• Lorsque deux bombes nucléaires sont tombées sur Hiroshima et Nagasaki les 6 et 9 août 1945, le monde entier a réalisé que l'humanité avait atteint un point de non-retour dans sa capacité d'autodestruction. Aujourd'hui, l'Anthropocène est en train de provoquer la sixième extinction de masse et tous les signaux sont au rouge: hausse des émissions de GES, fonte des glaciers, feux de forêt, inondations, réfugiés climatiques...
    Pour Chomsky, ces deux menaces exigent une réponse qui ne peut être que de portée mondiale. Dans un contexte de montée en puissance des grandes entreprises mondialisées qui ont privé les États de leur capacité de façonner l'avenir, il plaide pour la signature urgente de traités internationaux contraignants sur le climat et l'armement, et lance un appel à une mobilisation populaire sans précédent.
    «Seul Noam Chomsky a su communiquer avec une telle passion les liens qui unissent les deux catastrophes d'origine humaine auxquelles fait face la civilisation, soit le bouleversement du climat et l'apocalypse nucléaire, et jamais n'a-t-il lancé ses mises en garde et ses appels à l'action de façon aussi impressionnante.»
    - Daniel Ellsberg, lanceur d'alerte des Pentagon Papers

  • L'Anthropocène, cette « ère de l'humain », nous met face à un défi sans précédent dans l'histoire de la Terre. Face à l'anéantissement total de la nature dont nous sommes les artisans, et donc aux dangers qui pèsent sur nos propres conditions d'existence, nous devons façonner une nouvelle éthique de la cohabitation - plus encore : de la solidarité profonde avec tous les autres êtres vivants. Dans ce manifeste, Andreas Weber et Hildegard Kurt posent les jalons de cette pensée neuve, qu'ils appellent « vitalité ». Partie intégrante d'un système terrestre où la culture est inséparable de la nature, l'être humain doit désormais se faire créateur. Une responsabilité nouvelle qui nous incombe et que le discours de l'Anthropocène entend affirmer. Plaidant pour une nouvelle politique du vivant, ce texte courageux, lumineux, écrit dans une langue fluide et puissante, touchera tous ceux qui cherchent des réponses à la crise globale que nous traversons.

  • Nous le constatons tous les jours: la nouvelle économie numérique qui carbure aux algorithmes et aux mégadonnées (Big Data) pose des défis de plus en plus préoccupants à nos sociétés, surtout en ce qui a trait à la protection de la vie privée, au travail ou au vivre-ensemble. Au-delà des promesses de progrès et de liberté que nous chantent ses principaux laudateurs, dont Google, Amazon et Facebook, quelles logiques, quels intérêts se cachent dans la lumière de nos écrans? Qui possède nos donnée? Quels dangers recèle la rencontre de l'automatisation du travail, de la cybernétique, de la quantification et du néolibéralisme à travers le Big Data?
    Ces logiques numériques capitalistes participent à l'amenuisement, voire à la suppression de l'espace politique, à l'érosion de la pertinence économique et sociale du travail humain et à la destruction de la société comme lieu de mutualisation des activités, des projets et des risques. Les moindres aspects de nos existences sont paramétrés en données, c'est-à-dire en marchandises ou en outils de surveillance. Il s'agit de tout mesurer, de numériser le réel et de réduire la vie à des indicateurs: seul ce qui est compté compte. Qui plus est, ces dynamiques accélèrent la mise en place d'oligopoles de la donnée d'une puissance financière et technologique sans précédent. En un mot, elles menacent ni plus ni moins nos sociétés de dissolution.
    Pierre Henrichon déploie une analyse percutante des dynamiques sous-jacentes à ce véritable complexe sociotechnique et financier qu'est le phénomène du Big Data, mais offre également un vibrant plaidoyer contre cette tendance à réduire l'humain à une forme de capital dont il faut uniquement mesurer le rendement.

  • La dernière décennie de Michel Foucault a coïncidé avec l'agonie des espoirs de transformation sociale qui avaient marqué l'après-guerre. Face à cette « fin de la révolution », le philosophe a tenté de réinventer la manière dont nous pensons la politique et la résistance, ce que sa génération n'avait, jugeait-il, pas réussi à faire.

