• Le clou

    Zhang Yueran

    • Zulma
    • 3 June 2021

    La trentaine un peu cabossée, Li Jiaqi et Cheng Gong se retrouvent après des années sans nouvelles. Elle rentre de Pékin où elle était rédactrice de mode ; lui habite encore avec sa tante sur le campus de la Faculté de médecine. C'est là que tout a commencé. Parce que leurs grands-pères - l'un éminent chirurgien, l'autre directeur adjoint de l'hôpital universitaire - s'y sont côtoyés aux heures les plus sombres de la Révolution culturelle... En une fresque incroyablement vivante, peuplée de souvenirs d'enfance, de conflits familiaux et de révélations, ils se racontent leurs vies parallèles et avancent une à une les pièces manquantes du drame. Zhang Yueran explore comme en apnée la vie de ces générations heurtées dans un roman ultrasensible et très contemporain. Née en 1982, elle est l'une des voix les plus prometteuses et singulières de la littérature chinoise aujourd'hui. « Magistral. Ce livre est une déflagration. » Le Nouveau Magazine littéraire

  • Best-seller international, le petit livre rouge a été imprimé
    à plus d'un milliard d'exemplaires. Ce recueil de citations
    de Mao est rapidement devenu le manifeste de la Révolution
    culturelle et un objet de culte aussi bien en Chine que pour les
    maoïstes occidentaux.
    Apparu en 1964, les Citations du président Mao Tsé-toung,
    bréviaire inspiré des discours ou des oeuvres du fondateur de la
    République populaire, est d'abord conçu comme un outil d'éducation
    politique pour l'armée, puis devient l'« arme spirituelle » des gardes
    rouges et le manuel de vie de 700 millions de Chinois. En Europe, il
    séduit une partie des intellectuels, les « maos » français de Mai 68,
    qui le rebaptisent « petit livre rouge » et en font le talisman de leur
    propre « révolution », ignorants les atrocités commises par le régime
    chinois.
    Cinquante ans après le début de la Grande Révolution culturelle
    prolétarienne et quarante ans après la mort de Mao Zedong, la journaliste
    Pascale Nivelle raconte l'épopée de cette petite bible en vinyle
    rouge vif qui a été, de Pékin à Paris, le coeur d'une immense et folle
    passion collective.

  • L'intérêt et la pertinence de la littérature inuite se trouvent non pas dans le nombre de ses productions, mais bien dans le fait qu'elle s'est constituée - de l'extérieur pour l'essentiel - en une institution symbolique qui a valeur d'expérience universelle pour l'être humain. Pour les Inuits, cet engagement témoigne à quel point il est aujourd'hui nécessaire de prendre la parole par l'écriture, pour transmettre et faire connaître leur vision des choses.

    L'essai que nous offre Nelly Duvicq a un caractère pionnier, documentaire et synthétique, à la manière des grands ouvrages publiés par Maurizio Gatti pour les littératures des Premières Nations du Québec au début des années 2000, qui avaient enfin éveillé l'intérêt des lecteurs.

    La plupart d'entre nous connaissent peu le contexte culturel inuit contemporain : ce remarquable ouvrage de Nelly Duvicq doit donc être vu comme une chance, pour nous, lecteurs, de comprendre l'émergence d'une littérature jusqu'ici peu connue, une occasion de partir à la découverte d'auteurs qui dévoilent une vision du monde inédite sur le Nunavik, le Québec, le monde inuit et l'Arctique.

    Avec une présentation de Daniel Chartier.

  • Laugh to Lead

    Serge Grudzinski

    • Iggybook
    • 19 December 2018

    Bien au-delà de la plaisanterie, bien au-delà de considérations sur l'humour, ce livre raconte la découverte d'un rire extrême, le « Grand Rire Unanime », et explique ses effets impressionnants sur l'être humain, en l'occurrence les équipes des entreprises.
    Cette approche, qui traite les résistances au changement et les démotivations d'une manière incroyablement puissante et rapide, apporte une aide inégalable au Leader et à ses collaborateurs et un grand bonheur à l'Entreprise.

    À la fois ouvrage de Psychologie pratique et de Management des Ressources Humaines, ce livre, par la richesse des récits et la clarté des analyses, marque une avancée importante dans la compréhension du Rire ainsi que dans la Motivation des équipes. Serge Grudzinski témoigne que le Rire est une formidable énergie, disponible sans limite, pour unir les hommes et leur permettre de mieux vivre.

