Romans & Nouvelles

  • Madame de porta soudain ses mains à ses oreilles et, l'air égaré, s'écria : - ciel ! je n'ai plus mes boucles d'oreilles ! elles ont dû tomber pendant la valse.
    - non, non vous n'en aviez pas ce soir, lui affirmèrent toutes les personnes qui l'entouraient alors. - si, je les avais, je les avais, j'en suis sûre, dit-elle et, cachant toujours ses oreilles dans ses paumes, elle courut à son mari : - mes boucles d'oreilles ! mes deux coeurs ! je les ai perdus, ils sont tombés ! voyez, voyez, fit-elle en écartant ses mains. - vous ne portiez pas de boucles d'oreilles ce soir, répondit m.
    De. " madame de est un chef-d'oeuvre. il est d'une rigueur classique et d'une grâce méchante très xviii siècle " (marcel achard, de l'académie française).

  • Milrid, en cet instant, la comprit mieux qu'elle-même : il faillit la prendre dans ses bras.
    Il l'aurait embrassée s'il avait pu croire qu'ils en mourraient tous les deux. Seule la certitude qu'ils continueraient à vivre l'empêcha de le faire ; il était déjà résolu à ne pas la perdre.

  • " j'ai beaucoup d'amitié pour vous et j'en aurai plus encore si vous êtes franche.

    - vous me le jurez ?
    - je vous le jure ", répondit-il, et gilberte parla. elle lui raconta que la lettre que cécilie avait perdue dans un taxi contenait non seulement les propos très compromettants qu'il avait tenus sur m. doublard-despaumes, ses moeurs et sa vénalité, mais aussi, une comédie satirique dont lui, gustave, était le héros. ".

  • Fictions, poèmes, proses d'occasion et pages d'interviews composent ce volume qui vient compléter les trois recueils précédents parus aux mêmes éditions, Articles de mode, Promenades et autres rencontres et Intimités.
    Appartenant à toutes les périodes de l'oeuvre de Louise de Vilmorin, des années trente aux années soixante, certains de ces textes furent publiés dans Vogue, Marie-Claire mais aussi Minotaure, tandis que d'autres, amoureusement dactylographiés et brochés par Louise, étaient offerts par elle à certains de ses amis, en une sorte de samizdat amoureux. Ecrits pour leur seul plaisir, et le sien, ils sont aujourd'hui dispersés dans des collections privées, et l'on aura ici l'occasion de les lire pour la première fois.
    Des croquis mordants de " J'étais du mariage " ou " J'ai été séduite " au surréalisme sombre de " Ce soir " ou de " Démone ", de la désinvolture apparente de certains entretiens à un hilarant " L'argent me ruine ", c'est toute la palette, ou l'écho, de la fantaisie de Louise de Vilmorin qu'offre ce recueil appartenant à tous les genres ou les défiant tous. On pourrait leur appliquer ce que Louise disait, à sa manière, à propos de ses romans : " En ce qui concerne mes propres livres, j'ai toujours regretté que mon éditeur se soit entêté à leur donner l'appellation trompeuse de roman plutôt que " pâté maison ", " machin " ou " venez-y-voir ".
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  • Juriste émérite et amateur fou de violons, le chancelier Krespel, léger excentrique « qui n'a jamais été jeune », mène une vie tranquille dans une petite principauté du coeur de l'Allemagne.
    Au cours d'un voyage en Italie, où il s'est rendu pour acquérir un violon fabuleux, il assiste à une représentation à l'Opéra San Benedetto et tombe sur le champ amoureux de la célèbre cantatrice Angela. Il la séduit, et l'épouse. Mais le charme a ses revers. La diva se révèle capricieuse et casse, dans un moment de fureur, le violon miraculeux.
    C'est tout le destin du chancelier, et de tous ceux qui l'entourent, qui s'en trouvera scellé.
    Publié à l'origine dans les Cahiers du Cinéma, et totalement oublié depuis, ce « scénario impossible à tourner », texte littéraire à part entière, offre une suite de variations autour d'un célèbre conte d'Hoffmann, mais aussi et surtout autour des motifs chers à Louise de Vilmorin : la gravité sous le masque de la frivolité, le ravissement amoureux, les vertiges de la séduction, la hantise de la mort et le rôle de l'art comme réponse aux jeux de dupe du désir.

  • De Londres à Budapest, de Moscou à Monte-Carlo, de Verrières à Paris, ce volume rassemble le plus clair des reportages écrits par Louise de Vilmorin à différentes époques de sa vie.

    On y retrouve le même soin du détail, le sens de il imprévu, le souci des choses frivoles, le même art de la pointe qui inspire ses récits. Un rythme, des rites, une manière de vivre, le respect des apparences caractéristiques d'une période disparue ressurgissent dans ces pages avec une fraîcheur intacte.
    L'évocation d'amis et de figures proches, comme autant d'exercices d'admiration, complète cet ensemble de textes qui offre aussi, à sa manière, une sorte d'autobiographie indirecte de l'auteur de Madame de.

  • A la fin de 1950 et au début de 1951, Louise de Vilmorin fut invitée par Paul-Louis Weiller à séjourner dans ses propriétés de Saint-Vigor, près de Versailles, et de Sélestat, dans le Bas-Rhin.
    Avec les deux amis qui l'accompagnent, elle forme le cercle des "Espérons" (" [...] étant pauvres et inquiets, nous ne cessons de dire : "Espérons", c'est ainsi que nous avons choisi de nous appeler "). Dîners en ville, bals masqués, moments de désespoir amoureux, trouvailles chez les antiquaires et les modistes, petits complots de famille, gentilles médisances, portraits acérés, jeux de farces et attrapes rythment cette chronique, que Louise lisait régulièrement à ses amis, et où l'on retrouve tout l'humour, la justesse de trait, la tristesse légère, tout l'esprit en un mot, de son écriture poétique et romanesque.
    C'est incidemment dans l'espace de ces mêmes mois que Louise, se souvenant d'un ami lointain, écrit quelques pages, qu'elle publie en revue, et que ne tardent pas à se disputer ses amis éditeurs : Madame de paraîtra chez Bernard Grasset à l'automne 1951. Un fragment de journal tenu en Hongrie en 1937 et un " Bloc-Notes " écrit pour le journal Arts dans les années cinquante complètent cet ensemble d'écrits autobiographiques totalement inédits.