    C'est dans cette perspective qu'il s'est intéressé au néolibéralisme en tant qu'outil permettant de repenser les fondements conceptuels de la gauche et d'imaginer une gouvernementalité plus tolérante aux expérimentations sociales, ouvrant un espace aux pratiques minoritaires et à une plus grande autonomie du sujet vis-à-vis de lui-même. Le moyen, en somme, de réaliser le projet énoncé à la fin de sa vie, celui de n'être « pas tellement gouverné ». Et c'est ainsi que, dans sa quête d'une « gouvernementalité de gauche », Foucault a anticipé et contribué, en quelque sorte, au façonnement de la situation politique contemporaine.

  • L'orthodoxie économiste s'obstine à imposer le modèle d'un individu décideur rationnel, qui maximise ses revenus à force de calculs régis par le souci de son intérêt bien entendu. Opérant un changement d'échelle radical, L'économie contre elle-même soutient plutôt que le néolibéralisme se fonde aux niveaux infra- et trans-individuel, sur une interaction complexe entre rationnel et affectif. Brian Massumi insiste en effet sur la manière dont, en deçà du niveau individuel, les tendances et contre-tendances affectives d'un individu résonnent avec celles des autres pour amorcer et orienter l'action.

    Cette plongée vers l'infra-économie des affects entraîne une recomposition conceptuelle de toutes les dynamiques sociales : là se dessinent les mouvements des corps sensibles et se constitue la volonté, mais surtout, là se crée l'action de transformation sociale. Empruntant à Hume, Foucault, Deleuze, Spinoza et Luhmann, L'économie contre elle-même a l'ambition de déployer une nouvelle théorie de l'économie politique.

    Le public francophone n'a pas encore pris la mesure de la pensée de Brian Massumi, traducteur en anglais de Mille Plateaux, vulgarisateur aussi fidèle qu'inventif de la pensée deleuzo-guattarienne. De son travail de passeur, Brian Massumi a surtout tiré les ressources d'une réflexion originale, que L'économie contre elle-même nous permet enfin de découvrir aujourd'hui.

  • Depuis l'élection d'Evo Morales à la présidence en 2006, la Bolivie constitue un formidable laboratoire de la gauche latino-américaine. Défense des droits autochtones, promotion du concept du vivir bien («bien vivre»), constitutionnalisation des droits de la Pachamama («Terre-Mère»), organisation d'une Conférence mondiale des peuples sur les changements climatiques: ce gouvernement issu des mouvements sociaux a clairement affiché sa volonté de rupture avec le néolibéralisme. Mais en parallèle, il n'a pas résisté à la tentation d'intensifier l'exploitation des ressources naturelles du pays, tout en soutenant l'agriculture intensive et transgénique et en accordant de faibles budgets à la protection de la nature. Tension créatrice ou paradoxe irréconciliable?
    S'interrogeant sur les dynamiques politiques à l'oeuvre dans ce processus de transition, Dimitri de Boissieu a sillonné les aires naturelles protégées de la Bolivie pour rencontrer divers acteurs sur le terrain. Sa vaste enquête révèle que le gouvernement d'Evo Morales, loin d'avoir renoncé aux dogmes de la croissance économique, n'a pas réussi à mettre en place un État véritablement écosocialiste comme plusieurs l'espéraient. Malgré ce désenchantement, nombreux sont ceux et celles qui cultivent encore l'utopie de bâtir des civilisations capables de vivre en harmonie avec la nature.

  • Les institutions sociales et politiques s'écroulent aux États-Unis comme ailleurs, et les élites, tant de gauche que de droite, ne suscitent plus au sein des peuples qu'un ressentiment dont l'intensité va grandissant. Cette colère se déchaîne et, de partout, surgissent des charlatans prêts à la canaliser pour protéger les élites au pouvoir. Les signes ne trompent pas : l'âge des démagogues est arrivé. Dans cette série d'entretiens, Chris Hedges explique l'ascension politique d'un personnage aussi trouble que Donald Trump, dénonçant au passage les démocrates, qu'il juge responsables de la déréliction politique qui a fait perdre la tête à l'Amérique. Une analyse lucide du néolibéralisme totalitaire et de la montée des extrémismes partout dans le monde, et qui incite, en fin de compte, à la rébellion.

