STEPHANIE DUJOLS

  • La voisine du cinquieme

    Habib Selmi

    • Sindbad
    • 11 May 2022

    Kamal Achour, d'origine tunisienne, enseigne les mathématiques dans une université parisienne. Il a soixante ans et mène une vie bourgeoise avec sa femme française, Brigitte, dans un immeuble où les résidents sont de nationalités diverses et ont des occupations fort disparates. Au cinquième étage habite une Tunisienne, Zohra, qui travaille occasionnellement comme femme de ménage pour nourrir sa petite famille : un mari aux moeurs étranges et un enfant handicapé. Fier de son ascension sociale, méprisant vis-à- vis de ses anciens compatriotes, Kamal ne peut pourtant s'empêcher de sympathiser peu à peu avec Zohra et, tout à son jeu de séduction, finit par tomber amoureux d'elle. Son rêve le plus cher, à elle, est de rentrer en Tunisie...
    S'inscrivant avec finesse et humour dans le microcosme d'un immeuble comme il y en a tant à Paris, ce roman aborde subtilement les questions brûlantes de l'immigration et de l'acculturation, à travers un personnage tout en ambivalences. La Voisine du cinquième a obtenu le prestigieux prix Katara en 2021.

  • Le roi des Indes

    Jabbour Douaihy

    • Sindbad
    • 6 October 2021

    Après avoir bourlingué à travers le monde, Zakaria Moubarak rentre dans son village natal, à l'est de Beyrouth. Quelques mois plus tard, on découvre son cadavre dans le terrain hérité de son arrière-grand-mère. L'enquête explore plusieurs pistes, de la vendetta familiale au règlement de comptes mafieux lié à une toile - volée à une ancienne maîtresse - qui serait un original de Chagall. Empreint d'un irrésistible charme cosmopolite, ce formidable roman, le septième de l'auteur, distille le mystère tout en déployant une foisonnante chronique libanaise.

  • Captives : un apiculteur au secours des Yézidis

    Dunya Mikhail

    • Grasset et fasquelle
    • 6 October 2021

    Ces dernières années, les Yézidis ont été victimes d'un génocide, reconnu comme tel par les Nations unies, perpétré par l'Etat islamique - aujourd'hui encore, des milliers d'entre eux sont portés disparus. Captives raconte leur histoire.
    Dunya Mikhail, Irakienne exilée aux États-Unis depuis 1996, décrit le sort des femmes Yézidies qui ont été capturées par les hommes de Daech, puis vendues sur des marchés comme esclaves sexuelles. Violées, mariées de force, obligées avec leurs plus jeunes enfants à confectionner des missiles (pendant que les garçons plus âgés sont entraînés pour devenir des combattants), séquestrées, revendues, violées à nouveau, parfois en groupe, certaines ont réussi à s'enfuir. Courage et détermination sont les valeurs cardinales de ces femmes. La solidarité dont elles ont fait preuve entre elles, mais aussi l'assistance de ceux qui mettent tout en oeuvre, au péril de leur vie, afin de leur fournir les moyens de leur fuite, ont fini par former une magnifique chaine humaine, de la Syrie à l'Irak, en passant par la frontière turque, afin d'échapper à l'horreur, de sauver ses proches mais aussi des inconnues - et finalement peut-être, pour se sauver soi-même.
    Dunya Mikhail restitue, à travers le témoignage direct de Yézidies, l'histoire poignante, parfois rocambolesque, de certaines d'entre elles. Mais Captives est aussi le récit d'une rencontre entre l'autrice et Abdallah Shrem, ce héros des temps modernes, ancien apiculteur qui, à l'arrivée de Daech dans sa région, le Sinjar dans le Kurdistan irakien, va tout abandonner pour créer un réseau de passeurs, bénévoles, anciens contrebandiers, afin d'arracher ces femmes, une à une, aux griffes de leurs bourreaux. Lorsque, à la fin du livre, Abdallah accueille Dunya au Sinjar, où elle visite le principal temple yézidi et va à la rencontre de ces gens dont elle a conté les histoires, d'un camp de réfugiés à un autre, leur amitié naissante ne met pas seulement au jour la force d'un seul homme face à la terreur, mais dessine aussi une région, le Kurdistan, et une communauté, celle des Yézidis, qui ont toutes deux failli être rayées de la carte.
    La poétesse Dunya Mikhail, avec beaucoup d'humanité et une grande délicatesse, porte le témoignage de ces femmes, de leurs enfants, de leurs frères et cousins, afin de redonner des noms, des visages et une voix aux victimes et aux survivants de l'un des épisodes les plus barbares, de ce début du XXIe siècle.