  • Rares sont les intellectuels dé droite qui osent rompre, ici et là, le silence des majorités conservatrices. Pour Thomas Molnar, l'impasse du monde actuel est celle de la gauche dont les idéaux, triomphant depuis deux siècles, n'ont abouti qu'à des projets coupés de la réalité, sources de discorde, de confusion, d'insécurité ou de régression. Un peu partout la gauche traditionnelle au pouvoir se voit contestée par son ultra-gauche et prisonnière d'une classe intellectuelle ennemie du concret, pour qui l'utopie constitue la solution finale. Cette impasse est d'abord théorique : la faillite de la gauche ne tient pas à une incapacité de gouverner, mais à son horreur du statu quo, de toute situation qui doit, pour elle, céder sur le champ au projet, au mouvement, à des idées neuves, des combinaisons impossibles, des solutions inédites, une humanité jamais vue, un "devenir" auquel l'Etre est sans cesse sacrifié. La gauche, dans ses combats fratricides et ses entre-déchirements, oublie parfois qu'elle n'a pas d'ennemis que dans ses propres rangs : en voici un qui, d'en face, lui fait un procès serré.

  • Le livre de Patrick Ravignant offre donc un document exceptionnel en ce sens qu'il ne s'agit pas de l'un de ces nombreux ouvrages écrits à distance par des spectateurs juges de la « révolution de Mai » mais d'un livre écrit de l'intérieur par l'un de ses acteurs convaincus. Trois cent mille personnes ont défilé et tenu leur rôle si le coeur leur en disait dans cette extraordinaire tribune libre ouverte jour et nuit et où l'on pouvait entendre comme dans un vrai théâtre le pire et le meilleur. Patrick Ravignant nous dit ce qui se passait dans la salle, dans les coulisses, dans les sous-sols et dans les combles. Témoignage unique et véritable manifeste avec ce qu'il comporte d'affirmations discutables et d'intrépidité La prise de l'Odéon mérite d'être lu et médité si l'on veut comprendre, que l'on soit pour ou contre, l'un des aspects essentiels des journées de Mai.

  • Les événements de mai 1968 portent-ils en germe la guerre mondiale ? Les nations occidentales ont perdu leur foi dans les valeurs - familiales, nationales, spirituelles - qui les cimentèrent ; les jeunes ne récusent pas seulement un régime politique mais une manière de vivre et, incapables d'en instaurer une autre, ils ne peuvent que détruire l'ordre existant. Le monde communiste, lui aussi, est en cours de désintégration interne et les Tchèques, comme d'autres, contestent « le paradis terrestre » à la mode soviétique. Cette contestation fondamentale, qui peut être source de progrès, met aussi l'univers en péril. Les bouleversements, qui se développent un peu partout, risquent de provoquer des luttes intestines qui pourraient entraîner l'intervention directe ou indirecte des grandes puissances assez menacées dans leur raison d'être pour être acculées à l'utilisation de l'arme atomique. Avec une logique implacable, le général Beaufre analyse les symptômes de notre maladie, peut-être mortelle, examine les différentes possibilités que nous offre l'avenir et s'interroge sur la nature des réformes capables d'enrayer l'évolution en cours.

  • Qu'est-ce qui peut m'excuser d'avoir réuni en un livre ces chroniques du Nouvel Observateur et de Combat, ces témoignages et ces pensées qui relèvent de l'éphémère ? C'est peut-être que de nos jours il n'y a plus d'éphémère, puisqu'il n'y a plus de durable, encore moins d'éternel. C'est peut-être qu'on trouve aujourd'hui plus de sens, implicite ou caché, dans tel événement que dans telle doctrine. Que le discours en règle est usé avant que de naître, dans sa trame ou dans ses racines. C'est que, comme le disent ou le suggèrent ces textes, nous sommes dans une ère de faille, de transition ou de révolution culturelle - étant bien entendu que la culture et dans l'homme le plus profond. C'est que la vérité de telle ou telle invention a moins de poids que l'authenticité de la recherche. Un important philosophe me demanda, en juin 1970, à la date où s'arrête ce premier recueil, « le livre de philosophie qui est en filigrane de vos articles ». Je promis d'essayer. Je ne pus, ou je n'eus pas le temps. Je me récusai. Il me répondit joliment qu'il y avait, en fin de compte, plus de lumière dans le filigrane que dans la page. M.C.

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