  • L'art cinématographique fait lien entre deux pratiques de discours - l'une, la psychanalyse, par l'expérience de la parole de sujet, et l'autre par les images qui bougent et parlent - pour en interpeler une troisième, celle du politique pour faire face au vacarme du monde. Entre cinéma, politique et psychanalyse surgit l'effet de scandale propre au sujet de l'inconscient.

    En se posant comme critiques freudiens de cinéma, les auteurs questionnent la violence intime propre à chacun, le rapport à ses propres pulsions. Comment transformer les violences collectives d'hier et d'aujourd'hui  en mots, en images, alors qu'elles ont trait à l'impensable, encore mal ou non perceptible, au point d'affecter notre intériorité psychique, notre nature d'êtres parlants ? Le cinéma, en questionnant la destructivité suractivée depuis les génocides du XXe siècle, peut-il prémunir les adolescents de la dérive auto-destructrice et meurtrière actuelle ?

    Entre sujet et collectif, entre intime et extrême, les films autour desquels s'articule cet ouvrage ne cessent de nous enseigner et impliquent les spectateurs que nous sommes comme témoins actifs de la violence du monde.

  • Derrière cette globalisation «incontournable», aujourd'hui financiarisée et virtualisée, se cache toute la question du rapport entre l'économique et le politique. Pourquoi cette suprématie de l'économie? Comment, à travers la genèse du capitalisme, comprendre les sources de l'aveuglement néolibéral?

    Associant les perspectives herméneutiques de l'histoire, de l'économie, de la sociologie et de la philosophie, Michel Freitag met en lumière les développements du capitalisme, réactualisant au passage le terme grec d'oikonomia - une économie centrée le cadre privé - en l'opposant à celui de chrématistique, «l'art» individualiste de faire de l'argent par l'accumulation de richesses. Dans cette lente évolution, la chrématistique généralisée a fini par supplanter l'oikonomia traditionnelle.

    "L'impasse de la globalisation" nous propose une réflexion critique sur les formes que devrait prendre un réaménagement postcapitaliste des conditions de vie sur Terre. Il s'agit de se ressaisir de notre capacité politique et de s'en servir : revenir à une autonomisation du politique qui s'inscrirait dans un véritable ordre oikonomique mondial; retrouver l'âme de l'humanité en accordant une place de choix aux civilisations.

  • À notre époque, alors que les démagogues, surtout de droite, exploitent pour leur propre compte les exclus et les laissés-pour-compte de la société, il me semble important de nous tourner à nouveau vers la pensée politique et sociale de Hegel. Ses réflexions nous permettent d'élaborer une critique forte du néolibéralisme, laquelle ne repose pas sur des conceptions naïves des marchés : elle s'inscrit plutôt dans un projet d'émancipation que la Théorie critique a toujours porté. C'est ce que je tente de montrer dans cet ouvrage.

  • Qu'est-ce qu'être une intellectuelle critique aujourd'hui? Comment se situer par rapport aux luttes sociales? Que signifie l'engagement citoyen à l'ère du néolibéralisme? En prenant appui sur la pensée d'Hannah Arendt, Diane Lamoureux tente de répondre à

  • Dans les années 1980, les technocrates de Margaret Thatcher ont habillé du joli nom de « gouvernance » le projet d'adapter l'État aux intérêts et à la culture de l'entreprise privée. Ce coup d'État conceptuel va travestir avec succès la sauvagerie néolibérale en modèle de « saine gestion ». Nous en ferons collectivement les frais : dérèglementation de l'économie, privatisation des services publics, clientélisation du citoyen, mise au pas des syndicats... ce sera désormais cela gouverner.

  • Le mariage considéré comme un progrès social : c'est un comble.

