Encrage Édition

  • Une enquête criminelle autour d'un savant fou En 1882, Fortuné du Boisgobey est passé maître dans l'art d'écrire un roman policier. Tout commence naturellement par un crime, introduit de manière spectaculaire, et se poursuit par une double enquête : d'un côté celle de la police officielle et de la justice ; de l'autre celle de détectives amateurs. Chez Boisgobey, ceux-ci sont souvent de jeunes aristocrates courageux ; ici, ce sont des artistes : le peintre Alfred Caussade et son ami vaudevilliste Georges Darès. Mais cette fois, l'adversaire n'est pas un mystérieux étranger, mais une femme... La perspective change, le registre sentimental est grandement exploité, mais l'intensité du drame demeure, avec un intéressant suspense final. Un personnage de savant fou - médecin, pour être plus précis - agrémente la distribution, et sa terrible invention aura son importance. Le roman est paru initialement dans La Lanterne, du 16 octobre au 19 décembre 1882, puis fut publié en librairie chez Plon, en 1883. Fortuné du Boisgobey offre ici un nouveau roman policier avec une intrigue judiciaire et une romance parfaitement menées EXTRAIT Ce n'est pas un mariage du grand monde ; ce n'est pas non plus une noce d'ouvriers, où chacun paye son écot. Il n'y a pas de voitures de maître à la porte du restaurant, mais les mariés et leurs témoins sont venus dans des landaus de louage, conduits par des cochers gantés de blanc et traînés par des chevaux enrubannés. Si le dîner a été commandé dans la banlieue, c'est que, dans l'intérieur de Paris, les salons de cent couverts sont assez rares ; mais l'établissement du père Cabassol, à Boulogne-sur-Seine, n'est pas une guinguette. Il est avantageusement connu depuis quarante ans, et sa spécialité, c'est de confectionner, au plus juste prix, les repas de noce de la bourgeoisie aisée. Plus d'un gros négociant, qui tient maintenant le haut du pavé sur la place, y a fêté jadis le plus beau jour de sa vie, alors qu'il débutait dans les affaires et qu'il s'estimait trop heureux d'épouser la fille d'un boutiquier, avec cent mille francs de dot. Cette fois, c'est la fille d'un médecin qui épouse le caissier d'une maison de banque. A PROPOS DE L'AUTEUR Fortuné du Boisgobey est né en 1821 et mort en 1891. Écrivain emblématique du XIXe siècle, il s'est essayé au genre du roman policier, judiciaire et historique. Ayant connu un succès considérable de son vivant, il est considéré comme l'un des plus grands feuilletonistes de la littérature française. Il fut à la tête de la Société des Gens de Lettres entre 1885 et 1886.

  • Un crime au coeur de Paris avec en toile de fond la guerre franco-prussienne Roman contemporain, roman policier, roman parisien : tel peut être défini Le Coup de pouce. L'action se partage entre Paris intra-muros et la localité - imaginaire - de Charly-sous-Bois. Un crime est commis dont on croit connaître le coupable qui est très vite emprisonné, car, désigné par sa victime, tout semble l'accuser... Mais, selon un schéma très courant chez l'auteur, un jeune aristocrate, Julien de La Chanterie, convaincu de l'innocence du personnage, va se lancer dans une véritable enquête policière, découvrir un mystérieux document et s'intéresser à un troublant notable étranger : Wilfrid Wassmann... L'action se déroule à la veille, puis dans les premières semaines de la guerre franco-prussienne, des événements dont Fortuné du Boisgobey a été le témoin. Aux descriptions précises et passionnantes qu'il donne, comme toujours, de Paris et de sa banlieue, il ajoute cette fois le ressenti personnel du témoin authentique. Pour finir, on frôle le roman d'espionnage mais, après avoir subi un constant suspense on découvre le pot-aux-roses, alors que l'ennemi de la nation approche... Le roman est paru initialement dans le Petit Moniteur Universel du Soir, du 27 juin au 16 septembre 1874, puis a été publié en librairie chez Dentu en 1875. Un roman d'espionnage historique dont le suspense est maintenu jusqu'à la dernière page ! EXTRAIT L'omnibus de la Madeleine à la Bastille