• À partir de 1881, Guy de Maupassant se rend à plusieurs reprises au Maghreb pour le journal Le Gaulois. Il fait le récit des paysages, des villes et du désert, des moeurs et des cultures qu'il découvre... Il est avant tout un observateur curieux et avide de transmettre.

    Ces articles alternent avec une veine plus engagée, sous la signature "Un colon". Le ton se fait incisif, accablant l'ignorance de l'administration française. Face aux conflits générés par la colonisation, Maupassant condamne la violence de l'État et défend une position qui respecterait les colonisés, croyant une entente possible... tout en ayant conscience des cruautés et des absurdités de l'entreprise française : "C'est nous qui avons l'air de barbares au milieu de ces barbares, brutes il est vrai, mais qui sont chez eux."

    Guy de Maupassant (1850-1893) poursuit des études de droit, est mobilisé lors de la guerre de 1870 puis occupe des postes dans divers ministères avant de se consacrer à l'écriture. Sa vie est d'échanges avec les auteurs majeurs de son temps (Flaubert, Mallarmé, Huysmans...), de liaisons, de voyages qui l'aident à fuir ses troubles de santé et ses angoisses. Il est l'auteur, notamment, de Boule de Suif, Bel-ami, Le Horla. Il est interné à Passy en 1892 où il mourra des suites d'une syphilis.

  • Entre l'épopée d'Alexandre et l'établissement par Auguste de l'ordre impérial romain s'étend une période de trois siècles, dont l'histoire complexe et tourmentée est moins familière à l'homme d'aujourd'hui que la brillante époque de la Grèce classique, qui la précède. Pourtant peu de périodes de l'histoire se sont montrées aussi riches d'expériences et d'innovations. Dépositaire des traditions classiques, qu'elle révérait, la civilisation hellénistique fit aussi preuve, en maints domaines, d'une étonnante audace et d'une fécondité dont nous sommes toujours les bénéficiaires, souvent sans le savoir. Il était nécessaire d'en esquisser un bilan, pour compléter le tableau de la civilisation grecque archaïque et classique proposé dans un autre ouvrage de cette collection.L'auteur a conçu ce livre comme une suite du précédent, dont il suppose que les thèmes essentiels sont connus du lecteur. Il a tenté de définir, en multipliant les exemples, ce que les Grecs hellénistiques ont conservé de l'âge antérieur et maintenu en vie, à côté des solutions nouvelles auxquelles ils ont été conduits, à l'occasion, par le jeu du hasard ou sous la contrainte des faits, par les contacts avec les autres peuples ou par la hardiesse de leur propre esprit. On voudrait que cette peinture nuancée, tout incomplète qu'elle demeure par la force des choses, aidât à mieux apprécier, dans une juste perspective historique, une époque chatoyante et pleine d'attraits qui reste encore, sous bien des aspects, mal connue.

  • Dans cet ouvrage, Daniel Poitras analyse les relations complexes entre l'historiographie et l'expérience du temps au XXe siècle en se penchant particulièrement sur la vie et l'oeuvre de trois penseurs emblématiques de la France et du Québec : Michel de Certeau, François Furet et Fernand Dumont. Dès lors, il inter­roge l'ancrage de l'historien dans sa société et l'évolution de son rapport au passé et au futur. Le lecteur suit ainsi la trajectoire de ces auteurs arrivés à la vie intellectuelle pendant les années 1950 - alors que l'Histoire était encore synonyme de progrès - et qui ont vécu les bouleversements du siècle. De l'entre-deux-guerres à la guerre d'Algérie, de la Révolution tranquille à la crise d'Octobre, en passant par Mai 68 et la chute du communisme, ils cherchent à trouver le sens de cette « crise du temps » et, ce faisant, nous offrent des clés uniques pour comprendre notre propre relation à l'histoire au XXIe siècle.

    Ce livre s'adresse tout autant aux spécialistes qu'aux amateurs que pourrait intéresser l'itinéraire de trois des plus importants penseurs de l'historiographie dans le monde francophone.

  • Joseph-Armand Bombardier est né le 16 avril 1907 en Estrie. Dès treize ans, il démontre un réel talent d'inventeur.
    À 17 ans, le jeune homme quitte son village natal de Valcourt pour Montréal, où il espère parfaire ses connaissances en suivant des cours du soir en mécanique et en électricité automobile. C'est lui qui mettra au point
    la célèbre autoneige B7 en 1937. D'autres inventions le feront connaître à travers le Canada et poseront les assises de la compagnie multinationale qui porte encore
    aujourd'hui son nom.
    Joseph-Armand Bombardier est un grand inventeur et créateur de notre époque. Il demeure une figure emblématique du XXe siècle.

  • Lucy Maud Montgomery est la première femme écrivaine reconnue du Canada dont le livre le plus célèbre est Anne... la maison aux pignons verts. Elle est née en 1874 sur l'Île-du-Prince-Édouard. Orpheline de mère dès son plus jeune âge, et à cause de l'absence prolongée de son père parti travailler en Saskatchewan, c'est à Cavendish qu'elle demeura le plus longtemps, dans la maison de ses grands-parents maternels.
    À une époque où « les femmes ne pouvaient être écrivains », cette féministe avant l'heure a su faire mentir l'adage et a publié vingt romans, des nouvelles, de la poésie et de nombreux articles. Encore aujourd'hui, ses oeuvres sont lues dans le monde entier.

  • oute personne originaire du Machrek, de la région historique de la Grande Syrie ou du mont Liban, a une histoire migratoire à raconter. Dès la fin du XIXe siècle, ils ont été nombreux à quitter leur pays natal pour s'installer partout dans le monde - notamment au Canada -, et jusqu'à maintenant cette chaîne n'a jamais réellement été rompue. La population arabe d'ici est issue de cette histoire, de ces strates d'immigration qui se sont superposées, de ces générations qui se sont croisées et se sont parfois unies dans une volonté de préserver leur patrimoine, de s'entraider ou de se défendre contre la discrimination.
    Si les « Arabes » sont aujourd'hui l'objet d'une grande attention, aussi bien des médias, des États que des recherches sociologiques, leur histoire reste cependant peu connue. Des origines de leur migration à la fin des années 1970, ce livre fait renaître la voix de ceux qui ont choisi de se faire entendre, de s'organiser et d'exister collectivement sur la scène publique canadienne. Quelles sont les institutions que ces migrants et leurs descendants ont créées et comment ont-ils exprimé leur identité et organisé leur vie religieuse, sociale et politique ? C'est ce que révèle cet ouvrage admirablement documenté.

    Houda Asal est titulaire d'un doctorat d'histoire soutenu en 2011 à l'École des hautes études en sciences sociales (EHSS). Elle a poursuivi ses recherches à l'Université McGill et travaille depuis sur le racisme, l'islamophobie et les discriminations.

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