  • L'éden infernal

    Jacques Ascher

    « S'il fallait qualifier cet ouvrage, je dirais qu'il est comme un long cri pour déchirer le rideau d'inhumanité auquel nous sommes en train de nous acclimater chaque jour davantage. Donc un livre `engagé' d'un praticien, psychiatre et psychanalyste bien connu à Lille, où il exerce depuis plus de quarante ans.

    La conviction issue des Lumières, amenant à croire que le progrès des sciences et des techniques devait nécessairement déboucher sur une émancipation de la raison débarrassée de contraintes obscurantistes, fut pulvérisée à Auschwitz.

    Eden infernal plutôt que Fabrique du bonheur ou Pensée positive : quel pessimisme ! diront certains en oubliant que derrière les mots d'ordre optimistes à tout-va qui nous inondent, c'est déjà la machine à faire naître les monstres qui opère. Et Jacques Ascher de rappeler à bon escient la phrase célèbre de Gramsci : `L'ancien se meurt, le nouveau ne parvient pas à voir le jour. Dans ce clair-obscur, les monstres apparaissent'.

    Refuser tout héritage, faire table rase du passé, mépriser les modèles et les filiations, rompre systématiquement avec le père : ce geste `moderne' qui nous englue dans le présent, mène aux pires des catastrophes, à la fois humaines, politiques, économiques.

    La façon dont l'ouvrage est charpenté, les références de lecture qu'il ne fait souvent qu'évoquer, tout cela demande qu'on le lise comme d'une traite, d'un seul souffle, pour en éponger la force d'expérience clinique autant que l'intensité avec laquelle l'auteur s'est laissé atteindre par ce qu'il a rencontré : non seulement les patients mais tout autant le monde autour d'eux.

    Rien n'y est démontré, il ne s'agit pas pour l'auteur d'argumenter, de prouver, encore moins de convaincre mais d'abord et bien plus de faire entendre ce à quoi il a été sensible, bref de `transmettre'. Et c'est sans doute ce que Pierre Delion avait dû percevoir lorsqu'il insista pour que Jacques Ascher écrive ce qui fut au départ une conférence dans le service de pédopsychiatrie qu'il dirigeait. 

    Jacques Ascher a relevé le défi et tenu le pari. Nous voilà en prise directe sur l'écorchure, parfois même la colère, d'un homme expérimenté qui ne renonce pas à tenir sa place généalogique.

    L'auteur a fait dans ce livre son travail pour se faire entendre. Au lecteur désormais de prendre acte de cette transmission et d'en soutenir la hauteur. » Jean-Pierre Lebrun, extrait de sa préface

  • Objet d'un large consensus parmi les protagonistes de la Révolution tranquille, la gratuité scolaire est aujourd'hui généralement considérée comme une proposition politique marginale, voire utopique. Portée par des milliers de personnes au printemps 2012, cette revendication est souvent jugée irréaliste dans le contexte budgétaire actuel. Comment a pu s'opérer un tel glissement? Avec la marchandisation grandissante des universités, la gratuité des études supérieures n'a pourtant jamais été aussi pertinente. C'est ce que cherchent à démontrer les auteur.e.s rassemblé.e.s dans cet ouvrage, chacun.e livrant son plaidoyer selon sa génération, son domaine et sa sensibilité. Unissant leurs voix, ils et elles rappellent qu'instaurer la gratuité scolaire, c'est permettre à tous et toutes d'être libres d'apprendre. La gratuité scolaire a bien sûr à voir avec l'accessibilité aux études. Mais il y a plus. «Ouvrir une école, c'est fermer une prison», disait Victor Hugo. Se donner l'éducation, c'est aussi se donner la chance de construire une société plus juste, plus libre; c'est encourager la diffusion de la culture, c'est faire avancer l'égalité des sexes, c'est introduire un peu de gratuité dans une société où l'inestimable a trop souvent un prix... Ainsi, bien que le réalisme économique d'une telle mesure y soit démontré, ce livre veut surtout poser «l'idée de la gratuité» comme un principe fondamental, à défendre en soi.En guise d'épilogue, l'intellectuel étastunien Noam Chomsky décrit d'ailleurs ce qui attend le Québec s'il s'entête à reproduire les erreurs de ses voisins du Sud en matière d'éducation supérieure. Il rappelle du même souffle la nécessité de lutter pour une éducation libre et publique. Ces vibrants plaidoyers pour la gratuité scolaire constituent un formidable antidote aux discours d'austérité ambiants. Un pavé dans la mare qui nous invite à aller à contre-courant du «chacun pour soi», en faisant le choix d'une éducation émancipatrice et démocratique.