  • Toute une histoire

    Hanan El-Cheikh

    • Actes sud
    • 3 September 2014

    Dans ce récit tendre et drôle à la fois, Hanan el-Cheikh rapporte avec une scrupuleuse fidélité les confessions de sa mère analphabète, Kamleh, née au début des années 1930 dans une famille chiite extrêmement pauvre, au Sud-Liban.
    Après la mort prématurée de sa grande soeur, Kamleh est promise à son beau-frère alors qu'elle n'a que onze ans. Dans le quartier populaire de Beyrouth où elle s'installe avec la famille de son futur mari, elle est placée comme apprentie chez une couturière et tombe amoureuse du cousin de cette dernière, Mohamed, un jeune lettré féru de poésie. Forcée à quatorze ans de se marier avec son fiancé, Kamleh a une fille l'année suivante, puis une seconde, Hanan, trois ans plus tard, mais reste follement éprise du beau Mohamed. Elle échange avec lui des lettres enflammées qu'elle se fait écrire et lire par ses amies, s'identifie aux héroïnes du cinéma égyptien, se grise des paroles ardentes des chansons à la mode. Elle va surtout, bravant tous les usages, tenter d'obtenir le divorce, au risque d'être séparée de ses filles...

  • La coquille ; prisonnier politique en Syrie

    Moustafa Khalifé

    • Actes sud
    • 1 September 2012

    Après six ans de séjour en France, où il a obtenu un diplôme d'études cinématographiques, le narrateur décide de rentrer au pays. Dès son arrivée à l'aéroport de Damas, il est arrêté par la police politique et conduit dans un bâtiment sinistre du centre-ville, appartenant aux Services de renseignements. Là, il est violemment frappé avant d'être accusé contre toute vraisemblance, lui, le chrétien grec-catholique, d'être membre du mouvement des Frères musulmans. Quelques jours plus tard, il se retrouve dans la gigantesque et terrible prison du désert, en compagnie de milliers de détenus. Commence alors son calvaire qui va durer treize ans.
    Ce récit, qui se présente comme un journal, restitue sous une forme légèrement romancée les choses vues et entendues par Moustafa Khalifé durant son long enfermement dans les prisons syriennes. Les scènes se succèdent, d'autant plus insoutenables qu'elles sont écrites sobrement, sans vaine rhétorique ni pathos. Elles donnent à voir non seulement la barbarie des geôliers, mais aussi le processus de déshumanisation des détenus et, au-delà, de toute la société.

  • Un détail mineur

    Adania Shibli

    • Sindbad
    • 4 November 2020

    Fondé sur un événement révélé en 2003 par la presse israélienne, celui du viol et du meurtre en 1949 d'une jeune bédouine du Néguev, un roman dense et décapant qui, au-delà du conflit israélo-palestinien, dénonce le viol comme arme de guerre et aborde subtilement le jeu de la mémoire et de l'oubli.

  • Le manuscrit de Beyrouth

    Jabbour Douaihy

    • Actes sud
    • 4 October 2017

    Déçu qu'aucun éditeur de Beyrouth n'accepte de publier le roman qu'il a écrit entièrement à la main, Farid accepte un emploi de correcteur dans une imprimerie réputée. Il fera chavirer le coeur de l'épouse de son patron avant de découvrir les manoeuvres frauduleuses des gérants de l'imprimerie et de leurs ancêtres. L'auteur présente ici le monde du livre comme un microcosme de Beyrouth, ville qui ne ressemble à aucune autre, pépinière des plus beaux talents, paradis de l'argent sale et de la corruption.