  • Louise de Vilmorin eut en commun avec les grandes figures féminines du XVIIIe siècle le génie de la conversation ; elle partagea ainsi avec elles le goût et l'art d'écrire des lettres, et fut une épistolière remarquable, relatant à longueur de journée, et pour divers amis, les événements qui émaillaient son quotidien et celui de son entourage. Elle y fait preuve du même esprit de finesse, du même sens du trait ou du raccourci incongru que l'on retrouve dans ses poèmes et ses fictions.
    Ses correspondants se nomment Malraux, Morand, Nimier, Poulenc, René Clair, mais aussi Pierre Roy, Marthe Bibesco ou Gaston Gallimard, pour n'en citer que quelques-uns.
    Rassemblant les lettres envoyées en même tenps que leurs réponses, pratiquement toutes inédites, ce volume apporte une contribution unique à la chronique d'un milieu - celui du Paris littéraire et artistique des années trente aux années soixante -, en même temps qu'il ajoute de nouvelles pièces au puzzle, toujours lacunaire, de la biographie riche et mouvementée de l'auteur de Madame de.

  • Carnets

    Louise de Vilmorin

  • Histoire d'aimer

    Louise de Vilmorin

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  • Le lit à colonnes

    Louise de Vilmorin

    "son visage cerné d'ombre et ses yeux, dont il distinguait la large place sous son front, avaient l'expression que l'on voit à certains portraits d'inconnues dans les châteaux : quelque chose de fatal et d'éperdu qui rend plus touchante la beauté de la jeunesse et fait haïr le temps.

    "qui est-elle ?" murmura-t-il. comme il se posait cette question, une chauve-souris vint se coller à la vitre illuminée et sembla coiffer marie-dorée d'un présage de malheur. ".

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  • Louise de vilmorin fit la connaissance de coco chanel en 1947, à un moment où cette dernière songeait à écrire sa biographie.
    Coco se confia à louise, et de ces confidences sortit un texte couvrant la première période de la vie de chanel, moment où se dessine et se fixe définitivement l'ensemble du projet et de la vision de la célèbre couturière.
    Version positive de la biographie de lola montes que louise de vilmorin écrira dix ans plus tard, ces " mémoires " fragmentaires de chanel reprennent le thème de l'indépendance personnelle et de la façon dont la femme se crée dans un monde qui tend à la nier et à l'assujettir.

    Intérêt supplémentaire - et non des moindres : c'est que coco ne livre à louise que de fausses confidences ; et que l'on retrouve dans ce bref et splendide récit la virtuosité d'écriture propre à la seconde, et la vision, juste parce que fausse, que voulut laisser d'elle-même la première.

  • rassemblant plus de quatre cents lettres, cartes postales, billets et télégrammes, la publication de la correspondance entre louise de vilmorin et duff et diana cooper, couple diplomatique en poste à paris après la seconde guerre mondiale, apporte un éclairage nouveau sur la relation originale, " à trois ", qu'ils ont entretenue à partir de 1944, date à laquelle, invité à verrières-le-buisson par louise de vilmorin, duff cooper " l'embrassa et tomba amoureux d'elle ".
    son épouse ne tarda pas elle non plus à se dire " subjuguée par son charme ". cet extraordinaire échange épistolaire est presque entièrement inédit. il est d'ailleurs rare qu'une correspondance croisée soit aussi bien conservée ; le don ou le dépôt dans des institutions publiques, plutôt qu'une dispersion dans le marché de l'autographe y est pour beaucoup. l'intérêt de ces lettres est considérable, en ce qu'elles font apparaître le réseau des relations sociales de la romancière et du couple britannique, qu'elles donnent à voir les dessous de la vie politique et littéraire des années 1940-1950 et qu'elles livrent obliquement, mais sous un jour inattendu, un témoignage sur les faits marquants de cette époque.
    c'est surtout l'expression d'une formidable et fulgurante histoire d'amour qui ne cessera véritablement qu'à la mort de l'ambassadeur, en 1954.

  • Rassemblant plus d'une centaine de lettres, de cartes postales, de billets et de télégrammes, la publication de la correspondance que louise de vilmorin a échangée avec jean cocteau apporte un éclairage nouveau sur la relation qu'ils ont entretenue de 1934, moment oú cocteau découvre avec stupéfaction et enthousiasme sainte-unefois, à 1963, date de la disparition du poète.

    " jean, c'est comme un frère ", se plaisait à dire louise de vilmorin. il fut aussi un amoureux éconduit et un découvreur de talent : il la lança dans le monde des lettres en 1934, fut associé au tournage du film tiré du lit à colonnes en 1942, fit partie de la "bande" qu'elle réunit autour d'elle à l'ambassade de grande-bretagne en 1945, séjourna à verrières-le-buisson oú il écrivit la difficulté d'être en 1946, chanta ses louanges dans la revue de paris en 1955 et fut pressenti pour rédiger un essai sur son oeuvre littéraire en 1962.

    " si je l'aime d'un coeur jaloux, écrivit louise en 1955, c'est qu'il m'a, je crois, inventée. ".

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