Langue française

  • Gorgias

    Platon

    Platon Gorgias Il est loisible de parcourir le Gorgias en y voyant alterner deux thèmes d'école, l'éloquence et le bonheur. Mais ce fil conducteur ne guide qu'un parcours scolastique. Il reste ténu, et finalement vain, parmi le flot, à même la force du drame. Chaque personnage de ce dialogue incarne une volonté de puissance. Socrate part de l'ambition de l'orateur Gorgias : bienveillante, neutre, paterne, force de la parole, elle pourrait être assimilée aux prétentions d'humanisme des médias, aujourd'hui. Socrate débusque ensuite chez Polos l'emprise de l'Image, le besoin d'admirations ou de modèles qui introduisent au rêve éveillé ; pour finir, il oblige Calliclès à sortir son Mein Kampf. C'est pourtant Gorgias, l'ami approximatif de la justice, le politique léger, qui survit tel un fantôme dangereux, courant le monde sans être repéré. C'est chez lui que certains de ses disciples cultivent innocemment la ciguë que Socrate devra boire. Bien que dans le Gorgias Socrate ne cherche pas à vaincre mais à convaincre, le dialogue tourne court et s'éteint en monologue, quitte pour Socrate à l'illuminer d'une implosion merveilleuse. S'il appelle déjà les hommes politiques à l'héroïsme, ce livre mordant est aussi une réflexion sur les difficiles héritages moraux. Ceux qui ne philosophent pas volontiers chaque soir, de huit à dix, y trouveront à penser, avec effroi et bonheur.
    J.C.
    Traduction nouvelle, notes et commentaires de Jacques Cazeaux.

  • Machiavel (1469-1527) ne mérite sans doute pas son adjectif. Son pragmatisme, qui fut souvent jugé comme l'expression d'un cynisme, s'explique surtout par la situation d'une Italie déchirée par ses querelles, et mise en coupe réglée par l'Espagne et la France.
    Ce noble florentin chercha à analyser lucidement une réalité désastreuse, et à y porter remède : c'est pourquoi la qualité cardinale du Prince idéal dont il dressa le portrait était de ne jamais se laisser dominer par les circonstances.
    Le Prince constitue la première expression de l'esprit national transalpin, la première tentative d'une réflexion politique autonome, et l'un des chefs-d'oeuvre de la prose italienne.

  • Mettez vos idées en discours et votre public en mouvement Reprendre l'offensive, renverser la table, passer de celui qui galère à celui qu'on désire. Et surtout : faire que le public accorde à votre savoir, à votre projet, à votre produit, à vos compétences, l'attention et la valeur qu'ils méritent. Voilà ce que peut vous apporter la rhétorique.

    S'appuyant sur le savoir des orateurs de l'Antiquité comme sur la recherche contemporaine en psychologie de la persuasion, Victor Ferry donne en douze leçons les outils et l'inspiration pour vous aider à trouver votre style et à développer votre influence.

    Leçon 3 : Assouplissez votre pensée - Leçon 6 : Avant de dire, commencez par montrer - Leçon 8 : Écrivez votre histoire - Leçon 9 : Ne confondez plus convaincre et persuader - Leçon 10 : Jouez avec leurs émotions - Leçon 12 : Prenez les commandes Avec ce livre, vous n'allez pas devenir un bon orateur, vous allez devenir un grand orateur.

  • Comme il y a des poètes maudits, il y eut des penseurs maudits, et ce furent les sophistes. Le nom même de « sophiste », qui signifie « savant », détourné de son sens originel, est devenu synonyme de possesseur d'un savoir faux et trompeur. Aristote, en suivant le verdict de son maître Platon, désigna le sophiste comme « celui qui a de la sagesse l'apparence, non la réalité ».
    Ne convient-il pas aujourd'hui, avec un simple désir de vérité historique et scientifique, de plaider pour les sophistes ?
    À travers les figures de Protagoras, Gorgias, Thrasymaque, Critias..., cet ouvrage s'attache à faire revivre la vie et l'oeuvre de ces penseurs itinérants qui inaugurèrent le statut social de l'intellectuel moderne.
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  • "Le psychanalyste, c'est la présence du sophiste à notre époque, mais avec un autre statut", dit Lacan en 1965.
    Est-ce cela qui le poussa à consulter Barbara Cassin sur la doxographie ? Dans le fil de cette rencontre, les outils de L'helléniste servent à montrer les similitudes entre parole analytique et discours sophistique et selon quelles voies Jacques le Sophiste fait passer du "sens dans le non-sens" (lapsus et mots d'esprit) au "foncier non-sens de tout usage du sens". Aristote est ici interpellé par un Lacan, sophiste moderne, qui pointe la "connerie" du Stagyrite à l'endroit du principe de non-contradiction.
    Comment parle-t-on, comment pense-t-on la manière dont on parle, quand on place avec Lacan l'énoncé "Il n'y a pas de rapport sexuel" en lieu et place du premier principe aristotélicien ?

  • " Approuver l'existence c'est approuver le tragique... Être et tragique s'opposent ainsi comme le non et le oui, la dénégation et l'affirmation, la nécessité et le hasard, le droit et le fait, la nature et l'artifice. " " Le propos plus général est de retrouver, dans la frontière entre l'artifice et la nature, le vieux débat qui oppose l'approbation inconditionnelle de l'existence à son acceptation sous réserves de justification. " " L'idée de nature ne serait qu'une erreur et un fantasme idéologique. " Né en 1939, Clément Rosset est l'auteur d'une oeuvre philosophique importante, principalement publiée aux PUF et aux Éditions de Minuit.

  • Pur nous, méditerranées de culture, la philosophie antique se confond avec la philosophie grecque. C'est d'elle que nous avons appris quels problèmes méritaient de retenir l'attention de l'esprit attaché à saisir, derrière l'apparence mouvante des choses, l'essence qui en constitue la vérité. C'est d'elle encore que nous tenons les premiers préceptes de vertu et les racines de notre civilisation humaniste.

    Dans cet ouvrage, nous voyons apparaître successivement les figures hautes en couleur de Socrate, Platon, Aristote, puis nous assistons à la naissance du stoïcisme, de l'épicurisme et du scepticisme.

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