  • Douze pays d'Amérique latine ont tenu des élections présidentielles entre novembre 2005 et décembre 2006. Cette exceptionnelle vague d'élections s'est soldée par des changements radicaux (Bolivie, équateur) mais aussi par une certaine continuité (Chili, Colombie, Mexique, Venezuela, Brésil). Des figures nouvelles sont apparues, tel l'Indien Evo Morales en Bolivie ou Michelle Bachelet au Chili, quand d'anciens présidents ont été réélus deux décennies après leur premier mandat (Costa Rica, Nicaragua, Pérou). Le bilan est donc contrasté.
    L'héritage social désastreux d'une décennie de néolibéralisme pouvait-il conduire à des comportements électoraux dysfonctionnels pour la stabilité et la qualité de la démocratie ? Les Latino-Américains allaient-ils déserter les bureaux de vote, se laisser séduire par les discours néopopulistes ou porter au pouvoir des présidents sans majorité pour gouverner ? Il n'en a rien été, mais dans plusieurs pays (Bolivie, équateur, Venezuela, Nicaragua), les élections ont débouché sur une profonde polarisation politique.
    Cet ouvrage fait le point sur les évolutions politiques du continent, son virage à gauche, l'influence d'Hugo Chavez dans la région et sa relation avec les Etats-Unis. Au-delà, il remet en question un certain nombre d'hypothèses émises ces dernières années sur les obstacles à la consolidation de la démocratie en Amérique latine.
    Olivier Dabène a réuni pour analyser le cycle électoral 2006 en Amérique latine les meilleurs spécialistes issus de France, Espagne, Mexique, Colombie, Bolivie, Venezuela, Pérou et Brésil. Leurs contributions apportent une série d'éclairages rigoureux reposant sur les meilleures sources.

  • Septembre 2008.La banque d'investissement Lehman Brothers, dont la valeur s'élevait 635 milliards de dollars, déclare faillite, donnant le coup d'envoi à la pire crise économique depuis celle des années 1930. Puis, la grande panique cède la place au grand déni. Après avoir furtivement interrogé l'avenir du capitalisme, l'élite économique et politique a préféré procéder au grand sauvetage et repartir la machine.

    Or, pour David McNally, la crise économique et financière de 2008 n'est pas le résultat d'une quelconque défaillance du système; ses causes profondes résident dans la nature même du capitalisme. Et loin d'être derrière nous, cette crise a inauguré une période marquée par l'adoption de mesures d'austérité dont les classes laborieuses et marginalisées sont les principales victimes. Elle nous a plongé dans une véritable «panne globale».

    Construit tel un casse-tête pour appréhender la crise dans toute sa complexité et son ampleur, Panne globale s'attache à en examiner la signification historique, analysant au passage cet aspect distinctif du capitalisme néolibéral: la financiarisation de l'économie. S'éloignant des discours opaques et mystificateurs des économistes orthodoxes, McNally s'attèle à mettre en lumière les dynamiques à l'oeuvre dans ce qui doit être perçu comme la première véritable crise de la période néolibérale.

    En cette nouvelle ère d'austérité, l'auteur plaide pour une résistance à la panne globale. «Les luttes portant sur la manière de sortir de cette crise vont certainement "influencer la politique et l'économie pour au moins une génération". En un sens éminemment profond, donc, le présent est histoire.»

  • Les consequences du capitalisme - du mecontentement a la res Nouv.

