. Mais il arrive à ces textes de porter sur des auteurs et des sujets inattendus : Cyrano de Bergerac, Fourier, Adamov, Gracq, Lowry, Caillois, le merveilleux, les prix littéraires, la science-fiction...

  • Ce volume inédit apporte enfin toute la lumière sur cet « Autre Blanchot » décrit par Michel Surya, que Blanchot lui-même a tenté de garder secret. Il s'oppose en effet de manière frappante au Blanchot bien connu des Écrits politiques (1953-1993) publiés en 2008 dans les Cahiers de la NRF, qui le montrent en figure de l'intellectuel de gauche : Manifeste des 121, Mai 68, communisme, judaïsme, internationalisme, etc. Si le ton, la rigueur, la faculté d'analyse propres à Blanchot sont ici les mêmes, le positionnement politique est inversé.
    Cet ouvrage réunit pour la première fois tous les articles politiques (plus de 150) écrits par Maurice Blanchot dans les journaux auxquels il a collaboré avant-guerre, en tant que chroniqueur ou rédacteur en chef : principalement La Revue Universelle, Le Journal des Débats, Le Rempart, Aux écoutes, Combat et L'Insurgé. Blanchot est alors aux côtés de la « Jeune droite » et ses positions reflètent ce qu'on pu définir comme le « non-conformisme des années trente » : une position à la fois anti-communiste et anti-national-socialiste, antiparlementariste, anticapitaliste, pacifiste, spiritualiste et proche du maurrassisme.
    Blanchot intervient aussi bien sur les questions de politique intérieure (contre le « désordre établi », contre Léon Blum), de politique étrangère (contre l'Allemagne et la perte d'influence de la France), d'économie (contre l'abandon de l'étalon-or) et de littérature.
    Cette publication est l'occasion de suivre au jour au jour, du point de vue de Blanchot, ces années complexes et violentes que furent les années trente. Elles ont imposé chez lui une écriture de combat, où l'on décèle une exaspération de plus en plus manifeste. Blanchot exhorte ses lecteurs à aller au bout du dégoût de la « France corrompue » et veut susciter une insurrection de la jeunesse. Pour lui comme pour les non-conformistes, la Révolution est alors « nécessaire » et toute révolution est d'abord « spirituelle ».
    Édition établie, annotée et présentée par David Uhrig, professeur à l'Université de New York à Paris. Avec chronologie et index.

  • « Jamais Maurice Blanchot n'aura écrit autant de chroniques littéraires que pendant ces années de guerre. Entre avril 1941 et août 1944, chaque semaine, un article recense un ou plusieurs livres récemment parus : romans, poèmes, essais donnent lieu à une réflexion singulière, toujours plus sûre de sa propre rhétorique, livrée davantage à l'écho de l'impossible ou aux sirènes de la disparition. Une critique de jugement ouvre la voie à une critique d'interprétation. Entre les circonstances de la guerre, ce qu'elles rendent possible ou impénétrable, et les fondements de l'acte littéraire, variables au gré des références classiques ou modernes qu'il emprunte, ce sont aussi les théories que Blanchot développera parfois bien plus tard, de La Part du feu à L'Entretien infini et même à L'Écriture du désastre, qui se trouvent ici esquissées. Non sans contradictions ni pas de côté, et dans la certitude fiévreuse d'une oeuvre qui commence.
    Environ un tiers de ces chroniques avait déjà été repris dans Faux Pas, en 1943. C'est tout le reste que nous éditons ici. On y lira des textes sur Dante, Rabelais, Descartes, Montesquieu, Blake, Hoffmann, Jarry ou encore Joyce... On y verra revenir Giraudoux, Mallarmé, Valéry, les surréalistes français et les romantiques allemands. Ces articles révèlent la généalogie d'un critique qui a transformé l'occasion de la chronique en nécessité de la pensée. »
    Christophe Bident.

  • " le langage en qui parle l'origine, est essentiellement prophétique.
    Cela ne signifie pas qu'il dicte les événements futurs, cela veut dire qu'il ne prend pas appui sur quelque chose qui soit déjà, ni sur une vérité en cours, ni sur le seul langage déjà dit ou vérifié. il annonce, parce qu'il commence. il indique l'avenir, parce qu'il ne parle pas encore, langage du futur, en cela qu'il est lui-même comme un langage futur, qui toujours se devance, n'ayant son sens et sa légitimité qu'en avant de soi, c'est-à-dire foncièrement injustifié.
    Et telle est la sagesse déraisonnable de la sibylle, laquelle se fait entendre pendant mille ans, parce qu'elle n'est jamais entendue maintenant, et ce langage qui ouvre la durée, qui déchire et qui débute, est sans sourire, sans parure et sans fard, nudité de la parole première. " m. b.

    Indisponible
  • Pendant une cinquantaine d'années, Pierre Madaule a entretenu avec Maurice Blanchot un dialogue épistolaire que l'auteur du petit livre Une tâche sérieuse? (Éditions Gallimard, 1973), qui a fait date parmi les lecteurs de Blanchot, s'est décidé à donner au public.
    L'ensemble s'avère important pour la connaissance de l'auteur de L'espace littéraire. Publié par son éditeur historique, il constitue le premier volume d'une correspondance de Blanchot, qui fut aussi un épistolier remarquable.

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