roulait sur la ligne des boulevards, et versait des torrents de poussière sur ses obscurs blasphémateurs, comme disait ce pauvre Arnal dans Renaudin de Caen - un vaudeville d'il y a trente ans. En style vulgaire, il faisait une chaleur abominable, le macadam poudroyait, et l'omnibus étant complet, les gens qui couraient après lui s'essoufflaient inutilement, puis s'arrêtaient en s'essuyant le front et en maugréant contre le monopole de la Compagnie. Déçus dans leur espoir, ces aspirants à la locomotion à bon marché n'avaient pas même la consolation d'être plaints par les voyageurs plus heureux qui remplissaient la voiture. Au contraire, les premiers occupants leur riaient au nez - ainsi va le peuple le plus spirituel de la terre, - et les moqueries s'adressaient surtout à des femmes, car, sous ce soleil torride, les hommes recherchaient peu l'impériale, où ils ont seuls le privilège de grimper. A PROPOS DE L'AUTEUR Fortuné du Boisgobey est né en 1821 et mort en 1891. Écrivain emblématique du XIXe siècle, il s'est essayé au genre du roman policier, judiciaire et historique. Ayant connu un succès considérable de son vivant, il est considéré comme l'un des plus grands feuilletonistes de la littérature française. Il fut à la tête de la Société des Gens de Lettres entre 1885 et 1886.

  • Quand l'aristocratie enquête autour d'un crime Fortuné du Boisgobey débute réellement sa carrière de romancier par les romans « judiciaires » dont le thème principal est la narration d'une action criminelle et de la lutte entreprise contre son ou ses auteurs. Ce roman-ci possède la particularité d'une construction en deux temps, après avoir débuté, de manière très moderne pour l'époque, par une séquence anticipée. Le schéma principal de la première partie est celui qui va très souvent s'imposer à l'auteur : un personnage de la classe aristocratique, ici le vicomte Henri de Servon, se trouve confronté à un mystère d'apparence criminel et décide d'enquêter à son sujet ; ce qui ne va pas forcément sans risque puisqu'il finit par se retrouver en prison... Et il se trouve confronté à un mystérieux étranger, M. de Pancorvo, un Sud-Américain fort riche. La seconde partie repose sur un procédé typique des feuilletons du Second Empire : le récit rapporté. Ici, il n'est pas question de manuscrit retrouvé ou de confession in extremis, mais du témoignage, à la barre d'un tribunal, d'un personnage qui sait ce qui s'est passé et va pouvoir révéler le fin mot de l'histoire. A noter l'intervention du policier Jottrat, personnage qui sera l'un des héros principaux d'un prochain roman, Disparu ! Le roman est publié d'abord dans le Petit Moniteur Universel du Soir, du 10 juin au 14 août 1869 ; il paraît en librairie chez Dentu en 1878, sous le titre : Une affaire mystérieuse. A l'aide du policier Jottrat, Fortuné du Boisgobey livre un roman policier rythmé, dont l'intrigue judiciaire est élégamment construite. EXTRAIT Les événements politiques qui remplirent les six premiers mois de 1848 ne laissaient guère de place à d'autres préoccupations. L'intérêt qui s'attache aux curiosités judiciaires s'était reporté tout entier sur les combats de la rue ou sur les luttes de la tribune, et les faits singuliers qui se déroulèrent à cette époque dans le monde parisien le plus élevé passèrent à peu près inaperçus. Après la révolution de février, les clubs élégants étaient restés longtemps déserts ; mais, vers la fin de l'été, les fidèles de la vie à grandes guides commencèrent à reprendre leurs habitudes. On revenait dîner au Café de Paris ; on retournait au théâtre ; on se remettait à jouer et à souper. A jouer surtout. Il semblait qu'on voulût se dédommager d'une interruption forcée, et l'on reprit les parties avec une ardeur qui s'expliquait peut-être aussi par l'incertitude de l'avenir. C'était surtout dans un des cercles les plus renommés du Paris d'alors que les gros joueurs se donnaient rendez-vous, et, chaque nuit, autour d'une table de baccarat dressée au milieu du grand salon rouge, on perdait et on gagnait des sommes énormes. A voir