    Si nous voulons ébranler, voire abolir, les structures capitalistes qui menacent aujourd'hui toute vie sur la planète, Noam Chomsky et Marv Waterstone affirment avec force qu'il faut commencer par réévaluer les outils que nous utilisons pour interpréter le monde. C'est ce qu'ils démontrent dans ce livre tiré d'un cours qu'ils ont donné ensemble à l'université de l'Arizona, en faisant ressortir les liens souvent imperceptibles entre la fabrique du sens commun et le pouvoir. Cet ouvrage didactique et incisif est une véritable leçon d'autodéfense contre l'hégémonie contemporaine, le réalisme capitaliste.

  • La vision du monde occidentale n'est pas la seule norme. Dans d'autres cultures, et notamment en Asie, il existe différentes manières d'être au monde. Et il est grand temps de les découvrir, de les penser.

    La vision du monde, c'est le pouvoir de notre imaginaire. C'est elle qui régit nos représentations mentales et a fortiori notre façon d'être. En Occident, l'individualisme est au coeur de la modernité et des fondements de la civilisation. Toutefois, deux formes d'individualisme s'affrontent : l'individualisme atomiste (ou égocentré) et l'individualisme relationnel. Le premier est la forme dominante depuis des siècles, elle est nourrie par l'expansion du capitalisme et du néolibéralisme ; le deuxième tient au processus d'individuation qui rend, par la diversité de ses relations, chaque personne unique et indispensable. "L'être est relation".

    Les sciences biologiques et humaines découvrent que le processus relationnel d'individuation est au coeur du monde vivant. Il est mieux à même de répondre à nos défis écologiques et sociaux actuels. Il est nécessaire, voire vital, de modifier notre façon d'être au monde par le biais de nos imaginaires et en accordant une priorité à la création culturelle.

    Un ouvrage pédagogue et pertinent sur la puissance de nos représentations mentales, qui amènera sans nul doute à réfléchir, peut-être à repenser, notre individualisme.

  • À qui profitent les ressources du Québec ? Qui contrôle nos forêts, nos mines et les produits de nos terres agricoles ? Qui choisit la voie qu'empruntera notre développement hydro-électrique ? Qui décide du sort de nos réserves d'eau potable ? Si, depuis la Révolution tranquille, nous sommes vraiment «maîtres chez nous», d'où vient ce sentiment que nos ressources sont encore pillées?

    Dépossession répond à ces questions persistantes, attaquant l'idée - chère à l'imaginaire québécois - selon laquelle le projet de souveraineté économique des années 1960-1970 est accompli. L'histoire ici retracée est celle d'une perversion, d'une corruption au sens propre du terme. Est-il en effet possible que la Révolution tranquille ait contenu en germes le néolibéralisme que l'on connaît aujourd'hui ?

    Parcourant l'histoire de l'agriculture, de la forêt, des mines, de l'énergie et de l'eau, cet ouvrage met à nu les racines du malaise profond qui perdure depuis plus de quarante ans lorsqu'il est question de nos ressources naturelles. Il sera suivi d'un deuxième tome sur les services publics.

  • Pour qui s'intéresse à l'évolution du travail au Québec, le passage à un régime néolibéral au tournant des années 1980 renvoie à un concept : la flexibilisation. Trente ans plus tard, avec la montée en flèche du nombre d'emplois atypiques, force est de constater que flexibilité rime aussi avec précarité, l'emploi atypique se distinguant trop souvent par une moindre rémunération et un accès restreint aux multiples formes de protection sociale. Comment le syndicalisme peut-il s'ajuster aux besoins différenciés d'une main-d'oeuvre de plus en plus diversifiée et employée sur des marchés du travail toujours plus segmentés ?

    L'auteur nous invite à penser le marché du travail à partir de sa périphérie, et à réfléchir à l'innovation syndicale à partir des pratiques, des stratégies et des revendications d'organisations de travailleurs se situant sur les marges de la société salariale. Dans une démarche qui vise le rajeunissement, voire la métamorphose du syndicalisme, il porte attention aux possibilités d'innovation sous-tendue par la nouvelle configuration du travail dans le capitalisme d'aujourd'hui.