  • La bibliothèque enchantée

    Mohammad Rabie

    • Actes sud
    • 2 January 2019

    Chaher, jeune fonctionnaire lettré s'ennuyant au ministère des "Biens de mainmorte", se voit confier une mission inhabituelle : rédiger un rapport sur une bibliothèque oubliée du Caire que l'État veut raser pour faire passer une nouvelle ligne de métro. Cette curieuse bâtisse labyrinthique précieusement gardée par une poignée de vieux intellectuels nihilistes et cyniques recèle plus d'un secret. Chaher devra les élucider, avec ou sans leur aide.

  • L'histoire du scorpion qui ruisselait de sueur

    Akram Musallam

    • Sindbad
    • 5 January 2010

    C'est un scorpion tatoué au dos d'une jeune Française que le narrateur a rencontrée un soir, dans un dancing, sur la côte israélienne.
    Il hante chaque nuit ses rêves, tente d'escalader le miroir de sa chambre, n'y parvient pas, tombe et recommence sans cesse, ruisselant de sueur. Mais un scorpion, qui ne boit pas d'eau, qui n'a pas de pores, peut-il transpirer ? Et s'il transpire, reste-t-il le même, ne perd-il pas tout son venin ? Construit de bout en bout sur cette métaphore, ce roman d'Akram Musallam dénonce la situation issue des accords d'Oslo et de l'échec de la deuxième intifada.
    Et il le fait avec beaucoup de lucidité et d'amertume, et avec cette autodérision qui est l'une des principales caractéristiques de la littérature palestinienne. L'impuissance du scorpion est aussi celle du père du narrateur, qui a perdu une jambe, et sa virilité avec, non du fait de l'occupant mais tout simplement d'un clou rouillé. Il demande néanmoins à son fils de lui masser la jambe amputée ou de la laver, ne pouvant reconnaître la perte ni l'accepter.
    D'autres figures apparaissent au fil du récit pour aussitôt disparaître, dont celle d'un prisonnier, "mulet de la révolution", qui vient d'être libéré après dix-huit ans d'incarcération, et qui se trouve contraint de se remettre au service de ceux qui l'ont toujours considéré comme un vrai mulet... En campant de tels personnages, dotés chacun d'une forte charge symbolique, et grâce à une écriture à la fois sobre et dense, Akram Musallam se place parmi les plus talentueux écrivains palestiniens d'aujourd'hui.

  • Le quartier américain

    Jabbour Douaihy

    • Actes sud
    • 2 September 2015

    À Tripoli, les destins entrecroisés d'Abdel-Karim, enfant d'une grande famille de notables, et d'Ismaïl, né dans le quartier le plus pauvre de la ville, surnommé «le quartier américain».
    À travers ces deux personnages, c'est l'histoire récente de toute une ville qui nous est admirablement contée, en même temps que sont restitués les antagonismes de classe, de génération et de culture, la décomposition de l'élite traditionnelle, les élans brisés de la jeunesse et l'irrésistible ascension de l'islamisme radical.

  • Deux chambres avec séjour ; petit feuilleton domestique

    Ibrahim Aslan

    • Actes sud
    • 9 February 2013

    Khalil et sa femme Ihsane vivent seuls dans ce petit appartement de deux chambres et un séjour, qu'ils ne quittent pratiquement jamais. Depuis que Khalil a pris sa retraite et que leurs deux enfants se sont mariés, ils n'ont plus rien à faire de leur journée, si ce n'est se quereller gentiment de temps à autre pour des broutilles, comme sur la manière de faire cuire les fèves, l'addiction de Khalil à la télévision ou sa manie de commencer toutes ses phrases par "je crois".
    Jusqu'au jour où Ihsane meurt, laissant Khalil dans une extrême solitude, en proie aux soucis liés à la vieillesse. Il renoue alors avec ses anciens amis et soudain, le monde extérieur s'engouffre dans l'appartement, dont la porte reste désormais toujours ouverte.
    Composé de courtes scènes de la vie quotidienne apparemment banales, mais dont chacune, sans le moindre artifice, ouvre sur des questionnements essentiels, ce feuilleton domestique est l'oeuvre ultime d'Ibrahim Aslân, décédé il y a quelques mois. Par son style dépouillé et son approche objective des êtres et des choses, il rappelle Équipe de nuit, publié en 2000 chez Actes Sud.