l'or et les billets de banque s'entasser sur le tapis vert, on ne se serait pas douté que les valeurs industrielles étaient en baisse et que les fermages ne se payaient guère. L'argent, qui se cachait partout et qui fuyait les affaires, se montrait hardiment au jeu, et changeait de mains entre une heure et cinq heures du matin avec une facilité incroyable. A PROPOS DE L'AUTEUR Fortuné du Boisgobey est né en 1821 et mort en 1891. Écrivain emblématique du XIXe siècle, il s'est essayé au genre du roman policier, judiciaire et historique. Ayant connu un succès considérable de son vivant, il est considéré comme l'un des plus grands feuilletonistes de la littérature française. Il fut à la tête de la Société des Gens de Lettres entre 1885 et 1886.

  • Investigations criminelles dans la famille Le quatrième roman de Fortuné du Boisgobey présente déjà tout ce qui va faire la force des romans criminels de l'auteur. Héritier des grands feuilletonistes du Second Empire, il exploite tous les registres du roman populaire et ce sont des rapports familiaux qui sous-tendent toute l'intrigue du roman : c'est parce que son futur beau-frère est soupçonné de crime que le jeune comte Edmond de Sartilly se transforme en enquêteur, et c'est pour retrouver son fils que le policier Jottrat abandonne ses fonctions officielles pour lui venir en aide. Logiquement, c'est ensuite le registre criminel qui prend le pas, et le récit alors se dédouble : d'un côté l'enquête policière pour tenter de découvrir le coupable du crime ; de l'autre une chasse au trésor afin de mettre la main sur une fortune que le criminel tente aussi de s'approprier. Boisgobey sait manier le suspense et parfaitement utiliser la dynamique de son récit : enlèvement, séquestration, poursuite, combat... l'aventure bat son plein. Par ailleurs, il est un magnifique historien de son siècle, principalement en ce qui concerne Paris, dont il évoque la physionomie dans les années 1840. Le roman paraît initialement dans le Petit Moniteur Universel du Soir, du 31 décembre 1869 au 19 mars 1870, et sera publié en librairie par Dentu en 1875, sous le titre La Tresse blonde. Un roman policier mené tambour battant, avec de nombreux rebondissements et un suspense haletant. EXTRAIT Le bois de Boulogne, en 1847, n'avait pas subi les transformations qui, de nos jours, en ont fait un parc anglais. C'était alors un taillis clairsemé, coupé par de rares allées, poudreuses l'été, boueuses l'hiver, et le monde élégant n'y connaissait pas d'autre promenade que le talus des fortifications. Au mois de février et au petit jour, la porte Maillot était en ce temps-là un lieu absolument désert, où on pouvait s'attendre à rencontrer tout au plus quelque duelliste matinal. Cependant, le mercredi des Cendres de cette année 1847, vers huit heures du matin, un mouvement inaccoutumé animait les abords d'un restaurant assez en vogue, qui occupait une petite maison bâtie au coin de l'avenue de Neuilly et du bois. Deux calèches et trois ou quatre de ces cabriolets haut perchés sur leurs roues qu'affectionnait la jeunesse dorée de l'époque, stationnaient à la porte ; les fenêtres du premier étage étincelaient de lumière et laissaient passer le bruit affaibli d'un souper joyeux. La blanche nappe de neige étendue sur la route et les grands arbres dépouillés encadraient d'une façon bizarre ce pavillon plein de mouvement et de clarté ; le jour venait, un jour gris et pluvieux ; une vapeur humide montait de la terre détrempée. Les chevaux, qu'on n'avait pas dételés, frissonnaient sous leurs couvertures, et les domestiques chargés de les tenir piétinaient pour se réchauffer, tout en maugréant contre leurs maîtres. A PROPOS DE L'AUTEUR Fortuné du Boisgobey est né en 1821 et mort en 1891. Écrivain emblématique du XIXe siècle, il s'est essayé au genre du roman policier, judiciaire et historique. Ayant connu un succès considérable de son vivant, il est considéré comme l'un des plus grands feuilletonistes de la littérature française. Il fut à la tête de la Société des Gens de Lettres entre 1885 et 1886.