    Pour ce faire, il présente un état des lieux du travail sur les marchés périphériques au Québec, en accordant une place prépondérante aux expériences des travailleurs, puis expose des pistes de réflexion sur le renouvellement de la théorie syndicale et sur le redéploiement de l'action syndicale au Québec. Enfin, il propose cinq études d'expériences portées, ici et maintenant, par des travailleurs atypiques et des organisations syndicales soucieuses de répondre à leurs besoins différenciés en matière d'organisation collective.

    L'ouvrage nous montre que les organisations de travailleurs demeurent déterminantes et constituent l'une des pistes majeures à explorer afin de repenser l'articulation des mobilisations et l'émancipation sociales à l'ère de la mondialisation néolibérale.

  • La revue Relations poursuit la trilogie qui marque son 75e anniversaire avec le dossier « La résistance, impératif de notre temps ». La résistance est un aspect essentiel de l'existence. Exister, c'est résister à la domination, à la fatalité, à l'impuissance, au mal, à l'injustice. À l'ère du péril climatique, plus que jamais, la résistance est un impératif et le moteur d'un changement radical dans nos sociétés. Elle s'impose aussi contre la déshumanisation qui accompagne la globalisation financière et technoscientifique, et contre les guerres qui touchent des millions de personnes. Chez nous, alors que l'austérité libérale saccage les institutions du commun et nos leviers d'action collective, comment les luttes sociales, écologiques et pour l'indépendance s'organisent-elles pour opposer une résistance globale au projet néolibéral? Avec des textes de Joséphine Bacon et Laure Morali, Dominique Boisvert, Paul Chamberland, André Myre, Jean-Claude Ravet; une entrevue avec la journaliste, essayiste et documentariste Naomi Klein ainsi qu'une table ronde avec Claire Bolduc, Lorraine Guay et Gabriel Nadeau-Dubois.

  • Depuis plusieurs années, les élites néolibérales martèlent que le Québec est dans le rouge et vit au-dessus de ses moyens. À force d'être répété, le message a fini par être largement accepté. Or, le mythe tenace qui prétend que l'état des finances publiques québécoises est catastrophique et qu'il justifie les mesures d'austérité des dernières années doit être déboulonné. Car ces mesures cachent plutôt un projet politique de privatisation accrue et de dépossession de la majorité au profit d'une minorité fortunée et des multinationales. Pourtant, des solutions existent et d'autres voies permettent de penser un Québec plus juste et solidaire. Il en est question dans le dossier central de ce numéro. À lire aussi hors dossier, une analyse de la montée de la droite en Amérique latine ainsi qu'un entretien avec Gregory Baum, théologien et proche collaborateur de Relations depuis 30 ans, un homme libre au parcours atypique. Également au sommaire, un débat sur la figure du pape François : s'il incarne un vent de fraîcheur au sein de l'Église catholique, peut-il vraiment être un agent de changement et de progrès?

  • «There's class warfare, all right, but it's my class, the rich class, that's making war. And we're winning.»

    «Bien sûr qu'il y a une lutte des classes, mais ç'est ma classe, la classe des riches, qui la mène. Et nous la gagnons. »

    Warren Buffet

    Dans ce dossier extrait de la revue Liberté 302, nous nous demandons si le dessin d'une société découpée entre prolétaires et bourgeois peut en effet paraître aujourd'hui obsolète, il est peut-être prématuré, si ce n'est trompeur, d'affirmer que les tensions et la violence qui caractérisaient les rapports de classes au dix-neuvième siècle ne sont plus que des reliques du passé. Quant à la classe moyenne, la seule que l'on ose encore considérer comme une classe et nommer ainsi, elle semble désormais contenir en son sein pratiquement tout et son contraire. C'est sans doute pourquoi on ne se prive pas d'annoncer, à plus ou moins long terme, son éventuelle disparition.

    Avec des textes de Alain Deneault (auteur, entre autres, de Gouvernance, Noir Canada et Off Shore), Éric Pineault (sociologue, professeur à l'UQAM et chroniqueur à l'émission Médium Large), Julia Posca (doctorante en sociologie à l'UQAM) qui discuteront sur le statut de la classe moyenne de Gabriel Nadeau-Dubois et de Jean Pichette, ainsi qu'une entrevue avec Louis Roy, Le syndicalisme désemparé

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