  • La cigogne

    Akram Musallam

    • Sindbad
    • 14 January 2015

    Dans un village de Palestine, quelque temps avant la première Intifada, un modeste enfant aux longues jambes grêles, aux épaules tombantes et au nez allongé se retrouve affublé par sa grandmère d'un malencontreux sobriquet composé en arabe de deux segments identiques - al laqlaq («la cigogne») -, sobriquet qui, singulièrement, inoculera à l'enfant la manie d'en inverser les syllabes à l'infini. À partir de là, la vie du personnage sera à l'image de son nom : une suite absurde de séparations, de dislocations, de dédoublements, de part et d'autre de limites matérielles ou intérieures, qui l'amèneront, comme un oiseau déboussolé, à ne plus savoir de quel côté de la ligne il se trouve.

  • La garçonne

    Alia Mamdouh

    • Actes sud
    • 28 January 2012

    Sabîha, arrêtée en raison de sa liaison amoureuse avec Badr, un militant communiste, est affreusement torturée et violée par ses geôliers et découvre à sa sortie de prison qu'elle est enceinte et que Badr a été tué. Commence alors une longue confession de Sabîha où sont dénoncés l'archaïsme, l'hypocrisie, la cruauté, le machisme qui ravagent la société irakienne, et que la répression politique ne fait qu'ancrer davantage dans les moeurs. Salué par la critique à sa parution en 2000, ce roman a été interdit à la diffusion dans la plupart des pays arabes. Il est souvent cité dans les études sur l'érotisme dans la littérature arabe contemporaine, et notamment sur l'homosexualité féminine.
    Sabîha est une jeune femme originaire du sud de l'Irak, qui poursuit ses études à la faculté des Lettres de Bagdad. Arrêtée le lendemain du coup d'Etat de février 1963 en raison de sa liaison amoureuse avec Badr, un militant communiste, elle est affreusement torturée et violée par ses geôliers et elle découvre à sa sortie de prison, brisée, qu'elle est enceinte et que Badr a été tué.
    Commence alors une longue confession de Sabîha (nous apprendrons au dernier chapitre qu'il s'agit d'un roman destiné à un concours), où sont dénoncés, avec une audace peu commune, l'archaïsme, l'hypocrisie, la cruauté, le machisme qui ravagent la société irakienne, et que la répression politique ne fait qu'ancrer davantage dans les moeurs. Dans sa détresse, la narratrice dévoile parallèlement ce qui la rattache encore à la vie après toutes les épreuves endurées : sa recherche éperdue du plaisir sexuel, ses amours lesbiens avec ses amies Hoda et Hojrân, ses liaisons passionnées mais souvent insatisfaites avec des hommes de passage.
    Le roman se clôt sur l'évocation d'un événement politique qui va longtemps déterminer le cours de l'histoire irakienne : la prise du pouvoir suprême par Saddam Hussein. Quelques jours plus tard, des enfants qui jouent sous un pont trouvent le cadavre mutilé de Sabîha flottant sur l'eau.
    Salué par la critique à sa parution en 2000, ce roman, le troisième de l'auteur, a été interdit à la diffusion dans la plupart des pays arabes. Il est souvent cité dans les études sur l'érotisme dans la littérature arabe contemporaine, et notamment sur l'homosexualité féminine.