  • Une nouveau crime à élucider pour les policiers de Fortuné du Boisgobey Roman écrit par Fortuné du Boisgobey à la moitié de sa carrière, et publié dans Le Voltaire, du 28 décembre 1880 au 26 février 1881 - puis en librairie chez Plon, la même année, - Le Pavé de Paris est un roman criminel qui se démarque de ceux déjà publiés dans cette collection. Ici, pas d'entrée en matière fracassante, pas de crime à la première page, pas de scène proposée par anticipation. La description l'emporte sur le dialogue ; le lecteur croit être entré dans un roman de moeurs de bonne tenue mais qui ne devrait pas connaître de scènes sanglante. Il se trompe, bien sûr, mais l'auteur fait tout pour ménager ses effets et mener tranquillement son public à son but. Le Pavé de Paris reste un roman de moeurs jusqu'au bout, mais est aussi un roman criminel avec enquête et déduction. Et il met en scène un personnage de « méchant » particulièrement inattendu et dont le destin est tout à fait surprenant au regard des canons du genre... Cette enquête policière vous plongera dans les moeurs sociales du XIXe siècle. EXTRAIT C'est le soir ; un soir de ce tiède et boueux hiver où nous sommes. Il est dix heures. Une pluie fine fouette les vitres d'un appartement de la rue de l'Arcade, une rue triste et démodée ; les voitures n'y passent presque plus depuis qu'on a ouvert le boulevard Malesherbes ; on y ferme les boutiques à la tombée de la nuit ; l'été, les filles des concierges y jouent au volant d'un trottoir à l'autre. On se croirait en province. L'appartement est au premier : six fenêtres sur le devant avec balcon. La maison a un air respectable. Une dame de charité l'habiterait sans scrupule. Une femme de la haute galanterie y demeurerait volontiers, à cause de l'apparence honnête. Il y a des amants sérieux qui tiennent à ces choses-là. On en a vu qui exigeaient que leur maîtresse payée allât à la messe. Et justement la Madeleine est tout près de la rue de l'Arcade. Il y a de la lumière aux fenêtres du balcon. Il y en a aussi à une fenêtre du second étage ; mais là, c'est une clarté discrète, une faible lueur qui filtre par l'interstice des rideaux fermés, tandis qu'au balcon l'éclairage ne se cache pas. Il brille insolemment à travers la soie transparente des stores japonais. On dirait qu'il appelle les passants. La dame du logis n'en est pas là ; mais elle n'est plus du clan des bourgeoises. Elle en a été dans sa première jeunesse, et elle ne regrette pas de ne plus en être. Elle se souvient du jour où, six mois après sa sortie du couvent, elle fut conduite à l'autel de l'église Sainte-Marie des Batignolles par un capitaine en retraite, quarante-huit ans d'âge et dix-neuf cent cinquante francs de pension. A PROPOS DE L'AUTEUR Fortuné du Boisgobey est né en 1821 et mort en 1891. Écrivain emblématique du XIXe siècle, il s'est essayé au genre du roman policier, judiciaire et historique. Ayant connu un succès considérable de son vivant, il est considéré comme l'un des plus grands feuilletonistes de la littérature française. Il fut à la tête de la Société des Gens de Lettres entre 1885 et 1886.

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