  • La maison de Schéhérazade

    Hanan El-Cheikh

    • Actes sud
    • 3 September 2014

    Très peu de livres de la littérature universelle ont inspiré les écrivains et les artistes du monde entier autant que Les Mille et Une Nuits depuis la parution de la traduction française par Galland au début du XVIIIe siècle. Si bien que l'on peut légitimement se demander si ces contes recèlent encore ne serait-ce qu'un seul détail inexploré. En les réécrivant à sa manière, d'abord comme pièce de théâtre, ensuite comme roman, Hanan el-Cheikh nous prouve brillamment que la source n'a pas tari.
    On connaît le conte-cadre. Rendu fou par la trahison de sa femme, le roi Shahrayar décide de se remarier chaque jour avec une vierge et de la tuer le lendemain après l'avoir déflorée. Mais sa nouvelle épouse, Schéhérazade, ne se laisse pas faire : pendant sa nuit de noces, elle lui raconte une histoire et s'arrête au petit jour avant de la terminer pour pouvoir reprendre le fil de son récit la nuit suivante, puis enchaîner sur une autre histoire et ainsi de suite...
    De ce volumineux corpus, Hanan el-Cheikh a choisi dix-neuf contes qu'elle raconte dans un ordre différent de l'original et dans une veine aussi féministe qu'humaniste, avec toujours le souci de montrer comment les femmes résistent, chacune à leur manière, pour tenir bon dans un monde brutalement dominé par les hommes. Tout en conservant bien des éléments surnaturels présents dans Les Mille et Une Nuits, mais en approfondissant la psychologie des personnages, elle met en scène une Schéhérazade qui gradue habilement sa narration à l'intention du cruel Shahrayar pour l'amener à comprendre que la jalousie et la violence détruisent tant la victime que le bourreau. Ce faisant, elle lui oppose un contretype absolu, le calife magnanime Haroun al-Rachid, et en vient peu à peu à poser des questions essentielles : qui sommes-nous finalement, pauvres humains ? Que faisons-nous sur terre ? De quels moyens disposons-nous pour être meilleurs ?
    Si Schéhérazade doit sa survie à son talent littéraire, c'est aussi par la littérature, nous dit Hanan el-Cheikh en filigrane, que les hommes deviennent plus humains.

  • Ma cousine Condoleeza ; et autres nouvelles

    Mahmoud Shukair

    • Sindbad
    • 1 October 2008

    Capturant toujours le moment crucial oú les choses prennent sens, ces nouvelles sont extraites des cinq derniers recueils de l'auteur et sont très représentatives de l'ensemble de son oeuvre.
    Certaines, très courtes, sont aussi épurées que des poèmes en prose. elles racontent toutes la vie de palestiniens ordinaires, de, jérusalem et de ses environs, qui affrontent aussi bien l'occupation israélienne que les lourdes pesanteurs sociales et culturelles avec cet esprit de dérision qui est l'une des principales caractéristiques de la littérature palestinienne. l'auteur convoque souvent des figures célèbres, telles que brigitte bardot, condoleezza rice, la chanteuse shakira ou le footballeur ronaldo, qui deviennent à leur insu, a travers une photo accrochée au mur, une information à la radio ou un fantasme, les protagonistes d'histoires familiales qui se passent dans une ambiance populaire typique.
    Mais s'ils sont obnubilés par ces symboles de la nouvelle culture mondialisée, les personnages de mahmoud shukair n'aspirent qu'à vivre normalement. ils veulent échapper au statut de victime dans lequel on les enferme et ne se prennent pas pour des héros. exactement comme d'autres gens qui leur ressemblent, et qui vivent sous d'autres cieux.

  • Saint Georges regardait ailleurs

    Jabbour Douaihy

    • Actes sud
    • 29 March 2013

    Né à Tripoli, au nord du Liban, dans une famille musulmane, mais adopté par un couple chrétien en mal d'enfants, Nizam s'installe à Beyrouth à l'âge de vingt ans, au moment où s'exacerbent, au début des années 1970, tous les conflits politiques, sociaux et culturels du pays, préfigurant la guerre civile. Finaliste du Prix international du roman arabe (IPAF, le Booker Prize arabe) 2011.

  • Le mont Emeraude

    Mansoura Ezzedine

    • Sindbad
    • 18 January 2017

    Une jeune femme qui réside au Caire mène une enquête sur la véritable histoire de Zumurruda, princesse du pays de Qâf, qui fut à l'origine de la destruction du royaume de son père et de la dispersion de ses habitants. Elle ne parviendra à ses fins qu'au terme de maintes péripéties et d'incessants rebondissements, dans un va-et-vient permanent entre les temps et les lieux, hanté de bout en bout par le fantastique le plus échevelé.

  • Reflets sur un mur blanc

    Adaniyya Shibli

    • Actes sud
    • 1 March 2004

    Dans un village palestinien à l'intérieur des frontières d'Israël, une jeune fille grandit entre huit soeurs le souvenir d'un frère mort, une mère malheureuse et un père infidèle.

  • Pays de nuit

    Janane Jassim Hillawi

    • Actes sud
    • 13 May 2005

    Comme la plupart des jeunes de sa génération, Abdallah, un étudiant de Bassora, ne s'intéresse qu'aux choses de la vie quotidienne.
    Durant la guerre Irak-Iran, il est appelé sous les drapeaux et, pour une raison futile, se retrouve en prison où il assiste à d'horribles séances de torture. Une fois libéré, il cherche à déserter avec un autre conscrit, mais ils sont pourchassés dans le désert et arrêtés. Jeté dans l'enfer des combats et blessé, Abdallah se retrouve au Kurdistan, contraint de combattre des ennemis dont il ignore tout.
    Après moult déboires, il parvient à se procurer de faux papiers et rentre à Bassora, vidée de ses habitants, pour vivre seul, dans les décombres, comme une bête traquée... Les guerres de Saddam Hussein ont suscité des dizaines d'écrits de commande, en vers ou en prose, tous à la gloire du régime. C'est avec Pays de nuit, dont l'édition originale date de 2002, soit près de quinze ans après la fin du conflit avec l'Iran, que le roman de cet épouvantable carnage nous est enfin donné à lire.
    Une des plus puissantes critiques de la guerre jamais écrites en langue arabe.

  • Le castor

    Mohammed Hasan Alwan

    • Seuil
    • 22 January 2015

    Ghâleb, qui est venu s'installer en Oregon pour échapper au climat délétère de Riyad, observe ce gros rongeur dont la morphologie et le comportement lui rappellent étrangement l'entourage qu'il a quitté. Devant cette madeleine de Proust à quatre pattes - et du genre empoisonné -, il laisse refluer ses souvenirs de famille, revient sur ses déboires et ses échecs, un long retour sur soi qui l'amènera à une conclusion capitale : jamais il ne sera un castor.
    Né d'un premier mariage malheureux, Ghâleb a toujours été un étranger parmi les siens. Quant à la relation tumultueuse, clandestine, et plus ou moins toxique qu'il entretient avec Ghâda, qu'il n'a pu épouser pour des raisons d'incompatibilité sociale entre familles, elle ne lui procure plus rien. Perdu dans cette ville américaine, Ghâleb est un homme seul, en crise, mais résolu à prendre un nouveau départ. Ne sachant trop comment procéder, il participe à des ateliers de développement personnel, tente une thérapie par la pêche, confie ses peines à la rivière Willamette, se noie régulièrement dans l'alcool et, pour peupler la vacuité de son quotidien à Portland, se livre à toutes sortes de réflexions et d'expériences fantaisistes, comme ces lettres saugrenues qu'il écrit au comique Conan O'Brien.

  • Le kiosque a musique

    Said Al-Kafrawi

    • Actes sud
    • 7 March 2002

    Dans les nouvelles de Saïd al-Kafrawi, le décor, est très souvent suranné : tapis anciens, tentures empesées, dorures ternies, photographies d'autrefois, bibelots d'un autre âge.
    Un amas de vieilleries où le temps semble retenu prisonnier. Et comme les objets qui les entourent, les personnages évoluent dans une sorte de torpeur : usés par les années, ils ont le regard suspendu au-dessus de leur passé. Aucun appesantissement cependant. Aucune exaltation du mythe de l'enfance (ou de la jeunesse) perdue. Il s'agit plutôt de saisir la vision ténue de quelques instants d'éclat conservés au creux de la mémoire.
    Lorsqu'on lit le recueil de bout en bout, on a l'impression que la narration, dans sa diversité, est toujours en trompe-l'oeil, que subrepticement le lecteur est entraîné hors du récit vers les zones d'ombre de la conscience, les espaces de la contemplation et de l'introspection.

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